‹ Une voix d'avertissement et instruction a tous les peuples ou instruction a la foi et aux doctrines de l'Eglise de Jèsus-Christ des derniers-joursChapitre 9 sur 11 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Scènes lugubres, disparaissez à jamais! De plus nobles sujets invitent la muse à prendre l'essor et à nous faire entendre de sublimes accents, tandis que des objets étraneres et nouveaux se manifestent soudain à notre vue.

Voyez ! un ang"e brillant de lumière descend des cieux ; il se dirige vers la terre, et révèle dans toute sa puissance primitive la plénitude de l'Evangile, perdu depuis des siècles.

La terre, obéissante, rend de son sein la vérité sacrée qu'elle y renfermait. A cette vue, les savants confondus prennent l'alarme ; les orgueilleux et les puissants en tremblent de terreur.

Les prêtres mercenaires font une guerre acharnée à la vérité, l'enfer frémit de rage contre elle. Mais ils seront

déçus dans leurs espérances, et vaines seront toutes leurs attaques; leur métier tombera, et avec lui tous leurs gains. Les sourds recouvreront l'ouïe; les débonnaires auront joie sur joie, et les pauvres joyeux verront cesser leur oppression.

Les ténèbres couvraient la terre, et d'épaisses ténèbres obscurcissaient l'entendement des hommes, chacun marchant dans sa propre voie et ne pensant qu'à g-agner de l'argent, dans sa sphère. Depuis longtemps le Seigneur gardait le silence, et les hommes se flattaient follement que la voie de l'inspiration ne retentirait jamais plus aux oreilles des mortels, pour les troubler et les inquiéter dans leur criminelle carrière. A peine quelques-uns, espérant la consolation d'Israël, invoquaient encore le Seigneur pour qu'il daignât faire luire enfin ce jour où l'ange volerait par le milieu du Ciel, portant l'Evangile éternel pour être prêché à tous ceux qui habitent sur la terre : quand soudain une voix se fait entendre du désert, un cri vient saluer les oreilles des mortels, un témoignage retentit au milieu d'eux, pénétrant les plus profonds replis de leurs cœurs. Aussitôt la multitude des idolâtres commence à se mettre en fureur, et les populations à s'imaginer de choses vaines. Les ministres fulminent du haut de leurs chaires et se mettent à crier : Ce sont des imposteurs, de faux prophètes, gardez-vous de cette fourberie ! Et l'homme religieux. 1 ivrogne, le blasphémateur, le savant, comme l'ignorant, saisissent ces dénonciations et les répètent sur tous les tons possibles. C'est ainsi que, d'écho en écho, ces clameurs retentissent longtemps d'un bout du pays à l'autre, au point que si quelqu'un, assez fortuné pour conserver son bon sens, se met à demander ingénument : Mais voyons, de quoi est-il question? La réponse est : Nous savons làdessus à peine quelque chose, mais apprenez que certains individus ont apparu qui, à l'exemple de Paul, parlent du ministère d'anges, d'une Révélation ou inspira-

tion nouvelle, tout comme si l'ancienne religion et la foi prêchée aux Chrétiens primitifs pouvaient refleurir sur la terre dans notre siècle éclairé. Ce qui met non seulement notre métier en dang-er, mais nos systèmes modernes de religion, tous fondés sur la sagesse et le savoir des hommes, sans inspiration directe de Dieu, en sont ébranlés ; et la grande magnificence de nos institutions religieuses, quoique faisant l'admiration du monde entier, court risque d'être méprisée. Alors tous se mettent à crier bruyamment ensemble : Grande est la sagesse de l'homme ; profonds sont les systèmes de la théologie moderne; immense est le savoir de nos prêtres sans inspiration divine, qui viennent à nous avec des discours d'une éloquence consommée, bien déterminés à n'admettre que des opinions puisées dans des livres et des croyances fabriquées par eux-mêmes, et dont les entretiens et les sermons séduisants respirent le savoir humain, discours prononcés en dehors de l'Esprit et de ses dons, car ces choses ont cessé d'exister, afin que notre foi soit fondée, non sur la puissance de Dieu, mais sur la sagesse de l'homme !

Au milieu de ces clameurs et de tous les préjugés d'un monde unanime dans son opposition, il est difficile de faire entendre raison aux hommes, relativement à l'un des plus importants sujets qui aient jamais été présentés à leur considération.

De toutes les publications qui aient jamais paru, le Livre de Mormon a été peut-être celle qui a été la moins bien comprise et la plus dénaturée par le monde en général .

