RÊVERIE
A la voûte des deux, lumière suspendue,
Tu venais chaque soir, et dissipant la nue. Vaporeuse lueur.
Tu semblais ici-bas de tes regards de flamme Chercher, rayon divin, un reflet de ton âme. Œuvre du Créateur.
Rêveuse, tu suivais ta route constellée,
Mais pour toi Dieu gardait au fond d’une vallée , Sous le ciel d’Orient,
Au-delà du désert et des rochers arides,
Loin des regards jaloux de ces chercheurs avides, Les feux d’un diamant...
Oh ! quand tu l’aperçus, le bonheur te fit belle, Pour attirer à toi la splendide étincelle,
Tu te mis à briller de ton feu le plus pur...
Ton éclat fit pâlir les étoiles sans nombre !
Et ton front radieux se réflèta dans l’ombre Sur le vallon obscur !...
Sous les ardents rayons de ta vive lumière Le diamant frémit en sa couche de pierre.
Si le jour te voilait, il te cherchait alors...
Et dans un long baiser, vos âmes confondues. Tantôt sur le rivage, et tantôt dans les nues, V'^ivaieut dans un seul corps I...
Vint un soir, ô douleur ! la rive était déserte !
D’un long crêpe de deuil elle semblait couverte
Regards doux et brûlants, hélas ! tout fut en vain!... Non, rien n’éveillait plus l’étincelle chérie !...
Ils avaient emporté ton bonheur et ta vie Au rivage lointain...
Et dans un cercle d’or le prisonnier soupire Après son cher vallon et ses nuits de délire !...
O vous qui l’entraînez aux fêtes des heureux ! Faites qu’il puisse voir le coin d’azur qu’il aime, Il s’éteindrait un jour sans ce bonheur suprême, Sans ce rayon des cieux ! . . . .
Novembre 64.