‹ Une vois d'en basChapitre 21 sur 80 · LE BOIS · texte numérisé non relu

LE BOIS

O vous, pauvres puissants que reiiquelle f-ncliaîii'-,

Allez au bois ; Courez interroger, de la bruyère au chêne.

Toutes les voix.

JNluet comme l'extase, heureux d'un peu (rombraiii

Le soir j'entends !^es amours de l'oiseau, les amours du feuillage

Avec les vents.

Tout est chants et soupirs dans ce charmant asile

Du rameau vert, De l'herbe, de la mousse et du genêt fertile

Monte un concert.

la llcnr muraiure àlair, alors qu'elle se penche :

.» Caresse-moi ! »

ICl l'air soupire au sein de la corolle blanche :

" Je suis à toi ! »

L<- ))rillant scarabe'e en sa robe superbe

Appelle aussi.

IiK' voix lui re'pond sur le bout d'un brin dherlje

" Viens, nie voici ! "

l'uilir, sur le i;azon, à travers le feuillage,

Le soleil luit, ijiisse de branche en branche, anime le bocage

Qui lui bruit.

Dans la tranquillité, vers une tleur agreste,

On voit encor Le soyeux papillon qui, gracieux et leste,

Prend son essor.

Et le loi, hxtinani la rosr- qui s'incline

Sur son rameau, JCntend balbutier à sa sœur l'églantine :

" ^'ous êtes beau ! "

Voyez l'abeille, dans laube'pine embaume'e

Qui s'eni'ouit ; Des lèvres d'un calice elle sort parl'umée,

IJourdonne et fuit.

Ecoulez, écoutez, du fond du taillis sombre,

Où seul j'accours.

Ces chants myste'rieux qui s échappent de l'ombre

Amour-: ! amours !

«îliii, là, vous oublirez de tout faste inutile

L'e'clat pesant, T.i's cris do la terreur, nos pavés de la ville

Rouges de sang !

l'our moi, j'aime à rêver à la douce innocence.

Au liois profond, ■Oii l'esprit, qui se plaît dans un grave silence.

Devient iécond.

Hommes contemplatifs, la nature est un livre

A vovis olTert ; dierchez dans ses feuillets la fleur qui vous enivre :

Il est ouvert !

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