‹ Une vois d'en basChapitre 23 sur 80 · SIR LA BERGE · texte numérisé non relu

SIR LA BERGE

iDYr.i.ii;

Le soleil inondait dans son cours les rivages Verdoyants de Puteaux, lorsque je remarquais Une fillette qui d'herbe et de fleurs sauvages Composait des bouquets.

l"]lle se reposait à l'ombre sur la berge ; Le visage bruni, de teinture tache'.

Ses bras, ses mains, ainsi que son jupon de serge D'une e'pingle attache'.

Ses pieds nus troublaient l'eau. La cloche des usines Annonçait le repas ; des groupes d'ouvriers S'en allaient déjeuner aux auberges voisines : C'e'taient des teinturiers.

liU petite parfois se regardait soiiriro Dans les flots verts. Je fus auprès d'elle m'asseoir, IV^irant lui parier, ne sacliant que lui dire... Ni bonjour, ni bonsoir.

C'étaient de ces enfants travailleurs avant l'âge, (iue l'industrie emploie et qu'on nomme : iiveuvs. Tout eela se lisait sur son hardi visage BarJjouille de couleurs.

Kl le jeta sur mes allures indiscrètes

I ri petit air grognon qui fort m'embarrassa. r'c|ieiu[ant je lui dis: — Vendez-vous ces fleurettes?

— Non, monsieur. — Pourquoi ça ?

— C'est parce qu'aujourd'hui c'est la fête du père Va que nous sommes cinq. Le dernier n'a qu'un an ; Jl hii faut son bouquet, à ce beau petit frère.

Aussi bien qu'à maman,

(ju'à mes sœurs. Au marche les belles fleurs sont chères :

< 'e n'est pas comme ici : je les cueille pour rien.

< )ii n'a point encor mis les bleuets aux enchères

Pour fêter saint Cassien.

Nous pourrons de papa ce soir fleurir la fête. 'J'out le inonde sera content à la maison.

— Ce père, que fait-il, ma petite brunette?

— Lo père ? il est maçon.

— lù la mère? — Maman ne manque pas d'ouvrage. ].(• dernier tète encore et n'entend pas raison.

II faut le dorloter tout le temps... quel tirage

Ça donne à la maison!

( »n ne dort pas toujours sur des feuilles de roses Avec ce gamin-là. Mais tout de même on dort... Elle disait aaîment de bien pe'nibles choses. Dans ce conptcor.

— FJt Aous, que i"aites-vous, n'étant pas bouquetière .*

— Je travaille à l'usine. — Et combien gagnons-nous .'

— Dam ! je n'ai pas neuf ans, je gagne, et j'en suis iière.

Je gagne douze sous !

La cloche ! adieu, monsieur, c'est la paye et j'y vole. Maman m'attend... Ce soir nous tuerons un lapin.

— Mais vous n'allez donc pas à l'école ? — A l'école !

Me fit-elle, et du pain!

LE PHALENE

A M. VICTOEÎ HUGO (1^

Février 1841.

Victor Hugo, merci pour l'cnlant qui végète Entre quatre murs nus où l'œil du mal la guette ! Ta voix mélancolique, ô fraternel rêveur. De ses chants a touché la tristesse du doute, Du doute qui gémit sur le Calvaire, et broute La foi, fleur enlacée à la croix du Sauveur.

(h A roccasion d'un morceau qui a pour titre : Regard jeté dan.'i unmanS'arde, (Voir les Hayons et les Ombres.)

Toi sciiL as vu cet ange, au iVin<l d'une masure,

l'rès d'un vieux lit qu'étrangle une étroite embrasure ;

Alors tu t'es liîîté, dispensateur d'amour,

De verser sur son front des tlanimes ei du jour.

C'est bien! Cette œuvre est belle! 11 fallait, fier Archange,

Ton (cil pour découvrir ce joyau dans la fange.