L'Amérique et l'Angleterre ont été inondées, pour ainsi dire, de publications contre ce livre. Beaucoup de ces écrits ont été faits par des hommes qui n'avaient jamais vu ce livre, ou par des écrivains qui en avaient lu une page ou deux, ou qui l'avaient rapidement parcouru, avec un esprit mal disposé et avec la détermination de tout critiquer. Par quelques-uns de ces écrivains, il a été

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représenté comme un roman, par d'autres comme une nouvelle Bible, destinée à discréditer ou à remplacer la Bible. Les uns ont déclaré que c'était « un mélange de plates niaiseries », indi^^ne d'être lu; les autres que c'était l'œuvre littéraire la plus ingénieusement rédigée. Ceux-ci lui ont reproché de trop ressembler à la Bible, et de s'accorder avec elle ; ceux-là l'ont condamné pour ne pas avoir assez de ressemblance avec la Bible et ne pas s'accorder avec elle. Il a été flétri par certains fanatiques comme étant un livre corrompu, immoral et blasphématoire dans ses doctrines ; tandis que d'autres l'ont dénoncé comme exposant des principes d'une moralité d'autant plus pure, qu'ils étaient plus propres à séduire. Dans un traité de soixante pages publié contre ce livre, un ecclésiastique en particulier le condamne, comme étant « un mélange étrange àe foi et d'œiwres, de miséricorde de Dieu et d'obéissance de la créature. » Des hommes de lettres ont jugé que c'était une œuvre tout à fait ancienne dans son style, dans sa langue et dans ses matières, et portant avec elle de grandes preuves internes de son antiquité ; tandis que d'autres littérateurs ont déclaré qu'elle avait toutes les apparences de n'être qu'une production moderne. On a dit encore que ce livre ne contenait pas de prédictions bien définies sur les événements de l'avenir, événements dont l'accomplissement ou le non-accomplissement pourrait servir de preuves à ses mérites prophétiques ; d'autres au contraire ont fait de longues citations de ses prophéties les plus claires et les mieux définies, ayant trait à des circonstances sur le point de s'accomplir, et ils les ont condamnées à cause même de leur clarté.

Au milieu de toutes ces opinions contradictoires, il est maintenant de notre devoir d'exposer, avec autant de détails que cela nous est possible, ce que le Livre de Mormon est réellement.

Lorsque le Seigneur confondit les langues à la tour de Babel, il emmena de là une colonie sur le continent

occideutal, aujourd'hui connu sous le nom d'Amérique. Cette colonie, après avoir traversé l'océan sur huit bâtiments, et après avoir débarqué dans ce pays, devint par la suite une puissante nation. Ces premiers habitants occupèrent l'Amérique durant quinze cents ans. Ils furent à la fin détruits pour leurs méchancetés, environ six cents ans avant Jésus-Christ. Un prophète, du nom d'Ether, écrivit leur histoire, et la relation de leur extermination.

Ether vécut assez pour être témoin de leur entière destruction, et il déposa ses annales dans un endroit où elles furent trouvées plus tard par une colonie d'Israélites, qui vinrent de Jérusalem six cent ans avant Jésus-Christ, pour repeupler l'Amérique. Ces derniers colons étaient des descendants de la tribu de Joseph ; ils s'accrurent et multiplièrent à ce point, qu'ils finirent par donner naissance à deux puissantes nations. Le premier de ces peuples s'appela les Néphites, de Néphi, nom de leur fondateur; l'autre prit le nom de Lamanites, de Laman, qui était leur chef.

Les Lamanites devinrent un peuple dégénéré et d'une couleur rouçeâtre, dont les Indiens de l'Amérique sont les misérables restes. Les Néphites étaient un peuple éclairé et civilisé. Hautement favorisés du Seigneur, ils avaient des visions, des visites d'anges, et le don de prophétie parmi eux de siècle en siècle. Ils eurent le bonheur de recevoir la visite personnelle de Jésus-Christ après sa résurrection, et de recevoir de sa bouche les doctrines de l'Evangile, et la connaissance de l'avenir jusqu'à la fin des siècles. Mais après avoir reçu d'aussi grandes bénédictions et privilèges, ils tombèrent dans une affreuse perversité au troisième et au quatrième siècles de l'ère Chrétienne, et enfin ils furent entièrement détruits par la main des Lamanites. Ce qui eût lieu environ quatre cents ans après Jésus-Christ.

