SCÈNE TROISIÈME
qui avait les cheveux noirs, les pommettes roses, les jours bleues, les dents blanches, les lèvres rouges, et qui trouva t moyen , comme tous les Espagnols, de mettre une r dans tous les mots qu’il disait... Rrr 1
DE CYGNEROI.
Qu’est-cc qui l’a fait ce cancau-là ?
» LEBONNARD.
Ce n’est pas un cancan, c’est un fait.
DE CYGNE ROI
Il y a des témoins ? Tu Tas vu ? Numerius Alticus...
LEBONNARD.
Numerius AUicus, c’est moi.
DE CYGNEROI, de bonne loi.
C’est absurde.
LEBONNARD.
Quand je te dis que ça est... Taurais-^e laissé quitter cette femme aussi brutalement si je n’avais pas su à quoi m’en tenir sur son compte? Tu es un conquérant, toi, tu es un amant, on ne peut pas tout le dire : moi, je suis sans conséquence, je suis un confident avec qui on ne se gène pas. Je suis moins heureux, mais j’en sais plus long. Et puis ce ne sont pas ceux qui sont dans la maison, qui voient comment elle brûle, ce sont ceux qui sont dehors. Moi qui suis dehors, je vois Jiien où le feu prend et comment on l’éteint. C’est toi qui as éteint le feu d’Alphonse ou feu Alphonse, si tu aimes mieux. Tu as cru être une torche , tu as été une pompe !
DE CYGNEROI.
Ah! coute-mci ça, parce que c’est du haut comique; c’est du Plaute 1
LEBONNARD.
Eh bien, clic a rompu avec don Alphonse en mil huit cent soixante-cinq.
DE CYGNEROl.
Soixnnië-cinq ?
LEBONNARD.
Octobre soixante-cinq.
DE C Y GRE ROI
Mais, moi, je suis de juin soixante-quatre.
LEBONNARD. •
Ce qui prouve qu’elle commence avec les cerises et qu’elle finit avec les prunes.
DE CYGNEnOI.
Ce n’est pas possible. Elle vivait dans la solitude, et puis enfin elle n’est pas de ces femmes-là.
LEBONNARD.
Très-bien. Connais-tu cette écriture ?
Il montre une lettre.
DE CYGNEROl, roulant U prendre.
Si je la connais ! /
LEBONNARD.
Attends! la formule d’usage. Tu me jures que tu ne diras jamais à madame de Morancé que jo t’ai montré cette lettre?
DE CYGNEROl.
Je te le jure I .
LEBONNARD, à part.
Qui est-ce quia besoin d’un faux serment?
DE CYGNEROl, lisant.
<t Mon ami... »
LEBONNARD.
Mon ami, c’est moi.
DE CYGNEROl, lisant.
« Mon ami, en l'absence de Gaston... *