( )ui, fange est la misère ; et nous n'en manquons pas. Nous, bafoués du grand, quand il regarde en bas. D'en bas, si je m'élève, et si A-ers toi j'arrive, <^'est qu'un de tes rayons, dardant sur notre rive. M'attire, moi, phalène, au foyer créateur. Ainsi, l'homme s'élève en cherchant le Seigneur !

lu pourtant j'entends dire aux païens de notre âge,

Qui sèment l'ironie à travers ton passage :

.. La poésie est morte après de longs adieux !...

u Entendez ces clameurs!... Tout un monde s'écroule

" Sous la hache d'un homme exterminant nos dieux

»> Aux ap])laudissements eif renés de la foule. "

(^)ii;ui(l luui est plein des ciiuuls de ta voix souveraine

Le Ihit luundtueux, la forêt ipii bruit.

Et l'ouragan qui passe, et l'oiseau qui s'enfuit^

l*]t les rayons d'en liaut cristallisant la plaine ;

Quand l'art pleut un déluge en tordant son pinceau.

Va taille un Spartacus d'un seul coup de ciseau ;

<juan(l Notre-Dame sort du tombeau de Lazare,

La ])oésie est morte! o stupidité rare!...

Les hommes d'aujourd'hui, colosses, esprits forts,

L'ont étendue au fond d'anamés coIVres-forts.

l^vfnti'ant des sacs d'or, la lèvre épanouie,

Sons des monceaux d'e'cus leurs mains l'ont «ailVjuie!

Ah! ces cœurs avachis, dans des torses perclus,

•< -'est pour eux, seulement, que l'art n'existe plus.

Les vendeurs l'ont cloue', comme une pièce fausse,

Sur leur sale comptoir l'ait de baisse et de hausse

Ilien ne sourit pour eux : ni l'enfant au berceau.

Xi les gloires d'en bas, ni la fleur, ni l'oiseau.

Ni le ge'nie actif" dans l'ombre qui l'efface.

Leur atone regard ignore la rosace.

Le lovu'd })ilier oii prie un austère vieillard,

Lii pur encens qui monte au ciel comme un luv^u illard.

Va la lille à genoux qu'une mère ("ontemple.

Ils sonnent leurs deniers sur les dalles du temjilc,

Ces prosaïques Juifs!... Dans un creuset ardent,

i5ientôt, ils jetteront le Christ encor saignant,

l']t feront, pour le fondre, illustrant la rapine.

Brûler comme un fagot la coiu'onne d'épine!...

Seigneur, pourquoi i'aut-il, lorsqu'un homme profond

Interroge la mort, fournaise où tout se fond,

l'essayant de surprendre un secret à la terre,

A la crt'ation son e'ternid myslère;

Pourquoi faut-il. Seigneur, qu'un souffle, lirouiilard uoir

< )Iiscurcisse son front, rèllèchissant miroir ?

lli'ias ! fout ce qui vibre ci brille sur la vie : Accents de lyre et gloire, astres au firmament, -Grande A^oix des cite's, jjruit et rayonnement, l]st-il fait jîour s'e'teindre aux bo\u"bes de l'envie?

Je ne sais; mais pourquoi ses confuses clameurs Vont-elles étouffer ta voix, à llenomme'e ? Et pourquoi son haleine, implacable fume'e, Vole-t-ellc obscurcir les jjhares de nos moeurs ?

SCI —

La critique haineuse, envenimant son fiol, Empoisonne les tleurs que le génie e'tale. Ameute autour de lui le passant matériel. Et le pousse, hurlant au banc de la cabale.

