‹ Une voile a la mer poesiesChapitre 10 sur 57 · LARMES ET SOURIRES · texte numérisé non relu

LARMES ET SOURIRES

La foudre retentit et l’éclair dans la nue Trace en signes de feu, d’une langue inconnue, Sur le ciel assombri, les oracles divins.

Comme pour enseigner aux orgueilleux humains A redouter ce Dieu qui d’un mot fit la terre.

Et peut la replonger d’un mot dans la poussière..

Le berger, près de lui, rassemble en se signant. Son troupeau qui se presse et le suit tout tremblant Inquiet sur son nid, doux trésor qui chancelle. L’oiseau vient d’accourir pour abriter de l’aîle Celle jeune famille, hélas ! tout son espoir...

Après de vains efforts, tombant avant le soir,

La fleur penche son front sur sa tige altérée,

Et l’on dirait parfois dans la brise éplorée. Dominant la tempête et la voix des torrents,

De ceux qui ne sont plus les appels déchirants... Alors de notre cœur monte à notre paupière Un soupir, une larme, éloquente prière Pour les êtres chéris qui nous ont tant aimés*... Et qu’ici-bas trop tôt la mort a décimés !...

Après avoir lutté, retombant plus meurtrie,

Sous le fier ouragan, la nature en furie.

Doit se soumettre enfin aux éléments vainqueurs. . . Ainsi, lorsque l’orage a grondé dans nos cœurs,

O folles passions ! promesses décevantes !

Quand vous avez trompé nos âmes confiantes.

Ah ! nous nous révoltons, atomes insensés !...

Dans le cercle d’airain qui nous tient enlacés...

Car nous ne voulons pas qu’aux jours de la démence,

A nos moments d’oubli succède la souffrance...

Mais nous avons vidé notre coupe sans voir Qu’un semblant de bonheur cachait le désespoir...

Ce désenchantement qui flétrit toutes choses,

Et nous fait mieux sentir les épines des , roses. ..

Dans le plus doux nectar, met la goutte de fiel.

Et cache dans la fleur le poison sous le miel...

La tempête a brisé plus d’un chêne superbe,

Etnous, faibles roseaux, plus faibles qu’un brin d’herbe. Imprudents, nous rêvons en face du danger.

Jusqu’à l’instant fatal qui soudain vient changer Nos rêves en douleurs et nous livre sans armes A ces regrets amers qui font verser des larmes !...

Vous qui brisez nos cœurs et qui mouillez nos yeux,

O larmes ! venez-vous de l’enfer ou des cieux ?. . . Est-ce Dieu qui vous mit nuage dans notre âme,

Pour éteindre l’ardeur de sa trop vive flamme ?

Ou bien l’ange déchu nous aurait-il laissé

Ce stigmate vengeur de son orgueil blessé ?. . . Est-ce du Créateur la justice irritée,

Qui, sur les fils d’Adam, race déshéritée.

Fait peser son courroux que rien n’a satisfait...

Et nous sèvrc à jamais de tout bonheur parfait?... Mais ne blasphémons pas, le ciel dans sa clémence Four les cœurs éprouvés a créé l’espérance !

Cet astre qui fait croire encore à l’avenir.

Et fait aimer la vie à ceux qui vont mourir !

Plus d éclairs dans le ciel, plus de foudre qui gronde; Le calme est revenu sur la terre et sur l’onde. L’oiseau reprend son vol, pauvres fleurs levez-vous ! Le soleil fait briller ses rayons les plus doux,

Ils caressent les monts, ils vont dorer les plaines.

Et boivent en passant dans vos urnes trop pleines Ces pleurs qu’ils font rouler, splendides ornements. Sur vos fronts inclinés en riches diamants... .

Vous ressemblez alors, si belles sous vos larmes.

A ces blonds chérubins aux naïves alarmes;

Pour le moindre joujou, un ruban, quelques fleurs. Qu’on leur a dérobé, les voilà tout en pleurs.

Mais ce profond chagrin, cette douleur amère,

Devant une promesse, un baiser de leur mère,

Par des rires joyeux, soudain sont remplacés.

Et ce bonheur trop grand pour leurs cœurs oppressés. Fait mêler un instant les larmes au sourire,

Dans un rayonnement que rien ne peut redire,

Si ce n’est ce reflet, divin réparateur.

Qui fait après l’orage étinceler la fleur.

Comme l’enfant sourit à la tendre caresse Qui vient sécher ses pleurs et bannir sa tristesse. Comme sur l’Océan, le pilote anxieux Ranime son courage, en découvrant aux cieux L’étoile qui le guide et rend sa main plus sûre. Notre cœur, oubliant sa récente blessure. Tressaille de bonheur lorsqu’il voit au ciel noir

Luire un astre béni dont le nom est espoir!...

Seul il sait adoucir chaque larme qui tombe,

Et ses rayons vainqueurs même devant la tombe, Déchirant le bandeau qui cache l’infini.

Vont dire aux vrais croyants : Non, tout n’est pas fini... Pour ceux qui bravement ont porté leurs souffrances.

Le ciel a préparé de douces récompenses...

Après les jours d’épreuve et de constants efforts.

Sur leurs fronts peut briller la couronne des forts!.-.

A cet instant suprême, ô divin météore !

D’un jour resplendissant viens nous montrer l’aurore... Alors nous partirons, guidés par ta lueur.

Calmes et souriants pour un monde...

Juillet GT).

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