ANNEXES
Dans mes excursions je n*ai pas dépassé le port de Bahia Blanca sur l'Atlantique ; cependant, je crois nécessaire de dire quelques mots des essais de colonisation qui ont été tentés sur les territoires du Sud, dans cette région que Ton appelait autrefois la Patagonie, et sur tous les points de laquelle flotte aujourd'hui le pavillon bicolore de la République Argentine. Le lecteur sait d'avance que je n'en parle pas de visu, comme des autres contrées que nous venons de parcourir ensemble.
La colonie du Chubut.
La colonie du Chubut ou Ghupat est située en Patagonie sur le fleuve de ce nom. Sa fondation remonte à l'an 1865.
En 1863 on vit arrivera Buenos Aires M. Louis Jones, représentant d'une société d'émigration du pays de Galles, qui venait pour passer avec le gouvernement national un contrat de colonisation dans la Patagonie, au sud du Rio Negro. Les bases établies dans ce contrat furent repoussées par le Sénat.
Plus tard, à la suite de démarches faites par M. Phibbs, consul • argentin à Liverpool, les négociations furent renouées, et l'on concéda à chaque famille de 3 personnes 25 cuadras carrées conformément à une loi de 1862.
Le 15 septembre 1865 ]a colonie fut installée : elle se composait de 180 personnes. Ce fut le gouverneur et commandant militaire de Patagones, lieutenant-colonel Julien Murga, qui fut chargé de faire la livraison des terrains.
Le gouvernement, intéressé à la colonisation de ces contrées lointaines et solitaires, fournit pendant trois ans toute espèce de secours à ce noyau de population , c'est-à-dire toutes les provisions nécessaires; il dépensa en animaux, semences^ etc., plus de 10.000 piastres fortes i il donna des armes et des munitions, il paya la moitié du prix d'une goélette en remplacement d'une autre qui s'était perdue. Malheureusement il y avait peu d'agriculteurs parmi les colons ; la plus grande partie étaient des mineurs : cette circonstance explique pourquoi ils eurent àlutter avec toute espèce de contretemps; enfin découragés, au commencement de 1867, ils résolurent d^abandonner la colonie. A cet efiet, ils emportèrent le peu qu'ils avaient et se rendirent au port dans l'intention de s'embarquer. Cependant, à force de bons conseils on les détermina à retourner à leur habitation, où ils se remirent au travail avec plus de courage, et, profitant de l'expérience acquise par leur pénible apprentissage de la culture de la terre pendant les années passées, ils parvinrent à améliorer leur position.
Il y eut des familles qui abandonnèrent le Chubut pour aller s'établir dans la province de Santa Fé, où elles formèrent le noyau d'une colonie anglaise au nord du village de San Javier.
D'après le rapport de Wilcken, il y avait au Chubut de 120 à 130 personnes (1872).
Le nombre des bâtiments était de 24 maisons en briques et 6 ranchos.
En fait de bâtiments publics, il n'y avait qu'une chapelle.
Lss colons avaient 203 vaches laitières et 100 chevaux et juments.
Les principales productions étaient : le maïs, le blé, la pomme de terre, le beurre et le fromage.
Les colons faisaient le commerce avec les îles Malouines et les Indiens de la tribu des Pehuelches, auxquels ils achetaient des plumes d'autruche, des peaux et des tapis. Ils vivaient avec ceux-ci dans la meilleure harmonie, au point que les Indiens allaient souvent . aider les colons en leur donnant des animaux, des vivres, etc.
A la date du 7 septembre 1879, M. Louis Jones, agent de la
coloniet qui s'était transporté en Angleterre, annonça Farrivâe d'un nouveau convoi de iOO émigrants.
Cependant en i872 la colonie se trouvait encore dans la misère et s'adressait de nouveau aux autorités provinciales et nationales; elle voulait abandonner définitivement sa position et demandait des terres au gouvernement de la province de Buenos Aires. Celui* ci consultait le gouvernement national sur ce qu'il avait à faire» et ce dernier lui répondait que la colonie, malgré les secours qu'elle avait reçus de lui, était absolument libre de tout engagement, et qu'elle pouvait accepter le terrain et les conditions qui seraient déterminés avec le gouvernement d'un commun accord.
En i88i je trouve dans les mémoires du bureau central des terres et colonies un rapport de ce même Louis Jones, commis* saire de la colonie, qui annonce que la colonie a fait de sensibles progrès, quoique l'afQuence des immigrants n'ait pas été considérable.
Au lieu d*occuper un périmèti'e carré, cette colonie est située le long des deux rives du rio Cbubut. Isolée de tout centre de popu* lation à une distance de 150 lieues, n'ayant de communication que par mer, elle est formée par une vallée dont le terrain est accidenté et montueux.
Le climat y est sec, mais la rivière a assez d'eau pour faciliter l'irrigation si nécessaire à la culture.
Les premiers colons, manquant d'expérience et de conseils, ont eu à lutter avec mille difficultés jusqu'à ce que la pratique leur ait appris le moyen de travailler avantageusement.
C'est cette circonstance qui explique pourquoi cette colonie n'a pas reçu un plus grand accroissement dans les quinze années d'existence qu'elle compte, et pourquoi elle a eu besoin de temps à autre des secours du gouvernement.
Enfin au commencement de 1880 l'abondance de la récolte et le prix élevé des produits déterminèrent plusieurs colons célibataires à faire un voyage au pays de Galles pour pousser à l'immigration. Leurs démarches furent couronnées de succès ; ils revinrent avec plusieurs familles, et le courant de l'immigration a continué depuis lors. Les nouveaux arrivés ont trouvé à se placer immédiatement.
