‹ Une visite de noces comedie en un acteChapitre 17 sur 83 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

’» Les Mêmes, FERNANDE, portanti’onfant.

DE CVGNEROI, courant è Fernande et loi prenant la Ute dans ses mains.

Abl mon ange adoré, comme je t’aime 1

FERNANDE, l'embrassant.

Et moi donc! (Aparcarant Lebonnard.) Ah! DOUS DO Sommes pas seuls!

DE CVGNEROI.

Devant Lebonnard nous pouvons tout dire, c’est un autre moiméme*

LEBONNARD.

Depuis soixante-cinq. •

DE CVGNEROI.

Qu’il te répète ce que je lui disais tout à l’heure et ce que je pense de toi quand je te compare aux autres femmes. ■„

24 r*: ÜNE VISITE DE NOCES''.

FERNANDE. V > *

Je De vaux pas mieux que les autres, mon ami; seulement, c’est moi que tu aimes. • * . -

DE CÏGNEROI, prenant l’enfant dam *es braa et le courront de baisera. n

• ■" Ah ! cher petit t •

FERNANDE. . “ ; '

Prends garde I ne le secoue pas trop, H vient de déjeuner.

Nous allons partir.

DE GYGNÊROI.

FERNANDE

Nous ne pouvons pas : madame de Morancé m’a invitée à dîner. . ^ . ■ •

^ . , DE GYGNEROr.

Tu as accepté?

FERNANDE

J’ai dit que j’allais le demander si nous le pouvions.

yft ' " “ * * . * *

DE CTGNERO I.

Tu diras à madame de Morancé que nous avons affaire à Paris.

FERNANDE

C’est que nous ne pouvons nous remettre en route avant que l’enfant dorme. En voiture, il ne s’endormira plus. Tu sais qu’il , lui faut de la musique pour l’endormir. C’est ça! porte-le. Je vais lui jouer sa Berceuse. . - ' ^

• • . ~ Elle le met an piano.

v ' DEBONNÀRD.

■v Voilà un tableau charmant.

DE C YGNEROI , tout en dodelinant l’enfant.— A Lebonnard.

Permets-moi de te dire, mon cher ami, que, si tu n’as pas cru

Z'* . , SCÈNE QUATRIÈME - ' î&' -

devoir me provenir autrefois, lu aurai» pjj me prévenir il y a ;

deux jours quand je t’ai écrit que nous viendrions faire cette visite et t’ai prié de t’y trouver. ■ J .

•'? * LBBON.NARD. ' ’ -1 -

Ce que je viens de te dire, personnejie le sait. Tu trouveras un prétexte pour ne plus revenir, et tout sera dit.

<•* BE CYGNEROf.

Là-dessus , tu peux être bien tranquille. '

Il change l’enfant de hrnS et te secoue au lieu de le bercer. Fendant ce tempe,

Fernande joue toujours sur lé pimo /a I)er<e*te, de Chopin. -t

' • LEBGNNARO. ; " . . '

Tii vas réveiller cet enfant. Pais donc attention.

DE CYGNEROI, passant ^enfant à Leboonard.

Eh bien, porte-le, puisque tu fais tout mieux que moi.

IEBOKNARD, qui a pris l'enfant et qui le regarde s’endormir.

Ce pauvre papa, il est en colère contre son ami Lebonnard, parce que son ami Lebounard lui a dit la vérité et que les hommes, ils n’aiment pas ça, comme les enfants n’aiment pas le fouet. Quand ou pense que, toi aussi, tu seras un homme èt que tu vou- ' "/ dras aimer des femmes et que ta voudras qu’elles n’aient jamais aimé que toi, comme si tu étais tout seul sur la terre ; et, quand tu seras bien convaincu qu’elles t’adorent, ta les planteras là pour courir à d’autres’, et, quand ta apprendras qu’elles ne l’ai- ' niaient pas, tout en ne les aimant plus, tu seras furieux et tu deviendras jaloux ré-tro-speo-ti-vc-ment, comme ton petit papa va. faire tout à l’heure. Tu seras donc une bêle comme nous tous,, mon cher mignon, et tu donneras le jour à d’autres- “hommes •> qui seront bêtes comme lôi, et ils en engendreront d’autres qui >seront bêtes comme eux, et ainsi de suite, jusqu’à ce que Dieu - - • n’ait plus besoin de la bêtise humaine, ce qui sera long Dors, mon chéri, tu ne feras jamais rien de mieux. Ce qui me console un peu, moi, c’est de penser que la bêtise de ma famille sc sera -

ar rêlée à ma personne, puisque je mourrai sans héritiers directs.

U embrasse l’enfant.

FERNANDE

Dort-il ?

Parfaitement.

LEBONNARD.

FERNANDE, voyant Lebonnard qui berce l'enfant et de Cygneroi qui écrit. — A de Cygne roi.

Ce pauvre Lebonnard, tu lui fais porter loq fils.

DE CYGNIÎROI. ^

C’est fui qui l’a voulu. Il l’adore. Et puis j’avais un mol à écrire. ' • ;

LEBONNARD.

C’est vrai, j’adore les enfants comme tous les gens qui n’en ont pas.

FERNANDE

Donnez-le-moi. Du reste, j’aime mieux» par celte chaleur-là, qu’il dorme sous les arbres.

LEBONNABD.

Je vais vous le porter jusque-là.

■ " - • FERNANDE

Où est donc sa bonne?

LEBONNABD.

Elle doit être avec le cocher.

De Cygneroi leur fait un ligne amical. Ils sortent. — H sa remet à écrire.

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