‹ Une visite dans les écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 8 sur 16 · LN · texte numérisé non relu

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29 Et encore pour cela faudra-t-il une résolution des commissaires d'école ou une pétition des parents ou tuteurs de 10 enfants pour nos écoles de la campagne, et de 25 enfants pour celles des villes et des villages. (Sect. 2.)

8° Et cette instruction religieuse ne pourra pas être donnée tous les jours.(Sect. 4.)

4° Pour avoir un maître catholique, il faudra dans nos écoles des villes et des.

bourgades une moyenne de 40 enfants catholiques assistant à l’école, ce qui suppose 55 inscrits, et dans nos écoles de villages une moyenne de 25 enfants catholiques assistant à l’école, soit 40 d'inscrits.

Ainsi à Winipeg, comme dans plusieurs autres endroits, nous ne pourrions pas avoir de maîtres catholiques, parce que les enfants répartis dans ‘les différentes écoles ne seralent pas assez nombreux ; et je ne veux pas abandonner ces enfants. (Ce n’est pas tout, il faut là encore une pétition des parents ou tuteurs et à moins de 10, 25, 40 enfants, selon l’école, il n’y aura pas d'instruction religieuse et pas de maître catholique.

5° Enfin, s’il y a dans l’école des enfants protestants et des enfants catholiques, et

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‘a-t-il une

| qu'il n'y ait pas un local suffisant pour les

le ou une séparer pour donner l’enseignement reli- \ rs de 10 | gieux, alors on partagera les jours entre hi pe | chaque dénomination, et ainsi au lieu de 4 | 8 D vingt demi-heures par mois nous n’en "ss | aurons peut-être plus que huit ou dix; 4 ieuse ne À aussi puis-je répéter en leur donnant un sens 5 8. (Seot. 4.) plus étendu, ces paroles d’un membre 170 4 olique, il À éminent de l'Eglise anglicane de Winnipeg : 4 es et des D «Ils reprennent d'une main ce qu’ils i . enfants donnent de l’autre.” 1 1 suppose Et nous sommes encore à leur merci pour (a villages M ces ruisérables miettes qu'ils nous jettent 4 tholiques avec dérision ! C’est vraiment cynique ! Cela . | | seul rend le règlement inacceptable. La 4 Plusieurs | rougeur monte au front, l’indignation fait : jas avoir * bondir le cœur quand on lit ces détails : ce ‘1 s enfants | ne sont plus des concessions mais des res- +4 S ne se- | trictions odieuses. : d Veux pas ; 4 pas tout, II. LE FRANÇAIS. 4 A rents ou | Avant, nous avions plein droit de l’ensei- 4 is, selon | | gnéer, aujourd’hui il est réduit de moitié, et ï on reli- |. nous qui sommes venus les premiers dans " | ce pays, qui l’avons découvert, nous n’avons enfants pas plus que les derniers venus, nous dont lues, et les droits sont garantis par la Constitution

sommes mis sur le même pied que ceux qui viennent de l'Islande ou du fond de la Russie, nous ne sommes pas mieux partagés que les chinois et les japonais ! Et encore ne nous permet-on d’enseigner le français que comme moyen d'apprendre l'anglais ! Oui nous voulons de l’anglais ; il nous en faut à tout point de vue ; mais il n’y a à cela rien de nouveau, pour ne parler que de Saint-Boniface, nos petites filles canadiennes de l’académie Taché apprennent l'anglais et le parlent très correctement ; l’étude de l’an-. glais occupe dans cette maison une place choisie, on le cultive comme le français, les mathématiques sont même enseignées en anglais. Nous voulons donc de l'anglais, mais nous ne voulons pas sacrifier nos droits. Ce prétendu compromis ne nous garantit.

même pas nos livres français ; ce sont des livres mixtes: moitié français, moitié anglais, des livres protestants, des livres athées peutêtre comme le ‘“ Manuel de Paul Bert ” que l’on fera traduire en partie pour nous. Qui nous promet qu'on ne le fera pas ? Ne connaissons-nous pas nos adversaires, et ne

sommes-nous pas entre leurs mains? Et on dit: le français est sauvegardé! Et un

e ceux qui

> la Russie, rés que les > ne nous [ue comme Oui nous aut à tout a rien de aint-Bonide l’acaais et le de l’an-.

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sont des anglais, ées peutrt ” que s. Qui Ne con- , et ne f Et on Et un

os droits. >

homme public a osé écrire les paroles sui-

vantes dans un journal de Montréal :

‘ Ceux qui refuseraient d'aider à la mis en opération des amendements auxquels le cabinet Greenway a consenti feraient vrai-

ment œuvre criminelle.”

Cela me donne froid au cœur ! Comme évêque et comme canadien-français, je proteste.

On fait un jeu de la nationalité. Sommesnous, oui ou non, catholiques avant tout ?