Mormon, Néphite et prophète de Dieu, vivait à cette époque. Par l'ordre du Seigneur, il fit un abrégé des

annales sacrées, qui contenaient l'histoire de ses ancêtres, les prophéties et l'Evang-ile qui avaient été révélés parmi eux ; et il y ajouta un précis de l'histoire de son temps et de la destruction de sa nation. Avant sa mort, ces annales ainsi abrég-ées vinrent dans les mains de son fils Moroni, qui les continua jusqu'à l'an 420 après Jésus-Christ. Alors il les déposa soigneusement dans la terre sur une colline qui portait à cette époque le nom de Gumorah, située dans le territoire de Manchester, comté d'Ontario, Etat de New-York, Amérique du Nord. Il fit cela pour les empêcher de tomber entre les mains des Lamanites, qui parcouraient le pays pour tueries Néphites et détruire toutes leurs annales. Elles restèrent là cachées, ou scellées, depuis l'an 420 après Jésus-Christ jusqu'au 22 septembre 1827, époque où elles furent trouvées par Joseph Smith, dirigé là par un ange du Seigneur.

Le récit suivant de la découverte et de la traduction de ces annales est extrait d'une brochure publiée en 1840 à Edimbourg-h par Orson Pratt, sous le titre de : Visions Remarquables, etc, à laquelle nous renvoyons nos lecteurs pour plus amples détails.

(( A quelle profondeur de la surface du sol ces annales furent primitivement placées, c'est ce que je ne saurais dire; mais de ce fait qu'elles étaient restées enfouies là pendant quatorze cents ans et cela sur le penchant d'une colline si escarpée, on peut en conclure que c'était seulement à une protondeur de quelques pieds, ou que la terre avait du naturellement s'affaisser, plus ou moins, durant ce laps de temps : elles avaient été déposées vers le sommet de la colline, et le sol ne s'était peut-être pas déplacé plus qu'aux deux tiers. Une autre circonstance avait dû prévenir l'affaissement du sol. Selon toute probabilité, la colline s'était couverte d'arbres, aussitôt qu'ils avaient eu le temps de croître, et les racines de ces arbres avaient dû retenir la terre. Quoiqu'il en soit, je laisse là-dessus chacun tirer sa conclusion, et faire ses

propres hypothèses. » Nous nous bornerons à dire « qu'une excavation d'une profondeur suffisante avait été faite : on avait posé au fond une pierre d'une dimension convenable, dont la surface supérieure était polie; à chaque extrémité on avait mis une grande quantité de ciment, et sur ce ciment, aux quatre extrémités de la pierre du fond, on avait élevé perpendiculairement quatre autres pierres ; leur bout inférieur reposait sur le ciment, aux bords extérieurs de la première pierre. Ces quatre dernières pierres, ainsi placées perpendiculairement avaient été disposées de manière à former une boîte, dont les coins, ou les endroits où les extrémités de ces quatres pierres se mettaient en contact, avaient été cimentés si fortement, qu'il était impossible à l'humidité du dehors de pénétrer à l'intérieur. Il est bon d'observer aussi que les surfaces intérieures de ces quatre pierres, formant la boîte, étaient unies. Cette boîte avait été faite d'une dimension suffisante pour recevoir un plastron ou cotte de mailles, armure défensive dont se servaient les anciens pour garantir la poitrine etc., des flèches et autres armes de leurs ennemis. Du fond de cette boîte, ou de la cotte de mailles, s'élevaient trois petites colonnes composées de la même espèce de ciment employé aux extrémités : et sur ces trois colonnes étaient placées ces annales. » — Cette boîte, contenant les annales, était couverte d'une autre pierre, dont la partie de dessous était plate, et celle de dessus formait saillie.

Dans la matinée du 22 septembre 1823, lorsqu'elle fut visitée pour la première fois par Joseph Smith, une partie du dessus de la pierre était visible au-dessus du sol ; tandis que les bords en étaient cachés par la terre et l'herbe. D'après cette circonstance, on peut voir, « qu'à quelque profondeur que cette boîte ait pu d'abord être placée, le temps et la pluie avaient entraîné une partie de la terre; de sorte qu'il était facile de la découvrir, en y étant conduit, mais pourtant pas assez pour

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en rendre la vue sensible aux passants. » Arrivé sur les lieux, après quelques faibles efl'orts pour retirer la terre de dessus les bords de la boîte, il put donner un coup d'œil dans l'intérieur, et il en aperçut distinctement le contenu.

