L’ÉVENTAIL
Bijou charmant et chéri de nos mères, Sceptre léger, j’aime tes airs vainqueurs; Pour toi Watteau fit d’illustres bergères.
De blancs agneaux, des guirlandes de fleurs
A l’œil ravi qui suit ta course folle Ton vol rapide, et parfois indiscret.
En soulevant la gaze qui s’envole.
De la pudeur vient livrer le secret..
Comme attiré par une lèvre rose,
Pour un instant, splendide papillon.
Sur cette fleur, ton aile sc repose.
Pour fuir bientôt en lumineux sillon...
Un doux baiser, une tendre promesse.
Portés par toi, gracieux messager,
De plus d’un cœur ont su trouver l’adresse. Et sans jamais en chemin s’égarer...
Mais, ô douleur! ta corolle dorée En se fermant fait envoler l’espoir...
Plus de soleil à la voûte azurée...
Tout s’obscurcit alors, tout devient noir!...
Puis tu reviens et déjà l’espérance Semble renaître à tes reflets joyeux...
A ton signal se calme la souffrance,
Tu fais ouvrir ou refermer les deux.!...
Fronts tout-puissants, dont la splendeur rayonne, Ne plaignez pas notre futilité ;
On vous a vus courber votre couronne Sous l’éventail, sceptre de la beauté...
Février C5.
« Malgré ta voix sévère, Longtemps encor j’espère Régner dans ce vallon.
Devant moi tout s’incline.
Et ma splendeur divine Doit durer plus d’un jour.
Ne suis-je pas l’emblêmo De ce pouvoir suprême Qui fait naître l’amour?..
Riant de sa folie.
Sur la fleur si jolie.
Le vent du soir passa ; Comme un espoir frivole, Sur les flots sa corolle Bientôt se dispersa...^