‹ Une visite dans les écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 9 sur 16 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

RÉPONSES DE SA GRANDEUR Mer LANGEVIN A QUELQUES QUESTIONS DE L'AUTEUR.

Vous me demandez des renseignements.

Je vous réponds sous forme de demandes et de réponses, comme vous le désirez.

Demande.—On m'assure, dites-vous, que j'ai accepté la proposition des trois délégués du gouvernement en mars 1896, Sir Donald Smith et les honorables Dickey et Desjardins, tandis que je refuse d'accepter le règle-

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Sifton !

Réponse.—A cela je réponds qu'il est absolument faux que j'aie accepté ce que Sir Donald Smith m'a proposé au nom de ses collègues. Je lui ai dit franchement, qu'il

me pouvait pas s'attendre à une approbation ;

que les droits des catholiques étaient sacrés et qu’il ne m’appartenait pas de les sacrifier.-—

“ C’est pour nous ”, lui dis-je, ‘“ une question

de conscience. J'ai consulté des catholiques éminents, prêtres et hommes de loi, et ils m'ont tous déclaré que c'était sacrifier nos droits que d'accepter ces offres.”

Et pourtant ces propositions comportaient le principe des écoles séparées et elles furent rejetées à cause de cela par le gouvernement

| Greenway.

Or le projet de règlement Laurier-Greenway renferme un article (8) qui est en opposition formelle avec le principe des écoles séparées pour les catholiques.

Il n'y a rien d'étonnant que je refuse d’accepter de la part des gouvernants actuels ce qu’il m'a été impossible d'accepter du gouvernement précédent, qui offrait cependant davantage.

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J'en appelle à tout homme sérieux, est-ce là se lier à un parti et faire de la politique ?

Ce qui était vrai en 1896 est vrai maintenant ; les principes restent les mêmes.

C'est encore une pure question de conscience dont l’évêque est juge comme gardien de la foi. Au reste, je dois rendre ici hommage à sir Donald Smith et à ses honorables collègues qui ont agi en vrais gentilshommes. Ils ont respecté mes objections et ils m'ont assuré qu'ils avaient instruction de ne rien conclure sans l’assentiment de la minorité dans la personne de son représentant officiel.

Demande.—Mais, me direz-vous, vous aurez par le nouveau règlement, des maîtres catholiques quand il y aura une moyenne d'assistance de 25 enfants à la campagne, et de 40 enfants en ville ?

Réponse.—Oui, mais outre que beaucoup d'écoles dans les colonies nouvelles ou mixtes surtout ne pourraient pas réclamer le bénéfice de l’article 5, il est évident que ce maître catholique ne pourra point parler du bon Dieu avant 84 hres, d’après l’article 8.— Il sera donc comme un maître athée ou protestant jusqu’à cette heure-là. Ilne pourra pas prononcer le nom de Jésus-Christ, de la

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eux, est-ce D Sainte Vierge ou des saints; il ne pourra politique ? | donner aucune leçon de morale catholique. T1 Maln- D Ilne devré pas y avoir au sens de la loi de cru- 1émes. cifix dans l’école. C’est là ce qui prouve com- 1 n de con- À bien nos adversaires sont habiles. Le maître à ne gardien JE catholique neutralisé durant toute la journée 4 e 1ci hom- est réduit à la condition de simple catéchiste 4 onorables | à 34 heures—c'est un trompe-l’œil. 4 shommes, É ils m'a Cela doit sauter aux yeux de tout catho- 1 le ace D lique intelligent. Est-ce qu’il n’y à pas 4 iniosié : beaucoup de maîtres catholiques dans les | it officiel | écoles publiques des Etats-Unis, et en sont- l ré en | elles moins des écoles athées pour tout cela ? 4 maitres D Il y a des maîtresses catholiques dans les ï moyetuié | écoles protestantes de Winnipeg, est-ce que 1 ces écoles cessent pour cela d’être protes- L PS | tantes ? il eaucoup Demande.—Aurez-vous, au moins, me de- É mixtes | mandez-vous, vos livres catholiques en an- | ‘ le béné- glais et en français tels que les livres de 4 que ce M lecture de Montpetit ou des Frères ; l’histoire 4 arler du } sainte, la grammaire française, l'histoire du 4 cle 8.-— ! Canada par Grarneau ou Laverdière, les ou pro- | “ Sadlier’s Readers ” ?

