PRODUCTION
ANNUKT.LE.
Victoria
New South Wales. . .
South Australia
Queensland . . ^ . .
West Australia. . .
763,000 gaUons
Totaux
1,780,000 gallons
Mais à rheure actuelle, ces quantités sont déjà doublées.
Des conférences se donnaient à l'Exposition, en juin et juillet, sur différents sujets spécialementrelatifs.aux intérêts coloniaux; je citerai entre autres : L'état du commerce du Gap. — La géologie du sud de TAfrique. — » Les races de TAusiralie. — L'émigration et les meilleurs moyens de coloniser. — La végétation de l'Australie et surtout celle de l'Eucalyptus, etc.
Je ne dois pas oublier de mentionner ici ce qui nous touche le plus dans l'Exposition du Canada, c'est-à-direi une immense collection de bois qui sont une des grandes richesses du pays et, surtout, des fruits de tous genres dont nous ne nous faisons pas d'idée ici et qui sont exposés dans des bocaux spéciaux. On sait que l'exportation de ces fruits pour l'Angleterre, surtout celle des pommes, se fait sur une échelle immense en concurrence avec les nôtres.
Dans une étude horticole, je ne dois mentionner que les produits du règne végétal, mais on ne peut parler de l'Exposition sans rappeler qu'on y voit en opération tous les procédés usités pour rextraction des fameux diamants du Gap, ainsi que leur taille, puis le travail des mines d'or de TAustralie. Ces expositions en nature, avec les travaux des ouvriers indiens, méritent à eux seuls le voyage de Londres,
Quittons maintenant la capitale et allons voir les deux expositions qui ont lieu simultanément h Liverpool. .
La première, la plus importante, dite « National Exhibition of navigation, travelling, commerce and manufactures», est contiguë au Jardin botanique et à l'Exposition d'horticulture dont je parlerai tout à Theure. Son installation a été faite dans les bâtiments de l'Exposition d'Anvei'S qu'on a transportés et installés à Liverpool. Je n'ai pas à en parler longuement, puisqu'elle sort du cadre de nos éludes. Je dirai seulement qu'en outre des produits généraux qu'on voit dans toute exposition internationale, elle renferme une collection complète et des plus intéressantes de tous les modèles de navires connus, depuis ^ les moyens les plus anciens et les plus primitifs de voyage par mer, jusqu'aux merveilleux transatlantiques modernes, dont on voit les exécutions en nature dans les célèbres docks de Liverpool. On comprend ce qu'un musée semblable offre d'intérêt pour un peuple qui vit dans une île et qui étend sa domination sur des colonies immenses, séparées de lui par des mers sur tous les points du globe. Aussi y compte-t on plus de 25,000 visiteurs par jour. Pour en terminer avec ce qui n'a pas précisément Un caractère horticole, mentionnons un merveilleux travail inauguré par la Reine le 20 janvier dernier : je veux parler du tunnel qui traverse la Mersey, qui a là 4,300 mètres de large : ce tunnel, creusé sous la rivière, dans un tuf de grès spongieux, doit servir pour unir par une voie directe plusieurs lignes de chemins de fer qui desservent la côte nord-ouest de l'Angleterre. En ce moment, il sert aussi aux piétons, qui y descendent, soit par un escalier spécial, soit par un ascenseur qui peut contenir près de cent personnes ; arrivé à la base, on y trouve des wagons parfaitement éclairés et ventilés, puis on traverse le fleuve comme dans les tunnels métropolitains de Londres.
Donnons aussi, à ceux qui s'intéressent aux choses de la mer, des nouvelles du célèbre steamer le Great-Easiern ; on sait que c'est le plus grand navire du mondé et qu'il a servi à la pose du premier câble transatlantique. Ce malheureux bâtiment, qui a causé la ruine de ses actionnaires et qui, en fait, était une merveille d'architecture navale, en est réduit aujourd'hui, ô grandeurs humaines I à servir de café-chantant. Il est ancré en
en amont de Liverpool et Ton y donne des concerts et des bals publics de troisième ordre.
