SCÈNE CINQUIÈME
Et vous vous mariez?...
LYDIE
Dans six semaines.
DE CYGNEROI.
Est-ce que Pÿgmalion a épousé Galathée ?
LYDIE
Parlai terîient, et elle a eu de lui un enfant qui se nommait Paplius cl qui, reconnaissant de ce que la déesse avait fait pour sa mère, lui élev£ un temple qu’il appela Paphos, et oû les amants venaient offrir leurs sacrifices. Il y avait , dit la Fable, uu autel merveilleux en plein air , sur lequel brûlait un feu qu’aucune pluie, aucun vent ne pouvait éteindre.
DE CYGNEROI, un temps, puis tout bas. *
Si nous y allions?
LYDIE,
A Paphos ? '
DE CYGNEROI, faisant un signa de la tête.
Oui.
LY DIE , lui donnant la main.
Adieu, mon ami; rejoignez voire femme, et ne disons plus de sottises. Ne regrettez rien ; vous avez eu ce qu’il y avait de meilleur en moi !
DE CYGNEROI, ta retenant.
Qui le saura ? ' .
LYDIE
Moi d’abord, et puis lui, qui vient ici tous les soirs, et puis votre femme.
DE CYG.NESfOU
Fernande ne se doutera de rien ; c’est une innccenle.
~vr
LYDIE
Ef puis elle nourrit. ( Le regardant en face. ) Comme vous me méprisez , n’est-ce pas ?
DE CYGNEROI. ^
Lydie ! •
LYDIE
Non ! Me voyez-vous, vous aimant de nouveau et comme je vous aimais autrefois et comme je puis aimer aujourd’hui, vous reperdant encore?
DE CYGNEROI.
Pourquoi me reperdre ?
LYDIE, arec un mourement de dérespoir et de lutte.
Vous êtes marié ! vous ne pouvez pas m’appartenir, vous ne vous appartenez plus à vous-même.
Vous étiez bien mariée autrefois, vous; chacun son tour.
LYDIE
Adieu !
DE CYGNEROI.
Et puis je n’ai pas d’amour pour Fernande , vous le savez bien,
LYDIE
Pourquoi vous êtes-vous marié , alors ?
DE CYGNEROI.
Pour faire autre chose. Je croyais trouver là une émotion qui
n’y est pas.
LYDIE
Votre parole?
DE CYGNEROI. .
Ma parole !