Ainsi, le mal s'attaclie à tout ce qui tient rang : C'est le luisant acier que la goutte d'eau rouille ; C'est le chant des roseaux troublé par la grenouille ; C'est le crapeau qui bave aux ondes de l'étang ; C'est le rat assoupi dans les épis des gerbes ; La chenille aux buissons, le serpent dans les herbes ; C'est le ver dans le fruit, l'insecte dans la fleur ; Dans le nid suspendu, c'est l'œil de l'oiseleur. H faut à nos enfants les ailes de la mouche ; La douleur vient faner le rire à notre bouche. Telle est la grande loi : le naufrage est au port. La vie à son foyer voit accourir la mort. Enlin, joie et douleur composent la balance Qu'au-dessus de nous tient la suprême puissance. Et toutes deux, enfants de la divinité. Sont debout sur le seuil de notre clornité !...

L'envie! oh! la voilà, toujours suivant sa règh , Qui passe, jalousant l'envergure de l'aigle

Qui déploie un long vol.

Etlr; se pend ai)rès les rayons de la gloire ; Mais, quand l'amour de tous les dicte à la mémoire,

Dieu l'abat sur le sol.

Transporte-nous toujours, grand sculpteur de pensées. Dissipe le limon des haines amassées

Sous tes coups impré\"us ; •Que nous battions des mains autour de ta lumière, •Quand la routine encor jjarbotte dans rornière

D'un monde qui n'est plus !

0 merci pour l'enfant rêvant dans la mansarde, Où l'un de tes rayons bienveillamment s'attarde,

Et dans tout son éclat ; Pour cet enfant qui n'a pour trésor, pour famille, Le matin pour sourire au réveil, pauvre fdle.

Que la croix d'an soldai ;

Pour cet enfant qui n'a, sous le feu de sa lampe, •Qu'un peu de poésie oii son cœur se riUrempe

Le soir en te lisant, ■Prés du livre infernal, honte de la mémoire (1), Passeport de l'enfer, oublié suv l'armoire

Par quelque vil |)assanl 1

Adieu, reflet d'en haut, lumière qui m'élève; Le flot me ressaisit sur la stérile grève

Où je chantais aussi.

Le phalène bénit ton luth qu'en vain on souille Et tombant dans la vague, oîi son aile se mouille,

Te crie encor : Merci !

(I) Voir la note à la fin du volume.

L'HEDRE DU SUPPLICE

Noveuilifo isu.

Le jour naît; on entend ù ravirore sereine Le passant matinal qui traverse la ]ilaiue. Vn hi'uh mystérieux sort <Je l'épais taillis. Murmure autour des blés, tombe du vert treillis; S'élève de la mousse et de riierl)e mouillée ; •lase confusément au fond de la l'euillée, Parcourt les champs, les prés, les jardins, les guérets, Va de la terre au ciel et de l'onde aux forets. Quelques pauvi'es enfants, pieds nus, la main agile, Cueillent déjà les flevirs qu'ils vendront à la ville. Tandis qu'au loin leurs sœvu-s, calmes comme l'espoir, Einiettent sur la roittc un peu de leur pain noir.

— su —

Pour l'oiseau qui l'emporte avec des cris de joie

A SOS petits, cache's dans la branche qui ploie. ^

Tout se meut, tout s'anime, et parle vaguement, M

Comme un soupir du cœur, comme un cri de r<nrant. ■

C'estla mouche argente'e,ou verte, ou bleue, ou uoii'e.

Grise ou bien orangée, ici qui s'en vient boire

Les doux sucs de la plante au calice penché.

L;i-bas, le papillon, hoto de la bruyc-re,

Se frotte, tout joyeux, à la molle poussière

Des pétales d'un lys qu'il a longtemps cherché.

L'amour est sur les Heurs : toutes, fraiclies et belles,

Aspirent leurs amants comme des demoiselles.

C'est l'humble pâquerette, à l'ombre d'un chardon.

Qui meurt sous les baisers du farouche bourdon.

C'estla fille dos prés, la tulipe courbée,

Qui frémit sous les feux du brillant scarabée :

Et mouche, et scarabée, et frêle papillon

Couvent d'un œil d'amour la rose qui s'étale.