Et notre foi n'est-elle pas la meilleure sauvegarde de nos libertés nationales ? Il s’agit d’être catholiques d’abord et canadiens en-

| suite. Or, notre foi est outragée, nos droits | religieux, sacrifiés ; et en fait de français, on

ne nous accorde que ce que l’on donnerait aü premier venu ?

Nous obtiendrons davantage par la suite, direz-vous peut-être ? D'ailleurs les circonstances sont changées —C’est vrai, les circonstances changent, mais les principes ne changent pas. Et qui nous promet que nous obtiendrons davantage par la suite ? Non, n’insultez pas à notre malheur, qu'on ne cherche pas à jouer avec la conscience et le sentiment sacré de la nationalité. Je pro

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teste contre cet abus des choses saintes.

Notre pauvreté n’est pas même un motif d’insulter à notre misère, car jamais elle ne Æ € nous fera accepter un compromis honteux. = L

Nous voulons 1°. le contrôle de nos écoles :

2°, des districts scolaires partout ; 3°. nos Æ ©

livres catholiques d'histoire et de lecture au moins ; 4°. nos inspecteurs catholiques ; 5°. 8 nos maîtres et nos maîtresses catholiques D compétents et formés par nous ; 6°. nostaxes DE 5 et l’exemption de taxes pour les autres écoles.

La loi ‘ Dickey” nous donnait tout cela D j

en principe. On lui fit opposition parce qu'elle ne donnait pas assez, meis que nous L: a-t-on donné à sa place ? J Aacun de ces droits sacrés, pas un seul ! he Mes frères, comme sujets britanniques ' nous en avons appelé à Sa Majesté, qui a c bien voulu nous accorder un jugement fa- ê vorable. Comme l’apôtre St-Paul, nous disons ad tribunal Cæsaris sto, nous nous arrêtons à ce jugement. & Comme catholiques nous avons le Pape et l'épiscopat pour diriger nos consciences, or ni le Pape, ni l’épiscopat n’approuvent ce soi-disant règlement.

Mais, dira-t-on, nous sommes dans la dé-

es saintes.

un motif ais elle ne s honteux.

nos écoles :

; 8°, nos lecture au iques ; 5°, atholiques

. nos taxes

res écoles.

t tout cela ion parce que nous n seul !

tanniques esté, qui a ement fa- , nous dious arrê-

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tresse et déjà 51 écoles sont fermées! Voici : il'est vrai que 51 districts scolaires sont sans

écoles, mais sur ces 51, 15 ne sont pas capables d’en avoir une, parce que ou il n’y

en a jamais eu d’ouvertes ou parce que, à

| cause de certaines circonstances, iln’y a plus

assez d'enfants pour pouvoir en ouvrir une ;

sur les trente-six qui restent, dix vont s’ou-

vrir ces jours-ci, et pour les 26 autres, elles

s'ouvriront toutes si l’on vient à notre secours. Jusqu'ici, j'ai laissé faire, parce que. D j'attendais d'un moment à l’autre le règle-

ment équitable de cette. question ; maiïintenant c’est fini, je prends le contrôle des écoles. Je ne suis pas l’homme d'un parti, je suis

Libre de toutes attaches, je suis archevêque

pour sauvegarder les intérêts des âmes, et ne croyez pas que je compromettrais une cause sacrée par un misérable intérêt de parti.

Dieu me garde d’un tel malheur !

J'ai pris pour devise ‘“ Depositum Custodi ; ”’ et je dois tout souffrir, plutôt que d’en abandonner une parcelle. Si je cédais, l'ombre de Mgr Provencher et celle de Mgr Taché, mes illustres prédécesseurs, auraient

| le droit de se dresser devant moi pour me | dire: “ Évêque, tu as trahi ton mandat tu

fus

E PET res s PR CT LME

as forfait à l'honneur et au devoir. ” Si je cédais, je n'aurais plus le droit de faire porter devant moi la croix archiépiscopale, ce symbole de la souffrance et de la justice.

Mais non, avec la grâce de Dieu je resterai ferme devant la tempête. Et vous, rappelezvous les paroles de Judas Machabée : ‘‘ Potius mori quam fœdari ”. Plutôt mourir que de

nous déshonorer. Soyez fidèles à votre dra-

peau, ne vous séparez pas du clergé. Aujourd’hui, personne n’a le droit de rester neutre, il faut par votre conduite, par vos paroles, par vos actes, montrer si vous êtes avec votre archevêque ; et celui qui n'est pas avec nous est contre nous. Suivez-moi ; espérons, mes frères, que ce n’est pas en vain que vous m'avez si souvent assuré de votre obéissance toute filiale, et que vous saurez vous souvenir de vos promess:

D'ailleurs, mes frères, la vie est trop courte pour oublier nos devoirs les plus sacrés ; mettons-nous en présence de notre éternité et sachons agir maintenant comme nous voudrions avoir agi à l'heure de notre mort.