La dernière récolte de la colonie a été de 18.000 fanègues.
Les colons, qui jusqu'alors s'étaient bornés à cultiver le blé, commençaient à planter des arbres et à cultiver des légumes. Les pommes de terre surtout donnent d'excellents résultats. La ques-
lion de rhorticulture dans la colonie, disait le rapport, dépendait de l'irrigation et des clôtures faites avec les arbres, lels que les saules et les peupliers, pour rompre la force des vents.
L'état sanitaire de la colonie était excellent. . Un autre rapport postérieur du même bureau annonce que cette colonie comptait à cette époque (4881) 1.205 personnes, dont 706 hommes et 499 femmes dont la nationalité était la suivante : Gallois 773, Argentins 379, Anglais 25, Français 4, Allemands 3, Nord-Américains 9, Brésiliens 4, Chiliens 2, Espagnols 3, Italiens 3.
Cette population occupait 743 fermes évaluées 114.400 piastres fortes. Elle avait cultivé 331 hectares en blé, luzerne, pommes de terre, etc., évalués 33.750 piastres fortes. Elle avait pour 95.867 piastres de constructions; des chapelles et des écoles pour la valeur de 6.000 piastres ; des moulins à vapeur et à vent pour la valeur de 12.500 piastres; des clôtures en fil de fer pour la valeur de 4.400; enfin, en comptant la valeur du terrain, celle des cultures, celle des constructions et celle des biens meubles, on arrivait à un total de 470.476 piastres 50 centavos.
Depuis lors la colonie a suivi une marche progressive; le territoire du Chubut a été érigé en gouvernement national. On s'occupait en dernier lieu de construire des chemins de fer et de faire des canaux d'irrigation. D'après une lettre publiée le 26 juillet 1888 dans la Tribuna nacional, on avait considérablement étendu la zone des cultures. On évaluait la prochaine récolte à 130.000 fanègues. On avait construit trois grands moulins, des scieries et des ateliers.
Les colonies et le bassin du Rio Negro
de Patagonie.
La colonie Général Roca est située sur la rive gauche du Rio Negro, aux confluents des rios Limay et Neuquen au 39° latitude sud et 9^ de longitude ouest du méridien de Buenos Aires. Son étendue est de dix lieues de long sur deux à deux et demie plus ou
moins de large. Sa surface est partagée en lots de 100 hectares, et les terrains de ville en solares de 30 vares sur 25.
La colonie est traversée par un canal d'irrigation pris du Neuquen, qui a pour but d'arroser les terrains et de fournir de Teau potable au village.
Elle comptait à la fin de 1887 environ 75 familles, auxquelles il fallait joindre les fermes à élevage de quelques fils du pays et établissements agricoles.
Les légumes et toutes espèces de jardinage réussissent admirablement dans les terrains de la colonie, dans les îles voisines et même au centre du village.
La différence climatologique qu'il y a de Buenos Aires à ce point est de quelques degrés de plus de froid pendant les mois de mai, juin, juillet et août et beaucoup moins de pluie ou presque point. Défaut compensé dans la plupart des fermes par l'arrosement artificiel.
Les dernières gelées de l'hiver se produisent, en règle générale, aux derniers jours de septembre, et les premières neiges d'automne du 13 au 30 mars, de sorte que dans ces parages on a à peu près six mois de franche végétation.
Quant à la grande culture, dit un colon français établi dans ces parages, le blé donne de beaux résultats comme rendement et qualité. La luzerne se reproduit d'une manière surprenante et donne des résultats très rémunérateurs, d'après les hauts prix qu'atteint ce fourrage. Le maïs atteint la hauteur de deux à deux vares et demie, et il n'est pas rare de voir quatre à cinq épis sur une plante. La pomme de terre devient grosse et farineuse, surtout dans les terrains d'alluvion de la rive du fleuve et dans les îles.
Le prix en est très élevé relativement aux prix de Buenos Aires.
Tous les légumes en général donnent des résultats très satisfaisants.
Malheureusement la difficulté des communications et les frais de transport ne permettent pas d'espérer de sitôt un grand développement de la colonisation dans ces contrées éloignées.
D'après le dernier mémoire du ministère de l'intérieur, il y aurait encore 16.900 hectares disponibles dans la colonie Général Roca, 2.000 dans la colonie Conesa et 1.400 dans la colonie Prias, qui se trouvent aussi dans la même région.
m UNE VISITE AUX COLONIES
Sur le bassin du Rio Negro je dois les détails suivants à Tobli* geance du lieutenant-colonel Lino de Roa :
Le Rio Negro est formé par la confluence de deux grandes rivières, le Limay et le Neuquen, qui prennent leur source, la première dans le lac Nahuel Huapi et la seconde dans le massif central de la Ck)rdillère au nord du premier. Il a 140 lieues de cours et débouche dans TAtlantique. Sa largeur moyenne est de 400 mètres; sa profondeur de 12 à 30 pieds, son courant de trois milles par heure. Ses eaux sont excellentes. Il a des crues périodiques qui commencent en juin et finissent en décembre. Il est navigable pour les navires qui ne calent pas plus de six pieds; mais il pourrait Têtre pour de plus gros navires, si Ton nettoyait son lit. Entre son embouchure et les pueblos de Patagones et Yiedma (21 milles) il est navigable pour les navires qui calent seize pieds.
La vallée du Rio Negro a une largeur moyenne de 8 kilomètres bornée par de hautes falaises, origine des plateaux tertiaires qui s'étendent à quelques lieues au nord et au sud de cette rivière.