Pendant qu'il considérait ce trésor sacré avec surprise cl admiration, l'ange de Dieu, qui l'avait visité auparavant, vint encore devant lui : son âme fut encore illuminée, comme elle avait été la nuit précédente; il fut remplit du Saint-Esprit ; les cieux furent ouverts, et la g-loire resplendissante du Seig-neur l'environna, et reposa sur lui. Tandis que, ravi d'admiration, il contemplait ces choses, l'ange lui dit : « Pvegarde ! » et aussitôt il vit le Prince des Ténèbres entouré de la multitude innombrable de ses associés. Comme cette vision passait devant lui, le messager céleste lui dit : « Tout ceci t'est montré, le bien et le mal, le saint et l'impur, la gloire de Dieu et la puissance des ténèbres, afin que tu aies désormais 1 a connaissance de ces deux pouvoirs, et que tu ne soies jamais influencé ni vaincu par ce maudit. Voici : tout ce qui nous attire et nous porte au bien, et à faire le bien, vient de Dieu ; et tout ce qui y est opposé, vient du Malin. C'est lui qui remplit le cœur des homme de méchanceté, qui les fait marcher dans les ténèbres et blasphémer Dieu ; et tu sauras désormais que ces voies mènent à la destruction, mais que la voie de la sainteté donne la paix et le repos. Tu ne peux, cette fois, emporter ces annales, car stricte est le commandement de Dieu ; et si jamais ces choses sacrées sont obtenues, il faut qu'elles le soient par la prière et la fidélité, et en obéissant au Seigneur. Elles n'ont pas été déposées ici dans un but de spéculation, pour amasser des richesses ni pour la gloire de ce monde. Elles ont été scellées par la prière de la foi, et à cause des connaissances qu'elles contiennent. Elle n'ont de valeur pour les enfants des hommes, qu'à cause des lumières qu'elles leur donneront. Dans ces annales se trouve la

plénitude de l'Evangile de Jésus-Christ, tel qu'il fut donné à ces peuples sur ce continent. Quand cet Evangile aura été mis en lumière par le pouvoir de Dieu, il sera apporté au Gentils, et beaucoup d'entre eux l'embrasseront. Et après, les descendants d'Israël seront ramenés dans la bergerie de leur Sauveur, en obéissant aussi à sa parole. Ceux qui gardèrent les commandements de Dieu dans ce pays, lui demandèrent cette faveur ; et par la prière de la foi ils obtinrent la promesse que, si leurs enfants venaient à transgresser et à apostasier, ces annales seraient préservées, et qu'elles parviendraient dans les derniers jours à leur descendants. Ces choses sont sacrées, et c'est en cet état qu'elles doivent être conservées ; car il faut que la promesse de Dieu, à cet égard, s'accomplisse. Nul ne peut le;s obtenir, s'il a le cœur impur, attendu que ce qu'elles contiennent est sacré... »

« Maintenant vous avez été témoin du pouvoir de Dieu, et du pouvoir de Satan ; vous avez vu qu'il n'y a rien de désirable dans les œuvres de ténèbres, qu'elles ne peuvent procurer le bonheur, et que ceux qui s'y laissent entraîner sont misérables ; vous avez vu, d'un autre côté, que les justes sont admis dans le royaume de Dieu, où d'inneffables félicités les attendent : là, ils se reposent à l'abri de l'ennemi de la vérité, et nul mal ne peut les atteindre ; couronnés de la gloire de Dieu, ils se réjouissent de sa bonté et jouissent constamment de ses regards. »

« Mais, bien que vous ayez vu une grande manifestation de ces pouvoir par lequel vous pourrez toujours découvrir les pièges du Malin, je vais néanmoins vous donner un autre signe. Et quand il se manifestera, vous saurez alors que le Seigneur est Dieu ; vous saurez qu'il accomplira ses projets, et que les lumières que contiennent ces annales, parviendront à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple sur la terre. Voici le signe ; quand ces choses commenceront à se répandre,

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c'est-à-dire dès qu'on saura que le Seigueur vous a montré ces choses, les méchants chercheront à vous perdre : ils feront courir mille mensong-es pour détruire votre réputation ; ils s'efforceront aussi de vous arracher la vie ; mais n'oubliez pas ceci, si vous êtes fidèles ; et que vous continuiez désormais à garder les commandements de Dieu, votre vie sera préservée pour que vous fassiez paraître ces annales ; car en temps opportun il vous donnera l'ordre de venir les prendre. Quand elles auront été traduites, le Seigneur donnera la sainte prêtrise à quelques hommes ; ils commenceront à prêcher cet Evangile et à baptiser dans l'eau, et recevront ensuite le pouvoir de donner le Saint-Esprit par l'imposition des mains. C'est alors que les persécutions deviendront de plus en plus furieuses ; car les iniquités des hommes seront révélées, et ceux qui ne sont point bâtis sur le Roc s'efforceront de détruire l'Eglise, w