pourra Réponse.—Nullement. Les livres catho- , de la liques sont prohibés par la clause 8; autre-

ment l'instruction cesserait d’être purement. profane (secular) c'est bien compris.

Demande.—Et les livres français !

Réponse.—Ils seront mis de côté et on les remplacera par des livres (bilingues) moitié anglais et moitié français, ce. qui est une insulte à notre nationalité et un coup mortel porté à la belle langue française.

Pourquoi nos écoles ne seraient-elles pas françaises comme les écoles de la minorité protestante de Québec sont anglaises ? Et puis nos enfants ne fréquenteront guère te l'école que durant trois ou quatre ans. se

Croyez-vous qu'ils pourront apprendre les cl deux langues en si peu de temps ? Le résulat ttc sera qu'ils ne connaîtront ni l'anglais ni le LS français. Li Et, en outre, on pourra comme on l’a fait Ds au Nord-Ouest supprimer le français dans | C les classés supérieures, et alors le pauvre LS l

français disparaîtra bientôt.

Comprenez-vous maintenant pourquoi McCartny, ce fameux gallophobe (francophobe), «pprouve le règlement ?

Demaude.—Mais vous avez une demi:

kuure d'instruction religieuse tous le: jours

8 purement Met C'est plus que dans bien des collèges ou

s. Macadémies ?

SI M Réponse. —Dans les collèges et académies

comme à Montréal et à Québec il y a des livres catholiques aux mains des enfants ;

Miles maîtres catholiques peuvent parler de la

1 est une Eligion quand ils le veulent ; l'école est con-

et on les es) moitié

up mortel Mirolée par des prêtres vénérables ou de bons Icatholiques qui représentent les parents et “elles pas À l'Eglise; en un mot l'atmosphère est toute minorité saturée de catholicisme ; on le respire comme ises ? Et l'air environnant. Avec cela on peut se connt guère MStenter de quelque temps donné chaque atre ans. semaine à l'enseignement spécial du catéendre les chisme, mais l'éducation religieuse dure Le résulat | toute la journée.

lais ni le D Mais au Manitoba les livres seront protes-

béants ou athées, ou indifférents, les maîtres | seront protestants ou athées ou devront se conduire comme tels jusqu’à 34 heures ; | l’école sera sous le contrôle d’un gouverne- | ment protestant. Croyez-vous que la demi- | heure d'instruction religieuse pourra rendre | l’école catholique ?

L'enfant respirera l’atmosphère, l’air protestant ou athé durant quatre ou cinq heures ; croyez-vous qu'il suffira d’un petit

on l’a fait als dans e pauvre

pourquoi (fran co-

e demi:

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courant d'air durant une demi-heure pour refaire un tempérament ainsi empoisonné ?

Supposez qu'aux High Schools de Québec ou de Montréal on permette à quelques enfants.

catholiques de se réunir dans une salle à 84 heures et qu’un prêtre aille leur enseigner le catéchisme, est-ce que ces High Schools ne resteraient pas écoles protestantes ? Et puis cette demi-heure n’est pas obligatoire. Tous les enfants peuvent s'en aller s'ils le veulent à 8 heures. Plusieurs s’en iront de fait et alors ceux qui resteront seront comme en pénitence. S'il y a des enfants protestants (et il y en aura souvent car les écoles sont mixtes) il faudra partager avec eux, et alors la demiheure de catéchisme n'aura lieu que deux ou trois fois par semaine. À Winnipeg les.

enfants catholiques n'auront presque jamais leur tour, comme l’a si bien démontré le Rév. M. Cherrier, curé de l’Immaculée Conception. | Et, enfin, qui enseignera le catéchisme ?

