SCÈNE CINQUl ÈME
DE CYGNEROI, »e lerant.
Ah! c’csl vous, madame ? Non, nous n’aurons pas l'honneur de nous asseoira votre table. C’était môme ce que je vous écrivais là, n’étant pas sûr de vous voir.
LYDIE
Comment ! vous alliez vous en aller comme ça, sans me dire au moins adieu, tandis que, moi, je serais très-heureuse de commencer au plus vile avec madame de Cygneroi, que je trouve charmante, des relations qui deviendront de l’amitié, j’espère!
DE CYGNEROI.
Malheureusement, cette visite est la seule que nous aurons eu l’honneur de vous faire. Nous repartons pour la Bretagne.
LYDIE
Aujourd’hui même?
DE CYGNEROI.
Ce soir.
LYDIE
Et vous y restez?
DE CYGNEROI.
Toute l’année.
LYDIE
Et puis après, toute la vie?
DE CYGNEROI.
C’csl bien possible.
LYDIE
Autrement dit, vous ne voulez pas q ie je revoie votre femmo.
DE CYGNEROI.
Mon Dieu, madame, il y a des situations...
ÜNE VISITE P E NOCES
LYDIE
Bref, vous no voulez pas que votre femme devienne l'amie de votre... ancienne amie.
DE C Y GTS' E K OI.
El surtout de l'ancienne amie de don Alphonse.
LYDIE, troublée, changeant de ton.
Qui vous a parlé de don Alphonse?
DE C Y GNEROI,
Que vous importe! Niez-vous le fait?
LYDIE
Il n’y a qu’un homme dans le monde qui ait pu vous dire cela, c’est Lebonnard.
DE CYGNEROI.
Et, si Lebonnard m’a dit cela, il a dû me dire autre chose, n'est-ce pas?
LYDIE
On ne peut donc avoir confiance en personne? Ah I Lebonnard, c’est indigne!
DE CYGNEROI.
D’autant plus que vous avez payé son silence.
LYDIE, dans un soupir.
Oui! vous avez raison, monsieur de Cygneroi; madame do Cygneroi et moi ne devons pas contracter amitié. Ne m’en veuillez pas, adieu.
DE CYGNEROI.
. Je n’ai aucunement le droit de vous en vouloir. Vous êtes libre de vos actions. Seulement...
LYDIE
Seulement?...