ILS SONT PARTIS
Le tambour bat, le canon gronde,
Le sac au dos il faut partir!...
Et pas un cœur qui ne réponde :
C’est pour la France!... il faut partir!...
A ce cri déjà que de larmes!...
Aux champs surtout que de regrets!...
Après tant de soins, tant d’alarmes.
Ah! que d’espoir fuit à jamais!...
Déjà dans plus d’une demeure.
Près d’un père morne, abattu.
La mère est là qui prie et pleure Le cher soutien qu’ils ont perdu!...
Ils sont partis pleins d’espérance, Faisant des projets d’avenir...
Pauvres enfants! vers notre France Puissiez-vous bientôt revenir!...
Ah ! puisse un jovu* l’hymne de gloire Qu’au départ vous avez chanté, Comme un signal de la victoire.
Être par vous tous répété!...
Bientôt les travaux du village Vont réclamer vos bras absents.
Mais désormais un dur servage Sera le prix de vos serments...
Au lieu de cette paix promise.
Tu verras tout ton sang versé!...
Courbe ton front, France soumise!
Toi qui rêvais la Liberté! ..
Entendez-vous, le canon gronde!
Le tambour bat... Il faut partir!...
Et pas un cœur qui ne réponde :
C’est pour la France! .. il faut partir!...
20 Juillet 187(i