Tandis que, dans les champs, la petite cigale

Répond, mélancolique, aux plaintes du grillon.

Un peuple bourdonnant, aux frissonnantes ailes,

Sème aussi dans l'éther un foyer d'étincelles.

La Ijruyère a des voix, la forêt des concerts,

De mystérieux clianls s'éveillent par les airs.

Tout court, tout chante et rit sous le soleil qui monte.

Plein de sérénité, vers un Dieu qui nous compte!

Pendant que tout gravite autour de ion soleil, Seigiieur, où vont ces gens, cette foule qui passe, Qui dans nos carrefours se dirige et s'entasse? Seigneur, va-t-elle aux champs y jouir du réveil ?

Va-t-elle respirer la brise matinale.

Sous les lialliersen fleurs?

S'ébattre, s'égayer, loin de la capitale,

Sombre amas de douleurs?

Va-t-elle promener son long regard aviilo Sur la vigne et le grain ?

Oublier le besoin, fantôme au front livide. Précurseur de la faim?

Va-t-elle secouant l'orgueil, hideux reptile

Qui trouble la cité.

Demander à l'oiseau, gazouillant une idylle,

Des leçons de bonté?

Hélas non! la nature, éternel tabernaclf

Où tu mis ton amour.

N'attire plus ses yeux : vers un autro spectacle.

Empressée, elle accourt.

Des hommes s'agitant, des hommes de ténèbres, Avant l'aube ont poussé, l'éveillant en sursaut. Un instrument sinistre, affreux, étroit et haut. Surmonté de deux bras longs, rouges et funèbres.

Le maître, gravement, rajustant le plancher, Avait dit, soulevant panier, cordes et sangle, Faisant jouer deux fois le lourd et froid triangle : « C'est bien. •" Puis attendant s'était mis à marcher.

— Si) —

Dès qvie le jour parut dans sou éclat magique, Knibrasant tous les points de la place publique. L'instrument ehonte', vampire dévorant, Tout de rouge habille, hurla son cri de sang.

Il était accouru d'un bond, la rage au ventre, S'embusquer, vil larron, au bout du grand chemin. La veille, la justice, entre-baillant son antre, Lui cria: .^ Tiens-toi prêt, lu mangeras demain ! •'

Ainsi, ce n'était pas l'épi doré qui penche, Le vert lézard qui luit sous les buissons en fleurs. L'écureuil étourdi c[ui va de branche en branche, l'environné de geais et de merles siffleurs ;

Ainsi ce n'était pas le beau fruit mùr, la leuille, Le rameau que le vent furtif a secoué, \i les jolis oiseaux, que la charmille accueille. Ouvrant de tous côtés son flanc large et troué ;

Ainsi, ce n'était pas la terre qui s'éboule

Sous les pieds des passants, au bord du vieux ravin,

La source qui gémit, la ruine qui croule.

La Corèt qui ^'('meul dans un concert tlivin.

Non ; car voici venir la hideuse charrette Qui roule, on cahotant, au regard consterné, Ce pâle agonisant qu'on nomme condamné, Malade à qui le code ose amputer la tète.

VAUi s'avrcto, litUas 1 La IV)iil<' \oit soudain

Li! patient, penclu-' sur r^'paule du prêrre,

Monter, silencieux, à Taliattoir Immain,

"Sous l'astre éblouissant qui sourit à. chaque è(re.

I.coutez, écoutez, ù nos le|i,islateurs ! lletenez le couteau de vos exécuteurs.

Ou tue un homme ici ! Justice du pre'toire, PoTu- ({ui dois-je brûler un vers expiatoire ? De quel droit osez-vous, vous les juges d'en bas, T>egaliser la mort dans vos subtils débats, Va Ijriser au banquet, amer ou délectable, La tète d'un convive à l'angle de la table? Fout acte qui de'truit laisse après soi le deuil. Avant de l'exiler au désert du cercueil, Interrogeons la voie où s'égara son ame. l'vli! comment se fait-il, qu'étant llls de la femme. Cet homme ait tout à coup pris la nuit pour le jour. Pris le mal pour le bien, la haine pour l'amour ? D'un tel renversement étudions les causes. Suivons l'esprit humain dans ses métamorphoses, Va voyons quel destin, à l'ombre de l'erreur, A pu faire égoutter tant de fiel dans un cœvir.