« Mais, malgré tous les efforts que feront les méchants pour vous détruire, le bras du Seigneur s'étendra sur vous et vous sortirez vainqueurs de leurs mains, si vous gardez tous ses commandements. Votre nom sera connu parmi les nations, car l'œuvre que le Seigneur accomplira par vos mains, comblera de joie le cœur des hommes justes, et fera frémir de rage les méchants. Les uns honoreront votre mémoire, et les autres l'auront en exécration; toutefois, ces derniers seront terrifiés devoir l'œuvre grande et merveilleuse qui suivra l'avènement de la plénitude de l'Evangile. Va, maintenant, et souvienstoi de ce que le Seigneur a fait pour toi ; soit diligent à garder ses commandements, et il te délivrera des tentations, des pièges et de tous les artifices du Malin. N'oublie pas de prier, pour que ton esprit se fortifie, et afin que lorsque Satan se manifestera à toi, tu puisses échapper à tout mal et obtenir ces objets précieux. »

Nous remarquerons ici que la précédente citation est tirée d'une lettre écrite par l'Ancien Olivier Gowdery,

qui a été publiée dans un des numéros du « Messager et Avocat des Saints des Derniers Jours. »

Bien que beaucoup d'autres instructions furent données de la bouche de l'ang-e à Joseph Smith, lesquelles nous passerons ici sous silence, les traits les plus importants en sont néanmoins compris dans le récit qui précède. Pendant les quatre années suivantes, il reçut de fréquentes instructions de la bouche du messager céleste. Et, dans la matinée du 22 septembre 1827, l'ang-e du Seisrneur lui remit les annales.

Elles étaient (gravées sur des plaques métalliques qui avaient l'apparence de l'or. Chaque plaque avait environ sept à huit pouces de longueur et de largeur, et était un peu moins épaisse que le fer blanc ordinaire. Elles étaient unies de manière à former un volume comme les feuilles d'un livre, et attachées à l'un des bouts par trois anneaux qui, passant à travers, liaient le tout ensemble; elles étaient couvertes des deux côtés de gravures en caractères Egyptiens. Ce volume, dont une partie était scellée, avait environ six pouces d'épaisseur. Les caractères ou lettres sur les feuilles non scellées, étaient petits et élégamment gravés. Le livre entier présentait beaucoup de marques d'antiquité dans sa construction, ainsi qu'une grande habilité dans l'art de graver. Avec ces annales fut trctuvé « un instrument remarquable, appelé par les anciens l'Urim et Thummin, qui se composait de deux pierres transparentes comme le cristal, assujetties aux deux extrémités d'une branche en forme de petit arc. C'était un instrument dont faisaient usage, dans les temps anciens, ceux qu'on appelait voyants, et au moyen duquel ils recevaient des révélations de choses éloignées, passées ou futures. »

Sur ces entrefaites, les habitants du voisinage, informés que Joseph Smith asait eu des visions célestes et qu'il avait découvert des annales sacrées, commencèrent à se moquer de ces choses et à les tourner en dérision. Après avoir obtenu ces objets sacrés, comme il se rendit

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à la maison à travers les champs et des lieux inhabités, il fut assailli par deux bandits qui s'étaient cachés, dans le dessein de lui enlever les annales. L'un d'eux le frappa de son gourdin avant qu'il ne les aperçut ; mais, étant robuste et d'une grande taille, après beaucoup d'efforts, il parvint à leur échapper; et il se mit à courir, vivement poursuivi jusqu'à la maison de son père, quand ces hommes, craignant d'être découverts, se sauvèrent en prenant un autre chemin.

Bientôt les nouvelles de cette découverte se répandirent partout dans les environs. De faux rapports, la diffamation, les basses calomnies volèrent aussitôt comme sur les ailes du vent, dans toutes les directions. La maison fut fréquemment assiégée par des vauriens et des personnes malintentionnées. On lui tira plusieurs coups de fusil, au grand péril de sa vie. Tous les stratagèmes furent employés pour lui enlever les plaques. A la fin, voyant ses jours constamment menacés par une bande de misérables, il prit le parti de quitter le pays et de se retirer en Pensylvanie. En conséquence, après avoir emballé ses effets et placé les plaques dans un baril de fèves, il se mit en route pour son voyage. A peine étaitil parti, qu'il fut arrêté par un officier muni d'un mandat de recherche, se berçant de l'idée qu'il allait infailliblement se mettre en possession des plaques. Mais, après les recherches les plus minutieuses, il fut tristement désappointé de ne pas les trouver. Alors Joseph poursuivit son chemin ; mais, avant la fin de son voyage, il fut encore arrêté par un autre officier chargé de la même mission, qui, après avoir fouillé son chariot avec le plus grand soin, s'en fut aussi chagriné que le premier de ne pouvoir découvrir l'objet de ces recherches. Puis, sans autres vexations, il poursuivit son chemin jusqu'à la partie septentrionale de la Pensylvanie, près de la rivière Susquehannah, où résidait son beau-père.