Les terrains de la vallée sont presque tous propices pour Tagrieulture. On peut y cultiver avantageusement le blé, Torge, le maïs, et toutes les céréales, tous les légumes. On a essayé aussi avec succès la culture du lin.
Les arbres fruitiers des zones tempérées y donnent des fruits exquis. La vigne y prospère, mais son fruit est moins riche en sucre que celui de la plante cultivée sur les collines et sur les plateaux. Ceux-ci sont très propices pour cette culture. Le terrain est formé de sable, de gravier, de craie, de détritus végétaux et d'une autre couche d'argile calcaire»
On peut cultiver dans la vallée toutes les plantes fourragères connues, faire des prés artificiels par une irrigation continue.
Toutes les rives du fleuve et ses îles, qui sont très nombreuses, sont bordées de bois de saules rouges qui sont bons pour la construction, si on les coupe aux mois de juin et de juillet. Le peuplier de la Caroline qui y a été importé y végète avec une force extraordinaire. Le noyer aussi y est abondant. La température moyenne annuelle est de 14* centigrades. Les saisons s y succèdent avec une grande régularité. Les pluies sont fréquentes au printemps et en automne, mais rares en hiver et en été.
. La température maxima, observée pendant plusieurs années, est
DE LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE >Sfi3
de 37® centigrades en janvier et de 2* au-dessous de zéro au mois d'août. Les vents les plus fréquents sont ceux de TOuest, Nord- Ouest et Sud-Ouest. Ces derniers sont assez impétueux.
La population est disséminée le long du bassin, depuis les bouches du Rio Negro jusqu'au pied de la Cordillère, dans de petits centres et dans une foule de petits établissements agricoles et d'élevage séparés les uns des autres par un intervalle de huit kilomètres.
A sept lieues de l'Atlantique on trouve deux pueblos^ Viedma et Patagones, situés en face l'un de l'autre sur les bords du Rio Negro.
Yiedma a un millier d'habitants et est la capitale du territoire du Rio Negro. Patagones en a 2.000; il date de 1877, et appartient à la province de Buenos Aires.
En remontant, on trouve les petits villages de San Javier, Pringles, Conesa, Choele-Ghoel et Roca, ainsi que les colonies officielles de Général Prias et Général Conesa.
Les sept huitièmes de la population de la vallée s'occupent d'élevage. Le climat est salubre.
Les populations du Rio Negro ont pour moyen de communication les télégraphes et les postes. Quant à l'importation et à l'exportation, elles emploient la voie maritime.
La sécurité est complète, depuis que les groupes d'Indiens ont disparu.
On exporte du bétail au Chili par les défilés de la Cordillère.
Enuxnération des colonies de Santa Fé.
M. Gabriel Carrasco, chef du bureau de recensement de Santa Fé, a publié dans la Prema du {"janvier 1889 une revue de l'état actuel de cette province où nous trouvons les renseignements suivants relatifs à la colonisation ; ils indiquent les progrès accomplis depuis une trentaine d'années. Il y avait en :
1856 1 colonie
1865 3 colonies
1878 51 colonies
Il a été donc fondé dans l'année 1888 quarante nouvelles colonies agricoles. Ce chiffre peut sembler exagéré. Pour dissiper toute ombre de doute, M. Garasco publie la liste des colonies par département en indiquant les nombres d'hectares occupés par chacune d'elles; nous trouvons donc dans le département de la capitale 12 colonies qui Bont : Angeloni, Cayastacito, Emilia, Guadalupe, Primero de Mayo, Principe Umberto, San Justo, San Martin, San Martin, Sol de Mayo, Très Reyes, Ureta avec un total de 424.992 hectares et de 12 colonies.
Dans le département de San Javier : Alejandra, Avellaneda, Galifornia, Florencia, Francesa, Inglesa, La Brava, las Garzas, las Toscas, Nuevo Torino, Secunda Reconquista, Ocampo, Piazza, Reconquista, Romang, San ^ntonio, San Javier, Victor Emmanuel. Ce qui fait pour ce déparlement 18 colonies avec 67.401 hectares.
Dans le département des colonies :
Adolfo Alsina, Aldao, Angelica, Alvaro Istueta, Argentina, Ataliva, Aurélia, Bauer et Sigel, BelJa Italia, Bunge, Garolina, Castelar, Gastellanos, Gavour, Glara, Glusellas, Gel.lo, Golonizadora de Gordova, Gompania de Titrras, Gonstanza, Egusquisa, EJisa, Enrique Sanchez, Esmeralda, Esperanza, Eustolia, Felicia, Franck, Galvez, Garibaldi^ Grutli, Hipatia, Humboldt, Humboldt Ghico, Iturraspe, Jacinto Araoz, Josefîna, Larrechea, Lehmann, Lorenzo Torres, Lopez, Luis Viale, Maria Juana, Maria Luisa, Matilde, Maua, Merediz, Monigoles, Nueva, Nuevo Torino, n° 4 Entre Torres et Gapivara, n° 5 Entre Ituraspe et Gapivara, Monte Paraguayo, Monte Paraguayo au nord, Pilar, Piqueté, Pi y Margall, Progreso, Providencia, Pujato, Pujol, Ràfaela, Raquel, Reyna Margarita, Rivadavia, Présidente Roca, San Augustin, San Garlos, San Geronimo, San José, San Vicente, Santa Glara, Santa Glara de Buena Yista, Santa Elena, Santa Maria, Saguier^ Santurce, Sarmiento, Sauce et Lubary, Soutomayor, Sunchales, Susana, Las Tunas, Umberto Primero, Vila, Virginia. Ge qui fait un total de 87 colonies avec 1.346.116 hectares.