Alors, j'interrogeais, dans mon humble justice, Ces chemins de Itrouillards qui mènent au supplice. Et j'ouvris le dossier de ce pauvre accusé Par des hommes heureux. Que vis-je en son passé .* TJne mansarde ; au fond, le berceau solitaire Où dormait tin enfant chélif, pâle et sans mère Qui gardât son sommeil plein de convulsions, ïl dormail là, roulé dans un tas de haillons;

Car pour gagner son pain au dehors, la nourrice D'un hôtel e'ioigue' faisait le lourd service, Et lorsqu'il s'éveillait, sur son lit froid et dur. Le soleil, promenant sa course dans l'azur, Brillait, non pour l'enfant verrouillé par prudence Sous le comble éclairé par un jour en souffrance. Et ce pauvre emplissait la chamljre de ses cris, Où déjà l'abandon aigrissait ses esprits ; Oii rien ne répondait à ses inquiétudes. Rien ! que les visions, fdles des solitudes. Pourtant, il s'élevait, mais farouche et hargneux. Quand la mère en partant lui faisait ses adieux. L'enfant ne pleurait plus ; le feu de sa prunelle Semblait être celui de quelque ange rebelle. Puis, il allait rêver dans un coin du logis, A quoi ?... Ce fut toujours le secret des lambris. Enfin quand il fut grand, de ses pieds rachitiques- Il battit le pavé de nos places publiques.

C'est là qu'il vint s'abattre ainsi qu'un jeune oiseau, Dont le nid pend défait aux fleurs du chapiteau , Sans songer, cher petit, qu'aux fanges des ruelles- Il laisserait un jour le duvet de ses ailes.

Il allait devant lui, d'un pas vif et léger, Comme beaucoup de gens ici-bas : sans songer, Lo gamin était libre. Il le croyait, sans doute, Ignorant du gendarme en ronde sur la route.

Il le connut bientôt, commettant ce délit

De vivre de la rue et d'y faire son lit

Sous un ciel froid et noir, où l'œil de la police

Le surprit dans les bras du sommeil, son complice.

N'étant pas do cpux-là pour lesquels les printemps Ont des fleurs, sans culture il atteignit vingt ans ; Et d'aucuns devinaient, à son regard atone, Qu'ils ne seraient pas doux, les fruits de son automne

Ce qui sommeille en nous avant la puberté', S'e'veilla dans son âme à la lueur des bouges Où l'orgie et l'amour, drape's de haillons rouges. Se vautrent dans la boue en toute liberté.

Sans guide, désormais, dénué de ressources. Ami des racoleurs et des coupeurs de Vjourses, Dégoûté de travail, affolé de désirs, Le vol fut l'intendant soumis à ses plaisirs.

Puis la justice un jour, et ce qui l'accompagne,

De la société l)alayant les chemins.

Dans cet égout fangevix, qui s'appelle le bagne,

Le poussa brusquement les fers aux pieds, aux mains.

Si liien que s'enfonçant dans sa route fétide,

De voleur qu'il était il devint homicide.

Et que le désespoir lui forgea le poignard

Qui dans l'ombre devait frapper un peu plus tard.

Voilà Cl- que je vis, quand l'homme, autre Saturne, Pour dévorer un fils mit le trépas dans l'urne.

Oh ! vous tous, les savants ; oh ! vous tous, les penseur.? Oh ! vous tous qui lisez dans l'alphabet des cœurs ! Vous qui savez traduire en un langage austère L'argot des penchants vils qui désolent la terre.

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