On ne nous a pas ménagé l’injure en ces derniers temps; au nom du progrès maté-

riel, ah ! nous voulons bien prendre notre

F ns PORT OT 7 | CT — |

ir. ” Si je

e faire porscopale, ce la justice.

| je resterai , rappeleze : ‘ Potius rir que de votre draergé. Au- , de rester e, par vos vous êtes qui n’est ivez-moi :

as en vain é de votre us saurez

rop courte S sacrés ;

éternité me nous ptre mort.

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ù juste part des richesses de ce monde, mais ne compromettons point nos intérêts éternels . pour les avantages éphémères de ce monde

périssable. Rappelons-nous Ia parole du divin Maitre ‘‘ Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous viendra par surcroît.” J'ai confiance en vous, je bénis vos bonnes dispositions, votre fidélité à la foi de vos pères.”

Vous voyez que les paroles qu’on vient

de lire sont loin d’être une approbation

D'ailleurs la partie soi-disant catholique qui a conclu le règlement au Manitoba était si certaine que le pape et les évêques le condamneralent et qu'il était une infamie devant

la conscience catholique, qu’elle u’a pas

même voulu consulter Mgr Langevin, le seul représentant catholique autorisé au Manitoba. |

Question.—On dit que Mgr Langevin n’a pas été consulté parce qu'il était trop

| partisan ?

Réponse.—Un jour Pierre s’en va chez Paul et lui vole sa montre. Celui-ci étant

| un partisan du droit de propriété, cite Pierre" devant un juge qui se rend dans la paroisse où vivaient Pierre et Paul.

Il voit Pierre

très-souvent, consulte ses amis, son bourgeois, ses employés, leur fait part du juge-

ment qu’il va prononcer. Pierre prend

copie du jugement et l'envoie à un avocat de ses amis qui est l'ennemi juré de Paul, lui demandant de lui faire conneître son opinion par un télégramme. Pendant ce temps, Paul attend sa montre. Il parcourt les journaux en attendant le juge. Quelle n’est pas sa stupeur de voir que le juge a réglé son affaire. Ii lit : La cause de Pierre et de Paul est réglée à ‘la satisfaction de tout le monde.” À la satisfaction de tout le monde ! se demande Paul étonné ; qu'est-ce qu’ils entendent par tout le monde ? Il continue sa lecture : “ Le juge spécial qui ‘ a prêté serment de prendre les intérêts de

‘* Paul aussi bien que ceux de Pierre a

‘ déclaré : Premièrement que Pierre gardera ‘ la montre de Paul qu’il a volée.

‘* Deuxièmement. — Paul pourra exiger, ‘ moyennant certaines conditions que Pierre ‘lui prête, pendant une demi-heure, la ‘ montre qu'il lui a volée.”

Paul et ses amis ne peuvent en croire leurs yeux. Ceux-ci demandent au juge pourquoi il n’a pas consulté Paul.—Le juge,

son bourt du juge-

rre prend

un avocat é de Paul, naître son endant ce 1 parcourt >. Quelle e le j uge cause de satisfacfaction de l étonné ; e monde ?

pécial qui atérêts de Pierre a e gardera

exiger, e Pierre eure, la

in croire AU juge Le juge,

affectant un suprême dédain pour Paul, répond : ‘‘ Paul est trop partisan, c'est un | jeune homme sans expérience. Imaginez-

La D

‘vous, messieurs, que ce brouillon veut ‘* bien que Pierre lui remette la montre “ qu'il lui a volée. C’est pénible de voir un “ tel homme à la tête des autres. Avec de ‘ tels hommes il ne peut pas y avoir de paix

|“tant qu'il y aura des voleurs comme ‘* Pierre. — J'ai dit à mon ami Pierre de

‘ne pas craindre, qu'il garderait la montre

“ volée ; mais que s’il voulait la prêter à

‘# Paul, une demi-heure par jour, je lui don- ‘ nerais une position qui en ferait un gros

‘ monsieur, et que l'acceptation de cette

| “ position lucrative serait regardée par nos

‘ amis comme une récompense de son esprit

h ‘ de conciliation et même de générosité ‘“ envers Paul.” } Les amis de Paul, eux, trouvent que Paul, D ayant payé la montre avec son argent à lui, , a le droit de l’avoir plus qu’une demi-heure | par jour.

Les amis de Pierre disent que Paul est un

| partisan aveuglé, fanatisé par l’idée qu'il s’est mise dans la tête que ce qui est à lui n’est pas à un autre.

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Ceci, bien aimés lecteurs, est une parabole qui peut nous aider à comprendre pourquoi quelques-uns trouvent que Mgr Langevin est partisan. |

Question.—Mais alors pourquoi n’a-t-il pas désapprouvé les propositions Smith, Dickey, Desjardins qui n’accordaient guère plus que le règlement Green way ?

Réponse.—Cette question est une de celles que j'ai posées à Mgr Langevin lui-même ; écoutez bien ses réponses, qu’il me fit par- ‘venir par le retour du courrier.

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