Là, s'étant procuré une maison, il commença la traduction des annales, par le don et le pouvoir de Dieu, au

moyen de l'Urim et Thummin. Mais, comme il était un pauvre écrivain, il se vit dans la nécessité d'emprunter une main étrangère pour écrire les paroles traduites, à mesure qu'elles sortaient de sa bouche.

Sur ces entrefaites, quelques-uns des caractères originaux furent copiés et traduits avec soin par Joseph Smith. Ces caractères, ainsi que leur traduction, furent confiés à M. Martin Harris qui les porta à New-York, où ils furent présentés à M. Anthon, savant professeur, qui passait pour avoir des grandes connaissances dans plusieurs langues, anciennes et modernes. M. Anthon examina les caractères, mais il fut incapable de les déchiffrer correctement ; et il exprima l'opinion que si l'original lui était apporté, il pourrait aider à les traduire...

Mais, pour revenir à notre sujet, Joseph Smith continua l'œuvre de la traduction, autant du moins que le lui permit sa position financière, jusqu'à ce qu'il eût fini la partie non scellée des annales. Ce qu'il traduisit, porte le nom de « Livre de Mormon », et contient presque autant de matière que l' Ancien-Testament.

En vérité, dira-t-on peut-être, n'était tout ce merveilleux, ce livre serait à coup sûr considéré comme l'une des plus importantes découvertes que le monde ait jamais vues.

Si, en labourant la terre, ou en creusant un puits ou une cave, vous eussiez accidentellement déterré des archives jetant quelque jour sur l'histoire ancienne du continent américain, nous apprenant comment il avait été primitivement peuplé, et nous dévoilant l'origine des peuplades Indiennes qui l'habitent actuellement; si ces archives n'eussent pas dit un seul mot de Dieu, des An- »"es ou de Révélation, elles eussent été saluées par tous les savants de l'Europe et de l'Amérique, comme l'une des plus grandes et des plus étonnantes découvertes des temps modernes, dévoilant un mystère qui, jusqu'à ce jour, avait défié toute la sagacité du monde savant. Tous

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les journaux auraient proclamé la grande nouvelle, et le inonde entier aurait été inondé de lumière sur des questions plongées dans un océan d'incertitude et de doute. Mais qui peut s'arrêter et s'abaisser, dans ce siècle éclairé, si célèbre par son esprit religieux et son savoir, qui pourrait s'abaisser jusqu'à recevoir n'importe quoi du ministère d'anges et d'une révélation? Ah! c'en est trop; arrière ces niaiseries ; elles contrarient la science du siècle et froissent nos idées reçues.

A cela, je réponds : Le Seigneur savait cela, avant de révéler ces choses; et c'est l'objet principal qu'il avait en vue. Telle est sa manière d'agir envers les enfants des hommes, il fait toujours le contraire de ce que le monde attend de lui, et cela « pour confondre le savoir des savants, et pour anéantir l'intelligence des sages. » Il choisit des hommes de basse naissance, des gens de rien, des individus simples et ignorants, méprisés par le rnonde, pour faire son œuvre et accomplir ses projets, afin que nulle chair ne se glorifie en sa présence. Hommes superbes et pétris d'orgueil ! ô sublimes docteurs ! et vous, savants farcis de grec et de latin, vous tous qui méprisez la sagesse qui vient d'en-haut ! ne savez-vous pas qu'il est impossible aux hommes de trouver Dieu par leur propre sagesse ? Ne savez-vous pas que tout votre savoir n'est que folie devant Dieu? Ne savez-vous pas qu'il faut que vous deveniez humble comme un petit enfant, et que vous consentiez à apprendre la sagesse du dernier de ses serviteurs, sans quoi vous périrez dans votre ignorance.