Dans le département de San José :
DE LA HEPl'BLIQUE ARGENTINE r»«
Gayasta, Helvelia, Santa Rosa, San José. Ce qui fait un total de 4 colonies avec 62.941 hectares.
Dans le département de San Geronimo :
Aldao, Belgrano, Bauer, Garcano, Gonception, Gorondina, Elisa, Gessler, Irigoyen, Lastenia, Larechea, La Algarroba, Maciel, Maradona, Margarita, Oroûo, Ortiz, Piamonte, San Genaro, San Joaquin, San Jorge, San Martin, Sastre, Thomas. Ge qui fait un total de 24 colonies avec 210,717 hectares.
Dans le département d'Iriondo :
Aldao, Armstad, Armstrong, Bustinza, Gaftadà de Gomez, (iaracciolo, Gorrea, Germania, Jewel, Larguia, Marull, Montes de Oca, Rodrigagnez, Santa Isabel, Santa Teresa, Tientgen, Tortugas, Union, Wheelwright. Ge qui fait un total de 19 colonies avec 261.580 hectares.
Dans le département de San Lorenzo :
Arequito, Arte^ga, Gandelaria, Garcarafta, Clodomira, Iriondo, Jésus Maria, J. M. Ortiz, Pellegrini, Pampa, Piamonte?a, Republica, General Roca, Roldan, San Geronimo, San José, San Lorenzo, Sanla Gatalina. Toscana, Urquiza. Ge qui fait un total de 20 colonies avec 228. J61 hectares.
Dans Je département du Rosario :
Une seule colonie. Sauce, avec 2.167 hectares.
Dans le département « Général Lopez » nous trouvons :
Augier, San Urbano, Teodolina, Venado Tuerto, Villa Gonstitucion. Ge qui fait un total de 5 colonies avec 2.700 hectares.
Total général des colonies : 190 et d'hectares 2.617.219.
Pour expliquer la formation rapide de ces colonies, M. Garrasco dit que ce ne sont plus seulement les particuliers qui les fondent. Il s*est constitué de nombreuses et importantes associations dans ce but exclusif, entre autres la Compagnie colonisatrice du Salado, la Compagnie des terres de Santa Fé, la Compagnie des terres du chemin de fer central argentin, la Banque colonisatrice nationale.
Geite banque, dont le capital s'élève à 2.000.000 de piastres, a acheté une superficie de plus de 400.000 hectares sur laquelle elle a déjà fondé la Golonizadora de Gordoba, Jacinto Araoz, Aldolfo Alsina, Elisa, Glara, Enrique Sanchez, Louis Vial, Lorenzo Torrès, Alvaro Istueta et Santa Elena.
M. Garrasco ajoute que, indépendamment des colonies énumérées ci-dessus, il en est quelques autres fondées par des particuliers à la fin de Tannée dernière, sur lesquelles on n'a pas encore de rensei-
gnements authentiques, et qui par conséquent ne figurent pas dans cette revue.
On n*y fait pas figurer non plus les terrains qu'on exploite en dehors des colonies : tout cela permet d'affirmer sans crainte d'erreur que la province de Santa Fé inaugure l'année 1889 avec une surperficie destinée à la culture de plus de 1000 lieues carrés.
Quant à l'outillage agricole, il était en 1887 de 24.369 charrues, 5.225 moissonneuses, 15.706 herses, 371 batteuses à vapeur, 172 machines à vapeur agricoles, 73 machines . hydrauliques, 85 machines à vent. Depuis lors ces nombres ont été considérablement augmentés.
des colonies d'Entre Rios.
Après la province de Santa Fé, c'est la province d'Entre Hios qui présente le plus grand nombre de colonies. A la fin de 1888, il y en avait 50 dont nous donnons la liste par département avec la date de la fondation.
Dans le département du Parana, nous avons :
La colonie Gerrito, fondée en 1882; Grespo, fondée en 4884; Brugo, fondée en 1879 ; Florentina, fondée en 1887 ; Hernandarias^ fondée en 1872; Santa Maria, fondée en 1887 ; Villa Urquiza, fondée en 1858; Municipale, fondée en 1879; Auli, fondée en 1883; Argentina, fondée en 1881; Mérou, fondée en 1886; Guesta, fondée en 1888.
Dans le département de Colomb nous avons : San José, fondée en 1857; Nouvelle, fondée en 1871; Hugues, fondée en 1871; Pereyra, fondée en 1871 ; San Anselmo, fondée en 1877; San Juan^ fondée en 1875; Santa Rosa, fondée en 1876; Primero de Mayo, fondée en 1881.
Dans le département de Gualeguay nous trouvons : Granja, fondée en 1881; Retiro, fondée en 1883; San Antonio, fondée en 1880; El Paraiso, fondée en 1883; San Martin, fondée en 1883; Nueva Ronia, fondée en 1882; San Garlos, fondée en 1882; Gaprai'a, fondée en 1884.
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Dans le dSjpaiieBMnt de Gnaleguaychu nonB ayens : Egido, fondée en 1875; Moran, fondée en 1880; Sarandi, fondée en lflB2; Saota Maria, fondée en 1881 ; Loreto Vêla, fondée en 1881 ; Santa Valentina, fondée en 1882; Basavilbaso, fondée en 1888; Spangemberg, fondée en 1888.
Dans le département de TUruguay nous trouvons : Perfection,, fondée en 1875 ; Gaseros, Rocamora, fondées eh 1875.