Si le curé a trois ou quatre ou six écoles dans sa paroisse, pourra-t-il y aller tous les jours ? Et si le maître est protestant, qui fera la demi-heure ? Qui paiera les maîtres pour ce travail spécial ?

e pour repoisonné ?

Québec ou 1es enfants.

salle à 34 enseignçer h Schools ès ? Et puis.

Dire. Tous veulent à de fait et ne En péntts (etil y mixtes) il ; la demique deux iipeg les 1e jamais.

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Concep-

chisme ?

les dans S jours ?

1 fera la pour ce

Pauvre demi-heure ! Comme elle sera mal-

traitée ! n'est-elle pas exposée à être mise de

côté ?

Et puis, avons-nous besoin de la permission du gouvernement pour enseigner le

| catéchisme après l’école ?

Mieux vaudrait ne pas avoir le catéchisme à l’école et posséder nos livres et la liberté de parler du bon Dieu et de nos devoirs envers lui.

Ce que le Souverain Pontife demande, ce n’est pas une demi-heure de catéchisme à la fin de l’école, mais c’est une école imprégnée de l'esprit catholique.

Aucun catholique ne peut, en conscience, prétendre le contraire et prôner les écoles mixtes ou athées. Le pape et les évêques sont les seuls juges en cette matière, et les protestants honnêtes et sincères respecteront nos convictions religieuses, parce qu'ils respectent la liberté de conscience comme on le fait aujourd’hui en Angleterre, au cœur de l'empire britannique. Nous ne voulons rien enlever aux autres, nous réclamons simplement ce qui nous appartient.

Demande.—Mais était-il permis dans les écoles établies sous le régime de 1890, ré-

gime Greenway ou Martin d'enseigner la religion après 3k heures et d'enseigner le français durant les heures de classe ?

Réponse.—Assurément. Voyez les rapports de l’inspecteur Young.

Demande.—On ne vous a donc fait aucune concession nouvelle par le règlement Laurier-Sifton ou Laurier-Greenway ?

Réponse—Aucune.

Demande.—Mais si vous acceptez le règlement, que deviendront les écoles des Frères et des Sœurs à Winnipeg ?

Réponse.— Toujours d'après l'article 8, il faudra les fermer et envoyer nos 600 ou 700 enfants catholiques aux écoles publiques protestantes ou athées !

Or, nos catholiques de Winnipeg ne le feront point, j'en suis convaincu. Depuis cinq ans ils s'imposent de grands sacrifices d'argent pour soutenir leurs écoles et en même temps ils paient chaque année plus de $4000 de taxes, dans Winnipeg seulement, pour des écoles protestantes auxquelles ils n’envoient point leurs enfants. Estce juste ?

Je ne sais pas s’il y a dix enfants catholiques dans les écoles protestantes de Winni-

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seigner la | pez, et encore ces enfants sont presque tous

le fruit de mariages mixtes.

Demande.—Vous avez donc refusé dès le

| début d'accepter le règlement ?

Réponse.—Assurément ! Comment auraisje pu hésiter un seul instant, j'avais reçu une direction bien formelle de Rome. Pour

} tout catholique sincère le mot d'ordre dans

les questions de conscience doit venir de Rome.—Rome, le pape et les évêques sont audessus de tous les partis.

Nous venons de le dire, les protestants

sincères ne peuvent pas raisonnablement

nous blâmer quand nous leur disons : “ C’est une question de conscience.”

De même que tous les catholiques doivent respecter les droits de la minorité protestante de Québec, de même aussi les protestants doivent-ils respecter les droits de la minorité catholique de Manitoba.

Quand c’est le Saint-Siège même qui me dit de protester, pourquoi ose-t-on me représenter comme un vulgaire partisan politique ! n'est-ce pas une calomnie ?

Est-ce que j'aurais assez peu de conscience et de patriotisme pour rabaisser au niveau

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