J'arrive enfin à l'exposition d'horticulture organisée par la Société royale de Londres, conjointement avec celle de Liverpool, dans le « Wavertree Park », près du Jardin botanique et de la grande Exposition internationale, comnie l'indique le plan cijoint (fig. 4). L'emplacement ordinairement occupé par la Société d'horticulture, à Londres, était pris cette année par l'Exposition coloniale, et, d'ailleurs, il est souvent d'usage pour les horticulteurs anglais de se transporter hors de Londres, pour tenir ^eurs assises dans diverses villes de province. Déjà la Société avait combiné ses Expositions avec celles de Bury-St-Edmônds, Leicester, Oxford, Manchester, Birmingham, Bath et Prestoa; il y a là un avantage pour les maisons de Londres afin de se faire connaître, et celte mesure est déjà appliquée par la grande Société Royale d'Agriculture. A Londres, une Exposition est, comme à Paris, à peine connue quand elle se termine, parce qu'il y a dans une capitale une foule d'autres plaisirs qui attirent le public. En province, au contraire, c'est un événement. Cette année, la Société Royale tiendra seulement ses expositions partielles dans la grande serre de South Kensington, comme elle le fait d'habitude toute l'année au moment le plus favorable de la floraison de chaque genre de plantes.
Parlons maintenant de l'installation proprement dite. La fig. 5 donne le /lessin et la disposition des massifs comme les entendent nos voisins. Il y a à la Société de Londres un homme excellent, parlant peu, agissant beaucoup, affable pour tous, indispensable partout, soit comme organisateur d'expositions, soit comme jardinier-chef à Chiswick, où il est depuis vingt ans. Je veux parler de M. A. F, Barron. C'est lui qui, avec M. Rlchardson, du Jardin botanique de Liverpool, avait présidé la Commission d'organisation. Il y avait là ^08 exposants de plantes et 72 pour le matérial horticole. Les jurés étaient au nombre de 30, dont 4 étrangers seulement, 3 belges: MM. Ed. Pynaert et Ch. Van Geert de Gand, puis M. Van Volxen, de Bruxelles ; seul je représentais la France. Les plantes fleuries étaient installées sous une grande fente de
Entrée Fig. 5. Pla?i de la grande Tente.
perfîciels, on ait pu faire des allées de 5 mètres et quelques massifs de 10 à 45 mètres de diamètre pour les grandes ëollections. Ces massifs sont magnifiques comme effet général, mais ils ne permettent pas de voir les plantes de près^ ce qui est regrettable pour une exposition.
En somme, au point de vue de Tinstallation d'une exposition, Texpérience appiend qu'aujourd'hui où l'on sait employer le fer d'une manière si économique, il n'y a pas de Société horticole
88 mètres de long sur 44 de large. Cette tente immense, formée de quatre travées, mal comprise pour la ventilation et la lumière, n'était ouverte que d'un côté, car, à Liverpool, le climat est généralement peu favorable, et tout est disposé contre le vent et la pluie. Les poteaux bas n'avaient que 3 mètres de haut et les autres 6 mètres sous le faltago. L'effet en était malheureux, bien que, grâce à ce vaste espace de plus de 3^800 mètres su-
qui ne devrait avoir son propre matériel composé de colonnes en fer creux pour Técoulement des eaux. Sur ces colonnes reposeraient des rotondes en fer à T portant les toiles disposées pour la ventilation par le faîte. Au prix de location de nos tentes actuelles, après trois années d'exposition, le matériel serait payé et ne coûterait plus que les frais de pose et de magnsinage. A Liverpool, les fleurs coupées, les fruits et les légumes étaient disposés sur des tables, dans des tentes allongées et suffisamment claires, mais sans ventilation, ce qui en rendait le séjour incommode et perdait les fleurs.
Les exposants de plantes, divisés en horticulteurs-marchands et en amateurs, ne payaient rien pour leur emplacement, et les récompenses d'une valeur de 1 ,^00 livres sterling étaient données en argent. Gomme les apports sont faits, en grande partie, par les jardiniers mêmes des grands propriétaires, ces jardiniers préfèrent l'argent comme récompense : au contraire, les exposants industriels, qui font métier et commerce de leurs apports, payent 6 francs par mètre sur 5 mètres de profondeur sous les tentes, et 1 franc environ par mètre superficiel sur terrain découvert : leurs récompenses consistent en médailles qui leur servent pour leurs annonces : on sait que, chez nos voisins, quelques maisons, comme MM. Siitton, de Keading^MM. J. Carter^ d'Holborn, et MM. Webb, de Stourbridge, donnent des prix pour des melons et des légumes dont ils vendent les graines ; on ouvre aussi un concours pour ceux qui cultiveraient des plantes à bord des navires. C'est peut-êlre porter un peu loin le goût de l'horticulture. Mieux valent les expositions horticoles populaires destinées à propager le goût et la culture des fleurs sur les fenêtres et sur les terrasses,
La Société avait organisé cette fois en plein air un concours de chauffage divisé en trois classes; les chaudières pouvant chauffer 2,000, 1,000 et 500 pieds de tuyaux de quatre pouces : Chaque concurrent avait à fournir à ses frais toute son installation, la Société n'ayant à donner que le combustible et les thermomètres. Les cheminées ne devaient pas dépasser 6 m. 50 de haut. Comme d'habitude, on a décerné des médailles, sans qu'au fond le concours ait fait faire un pas à la question.
