SE PASSE ET RIAN NE DURE NE FERME CHOZE TANT SOIT DURE
(1) Inscription gravée sur un bénitier de marbre blanc de l’église Notre-Dame de Bourges (ancienne paroisse de Saint-Pierre-le-Marché).
La Vie d’un « Escholier » au xvie siècle
« Mille livres de soucy ne « payeront pas une once de « dettes. »
(Les Escholiers, comédie
de Pierre de Larivey, 1579.)
ttachons-nous à la fortu ne d'un étudiant ; le voilà
l \ parti, le malheureux écolier, il vient de loin ; il est à pied, crotté jusqu’à l’échine, marchant par les chemins défoncés, culbutant dans les ornières, se défendant contre les tire-laine et les mauvais garçons « pilleurs et dérobeurs » ; il va de bourgade en bourgade, il chemine de ville en ville, à petites journées ; il mange chichement, s'abrite où il peut : c’est un pauvre diable.
Il en est d’autres plus riches ; ils voyagent à cheval, suivis de leurs valets, chevauchant de solides roussins, traînant par la bride des mules chargées de bagages ; l’hôtellerie les attend et la chère y est fine et abondante : ce sont les heureux de ce monde. Mais l’un et l’autre ont quitté leur famille pour s’instruire, pour venir dans ce Bourges dont la renommée grandit chaque jour et s’étend par l’Europe.
Après de longs jours de marche, ils arrivent en vue de la Cité et ce premier contact impose à leur esprit l’étonnement, puis l’admiration par la magie d’une inoubliable vision : sur l’horizon se découpent les profils harmonieux des tours, des châteaux, ceinturés d’un moutonnement de maisons qu’enserre la muraille, au bas de laquelle glissent à travers les prés, comme un ruban d’argent, les rivières d’Yèvre ou d’Auron.
Tout cet ensemble se détache avec netteté sur un fond d’azur ; toutefois, quelques touches plus vigoureuses