Mais quelles sont les preuves fournies par les Ecritures, touchant l'avènement de cette œuvre glorieuse? Nous allons essayer de démontrer, premièrement, que l'Amérique est une terre promise aux descendants de Joseph ; secondement, que le Seigneur devait leur révéler sa loi, ainsi qu'aux Juifs ; et troisièmement, que leurs annales devaient paraître un jour et être réunies en double témoignage aux annales juives, pour opérer la

restauration de la maison d'Israël aux derniers jours.

Premièrement, en ouvrant la Genèse, nous voyons au chapitre XLVIII que Jacob, bénissant les enfants de Joseph, dit : « qu'ils deviennent une multitude au milieu de la terre. » Dans la même bénédiction, il est dit d'Ephraïm : « Sa postérité sera une multitude de nations. » Or, en réunissant le sens de ces deux phrases, nous trouvons qu'Ephraïm deviendra une multitude de nations au milieu de la terre. Nous voyons dans le 49'^''^ chapitre de la Genèse, que Jacob, en bénissant son fils Joseph, fait cette prophétie sur sa tête : « Joseph est un rameau fertile, un rameau fertile auprès d'une fontaine, dont les branches ont dépassé la muraille : les archers l'ont abreuvé d'amertume, ils ont tiré contre lui, et ils l'ont haï ; mais son arc est demeuré en sa force. » — Il dit encore : « Les bénédictions de ton père ont surpassé les bénédictions de ceux qui m'ont engendré, jusqu'aux dernières limites des collines éternelles : elles seront sur la tête de Joseph, et sur le sommet de la tête de celui qui était séparé de ses frères. »

Je demande maintenant, qui étaient les pères de Jacob, et quelle était la bénédiction qu'ils lui avaient conférée ? Abraham et Isaac étaient ses pères, et la terre de Canaan était l'héritag-e qu'ils lui avaient donné, et dont le Seigneur lui avait promis la possession. Rappelezvous que Jacob donne à Joseph une terre bien autrement considérable que celle de Canaan ; plus grande même que celle que ses pères lui avaient conférée, puisque la bénédiction doit s'étendre jusqu'aux dernières limites des collines éternelles. Or, lecteur, soyez en Egypte, où était alors Jacob, partez de là jusqu'aux dernières limites des collines éternelles, et vous irez débarquer quelque part dans la partie centrale de l'Amérique. D'un autre côté, l'un des prophètes dit en parlant d'Ephraïm : « Quand le Seigneur rugira, les enfants d'Ephraïm trembleront à l'occident. » En réunissant tout ce qui précède, quel sera le résultat du total ? Nous saurons, premiè-

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remeiit, qu'Ephraïm devait devenir une multitude de nations au milieu de la terre ; secondement, que Joseph devait recevoir un héritage extrêmement considérable, pas moins loin qu'en Amérique ; troisièmement, que ce devait être à l'ouest de l'Eg-ypte ou de Jérusalem.

Que l'on cherche d'un pôle à l'autre, et l'on ne trouvera nulle part au milieu de la terre une multitude de nations, qui puissent tirer leur orig-ine d'Ephraïm, à moins que ce ne soit en Amérique ; car le centre de toutes les autres parties du monde est habité par des races mélangées, qui sont sorties de différentes sources ; tandis qu'ici nous avons un continent presque sans limites, qui était séparé du reste du monde, et habité par une race d'hommes évidemment de la même origine, quoique divisée en une infinité de nations. Or, les Ecritures ne sauraient faillir ; donc ces Ecritures doivent s'appliquer à l'Amérique, par la meilleure des raisons, car elles ne peuvent s'appliquer à aucun autre pays du monde.

Secondement, après avoir ainsi prouvé que la situation locale de l'héritage des descendants de Joseph ou d'Ephraïm était en Amérique, il nous reste à démontrer que Dieu s'était révélé lui-même à eux. Nous n'aurons qu'à citer pour cela le prophète Osée (VIII, 12.) En parlant d'Ephraïm, il dit par l'esprit de prophétie : (( Je lui avais écrit les grandes choses de ma loi, mais elles ont été regardées comme une chose étrange. » Voilà une preuve positive, et n'ayant besoin d'aucun commentaire, que les grandes vérités du Ciel avaient été révélées à Ephraïm, et avaient été considérées par lui comme une chose étrange.