Dans le département de Nogoya nous trouvons : Egido, fondée^ en 1884; Sance fondée en 1886.
Dans le déparlement de Tala nous trouvons la colonie Nouvelle, fondée en 1883.
Dans le déparlement de Concordia nous trouvons la colonie Fédérale, fondée en 1878.
Dans le département de Fédération, nous trouvons : Libertad, fondée en 1875; Egido, fondée en 1885; Mandisobi, fondée en
Dans le département de Villaguay, nous trouvons : Golonie^ belge, fondée en 1882 ; Nueva Alemania, fondée en 1887.
Dans le déparlement de Diamanle, nous trouvons : Alvear, fondée en 1878 ; Egido, fondée aussi en 1878.
Tout cela donne un total de 238.533 hectares de terre colonisés, avec 31.758 habitants, 101.886 animaux, 327.897 volailles^ 7.091 bâtiments, 28.954 instruments aratoires.
Tel est le tableau publié parla Prensa dans sa revue du premier de Tan 1889 ; mais je n y retrouve pas les noms de quelques colonies ie fondation nouvelle.
Une loi de cette province a décrété la colonisation de 2.500 hectares de chaque côté de la voie ferrée aux stations des chemins de fer construits ou à construire dans la province : cela veut dire que^ les propriétaires des terrains seront mis en demeure de coloniser cette étendue ou qu'ils seront expropriés à cet eftet.
La province d'Entre Rios est incontestablement la mieux située de la République Argentine pour des travaux de cette nature et celle qui est appelée à offrir le plus d'avantages aux immigrants cultivateurs.
Voici quelques détails historiques sur celles dont nous avons^ omis de parler dans notre relation et que nous n'avons pas eu le temps de visiter.
Dans le département de Concordia, nous trouvons la colonie^
Fédérale^ ainsi nommée parce qu'elle est située dans le district Fédéral.
Sa fondation date du 7 décembre 1888. Elle a été connue d'abord sous le nom de colonie ^nf^/o, parce qu'elle a été fondée par le colonel Antelo, gouverneur de la province à cette époque. Son étendue est de près de cinq lieues carrées, dont une a été réservée pour terrain communal. Le terrain est boisé et sillonné de nombreux cours d^eau. Il est très fertile ; mais ce qui a nui au progrès de la colonie, c'est l'éloignement des marchés et la difficulté des communications.
Ce n'est pas une colonie d'immigrants européens ; elle a été formée avec des familles indigènes. Suivant le dernier recensement, la population urbaine s'élevait à 694 âmes et la population rurale à 1401.
On y cultive le blé, le maïs et la vigne.
On évalue le terrain et les autres capitaux à 585.869 piastres.
Dans ce même département, le gouvernement national a acheté le terrain connu sous le nom d'Estancia du Yerua, soit dix-huit lieues carrées (48.600 hectares) au prix de 35.000 piastres or la lieue carrée, pour les destiner à la colonisation.
Enfin, un grand propriétaire, le docteur Bernardo Irigoyen, a fait subdiviser en concessions une étendue de 5.400. hectares dans son estancia Yuqueri pour y faire de la viticulture.
Dans le département de Gualeguaychu, nous trouvons la colonie EgidOy qui cccupe, comme le nom l'indique, l'egido de Gualeguaychu et dont la colonisation a commencé en 1875. Cette colonie comprend trois cents concessions de 16 cuadras carrées, qui ont été vendues à raison de 500 piastres. La population est de 1.088 liabitants.[On estimait la valeur de l'ensemble de la colonie à 378.000 piastres.
La colonie Moran a été fondée par un propriétaire de ce nom, le 8 avril 1880.
Elle occupe une étendue de 5.400 hectares. Le terrain est très fertile; il atteint l'épaisseur de 0™90 centimètres.
Les concessions sont de 27 hectares.
Les familles, au nombre de 53, soit 250 personnes, sont en général italiennes. On évalue le total de la colonie à 150.000 piastres nationales.
On trouve dans le même département : les colonies de Sarandi, fondée en 1882; Santa Maria, fondée en 1881; Santa Valentina,
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fondée en 4882; Loreto Vella, fondée en 1881, qui, toutes réunies, ont une population de 400 habitants, mais sur lesquelles le bureau de statistique de la province d'Entre Rios n'a pu se procurer des renseignements dignes de foi.
La colonie Basavilbaso porte le nom du gouverneur actuel de la province. Elle a été fondée au commencement de Tannée dernière. Son étendue est de 2.952 hectares 95 ares. Sa magnifique position, à 45 kilomètres de la ville de Gualeguaychu, sur Tembranchement du chemin de fer central Entreriano qui mène à celte ville, lui assure un brillant avenir.
Cette colonie appartient à la société la Colonizadora Entreriana, qui vend les concessions à 800 piastres, payables en huit annuités, sans intérêts. 11 doit aussi y être fondé un village central, qui aura ISO hectares de superficie. M. Spangemberg a établi sur ses terrains du Pehuajo des colons russo-allemands qui sont venus du déparlement du Diamante.
Dans le département de Gualeguay, nous trouvons, indépendamment de l'Egido, les colonies suivantes :
Granja, fondée en 1881, par MM. Gianello et Anlola. El Retiî'o^ fondée par Ma lias Erausquin, en 1873. San Antonio y fondée par Juan Arguet, en 1880. El Paraiso, fondée par Pedro Gonzalez, en 1883. San Martin^ fondée par Barandegui et fils, en 1883. Nueva Roma, fondée par M. D. Garboni, en 1882. Sa7i Carlos, fondée par Emilio Duportal, en 1882. Capraia, fondée par Juana Chiama, en 1884.
