‹ Une vois d'en basChapitre 65 sur 80 · A MADEMOISELLE MARIE B · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE MARIE B

Elle VOUS ressemblait, Marie.

Dire qu'elle vous ressemblait, C'est vous dire, sans flatterie, La charmante enfant qu'elle était.

Elle se reridait à l'égb'se, A l'église de Clignancourt.

Simple en tout point était sa mise :

Rien de trop long, rien de trop court ; Ne laissant traîner après elle.

Dans son petit sentier d'azur, Pas plus d'ombre qu'une hirondelle N'en peut laisser dans un ciel pur.

— :no —

El sans soulever de poussière.

Sans e'veiller le moindre bruit.

Elle allait suivant la lumière De son cœur et de son esprit.

Même ignorant comment on nonmio.

Elle encor dans son paradis, Ce de'clîu qui s'appelle un homme Parmi les langes de Paris.

Ecoutez. Ce fut un dimanche.

Le jour où l'on va prier Dieu, .

Que Blanche (elle s'appelait Blanche) A pied se rendit au saint lieu.

Une rose à peinr- fleurie, Qu'on aurait pu nommer : Marie, Pour son e'clat, pour sa candeur.

Brillait tranquille sur son cœur.

Et toutes deuv semblaient sourire.

Fillette et fleur, c'e'tait charmant !

La fleur souriait au ze'phire, Et Blanche au ciel probablement.

Quand, à quelques pas de l'e'glise, D'un jardin que je vois encor, Apparut, porté sur la brise.

Un gracieux papillon d'or.

Dans les cheveux de Blanche il vole.

A leurs charmes il ajoutait.

Et l'insecte prit la parole Et Blanche rêveuse écoutait.

« Pour ces cheveux-là, ma mignonne^ J'ai diamants et de l'or fin ; Je puis en faire une couronne Pour ta tête de séraphin; Faire pleuvoir à tes oreilles, t)ù Ion voit un douteux corail.

Des flots de perles sans pareilles

Produits d'un merveilleux travail.

Vous êtes sage, mon clier ange ?

Toute sagesse est un tre'sor.

Contre d'autres cela s'échange,

Disait le beau papillon d'or.

Chacun vou? sait spirituelle.

Cette lumière a bien son prix.

C'est avec ça, ma toute belle.

Que l'on bat monnaie à Paris.

< )ui, c'est pour requinquer les lillcs,

Les filles de la pauvreté',

Que les fils des riches familles Viennent au monde. En ve'rite', Blanche, c'est un me'tier de dupes

Que de s'attarder à prier.

Dieu povir toi n'a pas mis des jupes

Au fond de son vieux be'nitier.

\os princesses, que diraient-elles !

Cela fait réfle'chir, sais-tu,

Si les petites demoiselles

Allaient avoir de la vertu?

La vertu n'est guère à la mode :

Au ciel elle a pris son essor.

On chante sur un autre mode

La gloire des papillons d'or

Sors de ta sainte rêverie.

Que de bouquets fleuris pour toi !

Dans les beaux jardins de la vie

Où je vais m'envoler, suis-moi ! "

il part, vole, vole et se pose

— Est-ce un de'mon? est-ce un lutin

Comme un étourdi sur la rose

Qu'alors Blanche avait à son sein.

A ce re'cit qui voudra croire ?

Ne voilà-t-il pas que la Heur

l'rëmit, se penche ol devient noire Aux yeux de Blanche et sur son cœur.

Cependant Blanche, dans l'église, Est entre'o en disant : Seigneur!

Court au be'nitier. 0 surprise !

On voit se raviver la fleur.

L'onde, source des cœurs fidèles, Jaillit sur le papillon d'or ; 11 perd son éclat et ses ailes. Même aux pieds de Blanche il se tord.

Le vitrail tout à coup scintille.

L'orgue a chanté : Gloire à la foi!...

Ce papillon, cette chenille.

Des noirs enlers c'était le roi.

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