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NUIT VÉNITIENNE

RÉVEniE

Venise en fête Rit et s’apprête Déjà l’étoile brille aux deux...

Et la gondole, S’indine et vole Comme un cygne capricieux...

Nuit parfumée!...

Brise embaumée!...

Ta voix murmure avec les flots...

Et, de la rive.

Vers nous arrive Le bruit joyeux do vos grelots...

Fils du délire!...

Vous semblez dire :

o: Rions! chantons! nos jours sont courts!-.. Amour, folie.-.

Tout nous convie...

Buvons!... chantons!... aimons toujours!...

Venise en fête,

Rit et s’apprête...

Fartons! l’étoile brille aux deux...

Que ma gondole S’incline et vole Comme un cygne capricieux!...

Et la nacelle.

Que mainte belle Venait attendre au Rialto, Suivait, docile,

La rame agile.

Et le chant du passeur Beppo- .

Quand, du rivage,

Comme un mirage,

Un couple se dressa soudain. .

La brune fille,

Sous sa mantille,

Aux regards se cachait en vain...

L’âme devine L’ombre divine

Qui fut rayon dans notre cœur...

Viens lazaronne.

Viens, je te donne Ma bourse, dit le grand seigneur..-

Si, dans une heure,

A ma demeure.

Tu nous conduis... Mais, parle basl..- Vaine risée!...

L’âme brisée-...

Le povero n’entendait pas!...

Son regard sombre, Allait dans l’ombre De l’infidèle à son amant ..

Et sa souffrance Cria : Vengeance!...

Pour ce cruel déchirement...

Loin du rivage, Dans un sillage,

La barque disparut soudain...

Puis vers la rive,

A la dérive,

Elle voguait le lendemain!-..

Fillettes brunes.

Loin des lagunes Fuyez!... fuyez, car chaque soir La voix d’Isaure Se mêle encore

A la chanson du passeur noir...

Toujours, dit-elle,

Soyez fidèle ..

Puis, quand l’étoile brille aux deux.

L’ombre s’envole...

Et la gondole

Reprend son vol capricieux. .

Juin 1870.

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