En 1886, ces colonies avaient un total de 269 habitants et occupaient une superficie de 3.958 cuadras. Elles ont réalisé des progrès considérables depuis lors, surtout la colonie San Martin. Les propriétaires de cette dernière, après avoir fait toutes les avances nécessaires aux colons, n'exigeaient que le quart de la récolte.
Le blé avait rendu, en 1887, jusqu'à trente-cinq pour un, mais, en moyenne, le rendement est de vingt-deux.
Dans le département de Nogoya^ nous trouvons la colonie de XEgido^ dont les colons sont en grande partie italiens ; elle a été fondée en 1884. La population est de 286 personnes.
Dans le même département, MM. Rodriguez ont commencé à fonder une colonie dans le district de Sauce.
Dans le département de Yictoria, il s'est formé une société
anonyme sous le nom de Colonizadora de Yictoria au capital de 500.000 piastres nationales.
Dans le département de la Paz M. Bunge a entrepris la colonisation de sa propriété du district Estacas,
M. Schiele a passé un contrat de colonisation avec divers colons.
Enfin dans le département de Feliciano la municipalité a commencé la colonisation de TEgido *» Les lots qu'elle vend valent ^2 piastres en y comprenant le prix d'arpentage; ils sont de 2o hectares. On y compte déjà. 25 familles.
La loi nationale de colonisation.
J'ai parlé plus haut des colonies nationales : il convient à ce sujet de faire connaître la loi de colonisation. Cette loi, qui date de 1876, statue ce qui suit :
Les territoires nationaux seront divisés en sections de 20 kilomètres de côté. Chaque section sera subdivisée en 400 lots de 100 hectares chacun. Il est destiné 4 lots au village central, pueblo, «t à Vegido (terrains pour jardins, vergers et maisons de campagne). Les 76 lots extérieurs de la section, les 320 lots restants seront subdivisés pour être vendus conformément à la loi. La section subdivisée de la manière indiquée ci-dessus prendra le nom de partido.
1. Egido, je crois l'avoir dit, est le terrain réservé autour de chaque ville pour Tagriculture, qui comprend les quintas et les chacras. Plus loin, c'est la zone de Vestanciay du terrain destiné à l'élevage, mais qui n'exclut pas non plus l'agriculture. Dans Vegido y les propriétaires sont tenus d'enrermer leurs animaux pendant la nuit et de les faire surveiller pendant le jour; dans Vestancia, ils n*y sont pas obligés. Ce n'est que depuis quelques années que les eslancieros ont pris la résolution d'enclore leurs terrains avec des pieux et du fil de fer [alamhrados). Cette mesure indique un grand progrès; elle met fin à la lutte de l'agriculture et de l'élevage dont j'ai parlé au commencement de cette relation, et puis, c'est un pas fait vers la zootechnie. Enfin elle permet la combinaison de l'élevage et de l'agriculture sur une grande échelle, qui n'était pas possible avec la libre pâture.
DE LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE 35i
Chaque partido sera divisé dans toute son étendue par deux rues de 50 mètres de large qui se croiseront au centre de la place principale du pueblo. Les chemins vicinaux entre les lots auront 25 mètres de large^ les lots du pueblo seront partagés en 256 carrés de 100 mètres de côté chacun, avec des rues de 20 mètres de large, et une rue de circonvallation de 48 mètres qui séparera le pueblo des chacras (fermes). Les quatre carrés du centre formeront la place principale, en face de laquelle on réservera deux carrés pour les édifices publics. Dans chacune des quatre sections formées par les rues principales, on réservera un carré pour la place et un autre pour les édifices publics. Les autres carrés seront partagés en solares de 50 mètres de côté.
Dès que le pouvoir exécutif aura déterminé les terrains destinés à la colonisation et les aura fait arpenter, il y sera construit un bâtiment destiné à Tadministration, capable de loger cinquante familles au moins et de contenir les vivres et autres objets nécessaires aux colons. Les cent premiers colons de chaque section, chefs de famille et agriculteurs, recevront gratis chacun un lot de 100 hectares distribués alternativement. Les autres lots ruraux seront vendus à raison de 2 piastres l'hectare payable en dix annuités, le premier payement devant avoir lieu à la fin de la seconde année. On pourra se borner à vendre le quart d'un lot, et on ne pourra en vendre que quatre à la même personne. Les colons, dont il est parlé plus haut, auront droit à des avances, qui ne pourront excéder i.OOO piastres, et qui seront remboursables en cinq annuités, à partir de la fin de la quatrième année. Les solares seront vendus à raison de 2 piastres fortes chacun. Les lots urbains et ruraux pourront être vendue aux enchères. Les lots de Yegido seront vendus, quand Taccroissement de la population l'exigera, et en attendant, les autorités municipales pourront établir un impôt sur les bestiaux qui y pâturent.
Les lots urbains doivent être peuplés et enclos dans le terme d'un an ; les lots ruraux doivent être peuplés et cultivés 'pendant deux ans de. suite. Il sera remis à chaque poblador (habitant) un bulletin provisoire,* en attendant le titre de propriété qui ne sera remis que lorsque toutes les conditions précédentes auront été remplies. Entre les sections subdivisées, il en sera réservé une non subdivisée, maïs bornée sur les côtés. Ces sections sont destinées à la colonisation par des compagnies particulières, à la réduction des Indiens et au pâturage.