Il y a aussi en Angleterre, on le sait, des genres d^expositions que nous n'avons malheureusement pas chez nous : ce sont : 4** les décorations de table sur une grande échelle; 2** les concours pour la décoration des fenêtres ; 3<^ enfin les expositions d'ouvriers et de petits jardins suburbains, dans le but de développer dans les classes modestes le goût des fleurs.
Disons tout de suite deux mots du matériel horticole; il n'y avait là rien à apprendre pour nous. Les chaudières sont toutes en fonte massive ou à tubulures; pas de cuivre, très peu de lôle rivée; on voit que le fer et le charbon sont là à bon marché; très peu de pompes, nous sommes supérieurs sous ce rapport. Les kiosques en rustique y sont d'un goût plus que douteux, les sièges lourds et sans grâce; les serres toujours les mêmes, en « peach pine » et à angles aigus, massives de formes, bonnes pour la culture sans doute, mais peu gracieuses : là, contrairement à ce qui se fait chez nous, le fond l'emporte toujours sur* la forme.
Entrons maintenant dans la grande tente où sont installées les plantes fleuries en pots; ces pots sont, comme en Belgique, simplement posés sur terre et non enterrés dans des massifs, ce qui fait perdre de leur aspect naturel.
En somme, nos voisins cultivent admirablement, mais ils ne savent pas présenler leurs plantes et en font la plupart du temps des massifs trop serrés. Là se trouvent les grands horticulteurs de Londres, les Veitch, les Sander,les Williams, les Turner, etc., qui n'apportent que bien peu de chose pour celui qui a vu leurs collections ailleurs. On voit qu'ils font acte de présence au point de vue commercial seulement. Il y a là des plantes fleuries réunies dans un pot de 50 à 60 centimètres de diamètre, tuteurées avec soin et formant des masses ornementales du plus bel effet ; dans les vestibules ou dans les angles d*un salon, ces pots placés dans de grands vases de Chine sont à imiter chez nous pour certains usages.
A Liverpool, la végétation des parcs, même celle de Sefton Park, tracé par notre collègue Ed. André, est maigre et pauvre par suite du voisinage de la mer, puis des hivers et du printemps froid et pluvieux. Aussi les riches négociants ont-ils reporté
leurs villas à l'Est de la ville : il y a là des amateurs et des fleuristes qui, malgré les fumées d'usines nombreuses, ont envoyé cependant des lots remarquables. Parmi les grands horticulteurs, je citçrai le? apports de MM. Ker et fils, de Liverpool, ceux de M. 6irkenhead,de Manchester, de MM. Dickson et fils, de Ghester, de MM. Backhouse et fils, de York, de J. Gypher, de Cheltenham, puis ceux de AiM. Veitch et fils, Sander et G*, de Saint-Albans, Paul et fils de Gheshunt, de la « Cranston nursery de Hereford », de M. Williams d'Upper HoUoway. Pour les Orchidées, il faut surtout citer les apports de MM. G. Hardy et E. Harvey. Il y a là de belles plantes très bien cultivées, telles que nous les voyons dans toutes les expositions anglaises ; quant aux plantes vertes, si belles en Belgique, comme les Palmiers, les Gycadées et les Fougères arborescentes, les apports sont maigres et en somme peu remarquables. Les bouquets et les décorations florales sont, comme en Allemagne, trop serrés, trop massifs. Les fruits et les légumes exposés sont peu abondants; c'est toujours la belle culture forcée en Raisins, Pêches, Fraises de première grosseur et. d'apparence séduisante, comme les produits qu'on obtient à force de soins et d'argent chez les riches propriétaires; M. Rivera, de Sawbridgeworth, avait envoyé une assez belle collection de ses arbres fruitiers en pots, qui ont plus de raison d'être en Belgique et en Angleterre que chez nous.
A l'occasion de l'Exposition, on avait préparé à Liverpool une conférence sur la nomenclature des Orchidées, et le Gardener's Ckronicle avait profité* de l'occasion pour faire décerner, devant les membres du jury, les prix qu'il avait proposés pour un concours entre les jeunes jardiniers, dans le but de déterminer scientifiquement les fonctions des racines.
En terminant, je n'ai pas besoin de dire que la réception faite aux jurés a été des plus cordiales. L'horticulture est un terrain neutre, sur lequel toutes les nations, toutes les opinions peuvent se donner la main, et c'est toujours avec bonheur qu'on retrouve, dans les grands centres horticoles, les amis de la nature qui viennent y renouveler leurs relations que le temps ne fait qu'affermir.