‹ Une vois d'en basChapitre 75 sur 80 · UN VIEUX LIVRE... DEGOUT DE LA MEMOIRE · texte numérisé non relu

UN VIEUX LIVRE... DEGOUT DE LA MEMOIRE

Allusion au livre de la Pucclle. Nous admirons Voltaire, mais notre admiration s'arrête devant cette fange où le vieillard de Ferney traîna Jeanne, Jeanne à qui les Anglais, de complicité avec quelques nobles de la maison de France, ont élevé le bûcher de la barbarie.

C'était une pauvre (ille qui, à elle seule, portait dans le tabernacle de son- cœur tout l'amour et les douleurs d'une patrie que des princes ne savaient plus défendre, et qui fut deux fois martyre : martyre comme chrétienne et martjre comme patriote!

Voltaire n'a vu dans Jeanne qu'une fanatique, une folle. L'homme de la raison n'a pis svx découvrir sous la cuirasse do la vierge la grande, la noble, la sainte inspirée de la France. Les Ang'ais ne s'y trompèrent pas. Aussi se hâtèrent -ils de jeter aux flammes, comme sorcière, celle que, dans notre reconnaissance, nous nommons aujourd'hui l'aniie de notre patrie. Voltaire n'avait pas le sentiment de la nationalité : il aimait les Anglais. Il a consacré leur cruauté par une infamie, j'en suis fâché pour sa gloire. C'est une tache; mais, loin d'être un singe de génie, comme le qualifie improprement M. Victor Hugo, Voltaire est et sera toujours pour nous l'invincible inspirateur de la liberté de conscience. C'est aujourd'hui l'avis de M. Victor Hugo. On nous assure que ie grand poète a fait sa paix avec l'auteur de la Pucelle.

Ce retour ne saurait nous ctooner, M. Victor Hugo n'a-t-il pas écrit autrefois :

« Je garde les trésors des gloires de l'Empire ; je n'ai jamais souffert qu'on osât y toucher. 1840. «

On lâche l'Empire, mais on revient au singe de génie.

DE MON ECHOPPE

Sans doute, cette pièce n'est pas digne de l'illustre auteur des Mysléi'es de Paris, mais, toute médiocre qu elle est, j'ai cru devoir la conserv er à ce recueil parce qu'elle témoigne des bontés de toutes sortes dont m'honora le romancier le plus scéniqut» de notre époque.

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