Celui qui voudra entreprendre la fondation d'une colonie sur un terrain concédé par le gouvernement national devra le faire aux conditions suivantes : adopter Tarpentage et la subdivision prescrits par la loi ; établir 140 familles au moins dans le terme de deux ans (la concession étant de 46 lieues carrées); donner ou vendre à chaque famille au moins 50 hectares; faire un bâtiment comme celui dont il a été question précédemment; faire aux colons qui le demanderont les avances nécessaires au moins pour un an au prix coûtant, avec un 20 0/0 de prime et un intérêt de 10 0/0 par an; ne demander aux colons le remboursement de ces sommes que par annuités et cotes proportionnelles, à dater de la troisième année de leur établissement au moins; accorder au bureau des terres et colonies faculté d'intervenir dans les contrats passés avec les colons pour empêcher les infractions à celte loi; s'assujettir aux lois, décrets et dispositions relatifs au gouvernement, administration, colonisation et avancement des territoires; déposer la somme de 4.000 piastres fortes ou fournir une caution pour cette somme; en cas de non-accomplissement du contrat, cette somme sera confisquée à titre d'amende et le contrat sera périmé.
Les compagnies colonisatrices pourront faire transporter les colons aux frais de l'État depuis le port de débarquement jusqu'au point d'arrivée. Les terrains nationaux et livrés à la colonisation pourront être concédés aux compagnies qui les demanderont pour les peupler aux conditions suivantes : Une seule compagnie ne pourra avoir plus de deux sections ; en ce cas elle devra introduire au moins 240 familles dans le terme de quatre ans, à dater de la signature du contrat; l'exploration, arpentage et division du terrain, ainsi que les autres frais seront au compte de la compagnie, excepté les frais de transport des immigrants du port de débarquement à la colonie, qui seront aux frais de la nation.
La compagnie, qui ne remplira pas les conditions du contrat de concession, payera une amende de 10.000 piastres, sans compter la résiliation du contrat : à cet effet elle devra fournir une caution.
Le produit de la vente des terres et de l'exfjloitation des territoires nationaux sera destiné à la formation d'un fonds spécial des terres, ainsi qu'à l'exécution des travaux et service^ d'intérêt local.
Le pouvoir exécutif pourra pousser au développement de l'agriculture par la concession gratuite de nouveaux lots aux colons qui se seront distingués par leurs qualités laborieuses. Tout colon, six ans après son établissement, aura droit à une prime de dix pias-
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très (50 fr.) pour chaque mille arbres de plus de deux ans qu'il aura plantés sur sa propriété. Les colonies nationales seront exemptes de contribution pendant dix ans. Les instruments de labour, semences, meubles et armes apportés par les immigrants pour leur usage seront libres de droit.
Les autorités civiles, policières et militaires des territoires nationaux livrés à la colonisation seront sous la dépendance du pouvoir exécutif national. Il y aura dans chaque colonie un commissaire qui sera l'autorité militaire et politique de la section. Dès qu'il y aura cinquante familles, les colons nommeront un juge de paix et cinq conseillers municipaux dont les attributions seront déterminées.
Les colons âgés de dix-huit ans formeront une garde urbaine pour la défense et le maintien de Tordre dans la colonie ; le pouvoir exécutif leur fournira les armes et munitions nécessaires.
Le gouvernement aidera à rétablissement et au développement des colonies provinciales en transportant gratuitement les familles agricoles et industrielles qui viendront au pays et qui voudront s'y rendre; en fournissant 200 piastres fortes ou les frais d'installation de chacune des cent premières familles établies dans chaque colonie; cette somme devra être rendue par les soins du gouvernement provincial.
Le gouvernement fédéral pourra coloniser directement les territoires qui lui seront cédés à cet effet par les provinces. Dans ce cas les provinces nommeront les autorités politiques.
Les particuliers qui voudront coloniser leurs terrains, pourront se faire envoyer gratuitement les colons nécessaires, tout en répondant pour les avances.
En vertu de cette loi, le gouvernement national a fondé plusieurs colonies; mais ce système de colonisation officielle, comme on l'a appelé, ne semble pas avoir donné les résultats qu'on avait lieu d'espérer. Nous citerons la colonie Avellaneda, la colonie JResistencia, et la colonie Formosa sur le territoire national du Chaco ; la colonie Villa Libertad sur un terrain cédé par la province d'Entre Rios ; la colonie Général Alvear également dans la province d'Entre Rios ; la colonie Santa Cruz, sur le territoire national de ce nom en Patagonie ; le Chubut, mais il faut observer que cette colonie existait déjà et qu'elle n'a fait que recevoir l'appui officiel; la colonie Sampacho et Caroya dans la province de Gordova ; les
colonies Prias et Conesa sur le Rio Negrp. De graves abas on été commis dans Tadministration de ces colonies, et la colonisation officielle a été abandonnée.
On s'est rejeté alors sur la colonisation par les compagnies ou entreprises particulières ; on a fait des concessions de terrains conformément à cette loi, en assez grand nombre; mais jusqu'à présent les conditions n'en ont guère été remplies : il est vrai qu'elles sont assez onéreuses, comme M. le Ministre de l'Intérieur lui-même en avait fait la remarque : aussi a-t-on proposé de la réformer.
La loi des centres agricoles de Buenos Aires.
La province de Buenos Aires a été la dernière à entrer dans le mouvement colonisateur proprement dit ; nous avons vu plus haut que c'est celle qui compte le moins de colonies ; on y fait aussi de Tagriculture sur une grande échelle, et tout ce qu'on appelle les egidos de pueblos doit être considéré comme autant de centres de population agricole qui ont été peuplés spontanément suivant les dispositions et règlements établis par les autorité locales, mais sans former une organisation séparée, comme il arrive dans les colonies proprement dites.
Pour donner une impulsion plus directe et plus efficace à Ja colonisation, le gouvernement provincial a édicté en novembre 1887 la loi dite des centres agricoles.
En vertu de cette loi il sera établi des centres agricoles autour des stations de chemin de fer sur tous les terrains propres à l'agriculture et qui seront situés en dehors d'un rayon de 400 kilomètres de la capitale fédérale.
A cet effet, on appliquera la loi d'expropriation, quand les propriétaires ne voudront pas prendre eux-mêmes l'initiative de la colonisation.
Il pourra être exproprié une lieue carrée sur chaque point, soit près de 2.690 hectares.
Les entrepreneurs de centres agricoles auront droit à hypothéquer à la Banque hypothécaire le terrain destiné à cet effet
jusqu'à concurrence des trois quarts de la valeur attribuée auxdits terrains.
Un grand nombre de personnes se sont hâtées de mettre à profit les bénéfices de cette loi : à la fin de 1888, il avait été formé 203 centres agricoles comprenant une étendue de 421.681 hectares 43 centiares.
Un contrat de colonisation.
Un des premiers colonisateurs de la province de Santa Fé a été M. Guillaume Lehmann; on lui doit la fondation de toutes les colonies qui suivent :
Les colonies Nuevo Torino, Pilar, Aurélia, Susana, Rafaela, Lehmann, Saguier, Présidente Roca, Ëgusquiza, Santa Clara, Ataliva, Rey Umberto, Reina, Margarista, Virginia, et d'autre» encore.
Voici quel était le contrat de vente qu'il passait avec les colon» acheteurs :
Guillaume Lehmann, entrepreneur de la colonisation des terrain» appartenant à... D'une part... Et M.... D'autre part... ont arrêté le contrat suivant :
Article premier. — Guillaume Lehmann vend à... un terrain formant partie du plan général de la colonie... composé de... avec le» limites suivantes au nord... à l'est... au sud... et à l'ouest... Pour la somme de... piastres or, avec exclusion de toute autre monnaie, payable par... parts dans les termes suivants : Premier terme qui échoit le... deuxième terme qui échoit le... Troisième terme qui échoit le... (en général le terme était de trois ans)... dont le prix courant avec l'intérêt de 8 0/0 par an depuis le... sur les terme» non échus, et de i2 0/0 sur tous les termes échus capitalisables chaque année le 1" mars.
Art. 2. — M accepte la vente aux prix et condition»
exprimés dans Tarticle précédent, et s'oblige à signer... billets à ordre pour les échéances respectives pour capital et intérêt, quand le vendeur le demandera, et se soumettre en outre aux clause»
356 Ux\E VISITE AUX COLONIES
stipulées dans les articles imprimés à l'envers du présent acte, en général, spécialement à...
f, Esperanza... le... 18...
,.' Conditions annexées au titre provisoire de vente :
Article premier. — L'acte public sera rédigé aussitôt qu'on aura payé le montant total du prix de vente ou au moins la moitié ; dans ce dernier cas le terrain sera hypothéqué en garantie de la partie du prix encore due.
Art. 2. — Dans le cas où l'acheteur n'occuperait pas le terrain dans le courant de l'hiver prochain ou l'abandonnerait ensuite, ou si le prix n'était pas payé tout ou en partie dans les termes convenus, ou s'il négligeait de remplir une clause quelconque de ce contrat, le vendeur est autorisé à l'annuler : il reprend le terrain et l'acheteur perd tous ses droits de même que les améliorations qu'il y aura faites sans compter la responsabilité pour les intérêts échus pendant tout le temps que l'entrepreneur aura été dans l'impossibilité de disposer de nouveau de la propriété.
Art. 3. — Ce titre n'est transmissible qu'avec le consentement du vendeur.
. Art. 4. — Quinze jours après que l'acheteur aura été mis en possession du terrain, on n'admettra plus de réclamations, relativement à la situation topographique ; s'il était besoin d'un nouvel arpentage, les frais seront à la charge de l'acheteur.
Art. V. — Les acheteurs des concessions limitrophes des boulevards ou routes principales reliant les centres ou pueblos des colonies seront tenus, dans un terme fixé, d'y planter des arbres sur les côtés ou bords des chemins et de laisser dix vares de chaque côté, sans avoir droit à aucune rémunération.
Les acheteurs de terrains dansiez pueblos ou centres des colonies se soumettront aux dispositions générales en vigueur dans chacun de ceux-ci à savoir :
aj C'est une condition indispensable pour obtenir le titre de propriété d'un terrain dans un des pueblos, d'y avoir construit un bâtiment en briques cuites avec toiture de terrasse ou de tuiles.
bj Les bâtiments de briques crues et avec toits de paille ne seront permis que provisoirement et ne donneront pas droit à la propriété.
c) Les lots de jardins {quintas) devront être enclos avec briques ou fil de fer.
d) Les acheteurs de terrain (solares) sur les routes principales, sont tenus d*y planter des arbres pour former une avenue symétrique devant leurs propriétés.
ey Les habitants des dits centres de population, tant qu'il n'y aura pas de corporation ou de commission municipale, reconnaîtront dans Tadministration de l'entreprise coloniale toutes les facultés qui sont inhérentes à celle-là.
Analyses chimiques laites par le D^ Puiggari.
Pour donner une idée des terrains de la République Argentine, je crois nécessaire de reproduire ces analyses. M. Puiggari, savant espagnol, mort dernièrement, était professeur de chimie à l'Université et au collège national de Buenos Aires.