Troisièmement. Est-ce que ces annales devaient paraître à la veille même du rassemblement d'Israël ? Oui, suivant le 37"^ chapitre d'Ezéchiel, où Dieu lui commanda de prendre un bois ou rouleau et d'écrire dessus pour Juda, et pour les enfants d'Israël, ses compagnons, et de les joindre l'un à l'autre en un seul rouleau, pour qu'ils ne soient qu'un seul rouleau en sa main. « Et

quand les enfants de ton peuple, s'écrie le prophète, te demanderont et te diront : Ne nous expliqueras-tu pas ce que tu veux dire par ces choses ? Dis-leur : Ainsi a dit le Seigneur, l'Eternel : Voici je vais prendre le rouleau de Joseph, qui est dans la main d'Ephraïm, et des tribus d'Israël, ses compagnes, et je le mettrai sur celuici, savoir, sur le rouleau de Juda, et je les ferai être un seul rouleau, et ils ne seront qu'un seul rouleau dans ma main ; et les rouleaux sur lesquels tu auras écrit, seront dans ta main en leur présence. Et tu leur diras : Ainsi a dit le Seigneur l'Eternel : Voici je vais prendre les enfants d'Israël d'entre les nations où ils sont allés, et je les rassemblerai de toutes parts, et les ferai rentrer dans leurs terres. Et je ferai qu'ils seront une seule nation dans le pays, sur les montagnes d'Israël, et eux tous n'auront qu'un roi pour leur roi, et ils ne seront plus deux nations, et ne seront plus divisés en deux royaumes. »

II n'est rien au monde de plus clair que cette prophétie. Il est ici question de deux écrits l'un fait pour Ephraïm, et l'autre pour Juda : celui d'Ephraïm doit être mis au jour par le Seigneur, et réuni à l'écrit de Juda ; ils doivent ne former qu'un seul témoignage, et, ainsi réunis ensemble, augmenter de valeur pour opérer le rassemblement d'Israël. Le 85™® psaume s'exprime clairement sur ce point. En parlant de la restauration des enfants d'Israël sur leur propre terre, il dit : « La Miséricorde et la Vérité se sont rencontrées ; la Justice et la Paix se sont embrassées. La vérité sortira de la terre ; et la Justice regardera des cieux. Oui, l'Eternel donnera ce qui est bon ; et notre terre produira son fruit. La Justice marchera devant lui et elle nous conduira dans la voie de ses pas. Or le Sauveur dit, en priant pour ses disciples : « Père, sanctifie-les par ta vérité ; ta parole est la vérité. »

Ces textes nous apprennent que sa parole doit sortir de la terre, pendant que la Justice regardera du ciel. Et

ORIGINE DES INDIENS DE l'amÉRIQUE, ETC. 93

ce qui suit immédiatement, c'est la maison d'Israël, marchant dans sa voie et jouissant des fruits de la terre de son héritage. En parlant du retour définitif, et de Juda, et d'Israël, de leur longue captivité, le prophète Jérémie dit: (XXXIII, 6.) «je leur révélerai l'abondance de la paix et de la vérité. » Et Esaïe, en parlant de l'alliance éternelle qui doit les rassembler, se sert de cette expression étrange et fort remarquable : « Leur postérité sera connue parmi les Gentils, et leurs descendants parmi les peuples. » Lecteur, je le demande, y a-t-il ici bas un mortel capable de nous dire si les Indiens de l'Amérique sont de la maison d'Israël, à moins que ce ne soit par une révélation divine ? C'était donc là un mvstère caché, qu'il fallait indispensablement révéler, vers l'époque de leur rassemblement.

Telles sont les preuves que nous fournissent les Ecritures en faveur d'une œuvre, comme le Livre de Mormon, faisant son apparition au temps actuel, sans parler du chapitre XXIX du prophète Esaïe. Mais, dira-t-on, de quelle utilité est pour nous le Livre de Mormon, même en admettant son authenticité divine ? Je réponds : premièrement, il met au jour une histoire importante, inconnue aux hommes avant sa publication. Secondement, il révèle l'origine des Indiens de l'Amérique, mystère impénétrable jusqu'à ce jour. Troisièmement, il contient d importantes prophéties, non encore accomplies, qui ont un intérêt immédiat pour la présente génération. Quatrièmement, ce livre est d'une telle clarté, relativement à certains points de doctrine, que tous peuvent les comprendre, et voir d'œil à œil s'ils prennent la peine de le lire.

Mais quelle est la nature des preuves en ce qui concerne les témoins, qui ont attesté que la traduction en a été faite par l'inspiration divine ? Pour cette question, je renvoie les lecteurs à la déclaration des témoins, qui figure à la première page du Livre de Mormon. Ils trouveront là un témoignage aussi concluant, aussi positif,

qu'il soit possible d'en rencontrer dans les autres Ecritures, sur aucune des vérités que Dieu ait jamais révélées. Nous avons là le témoignag-e écrit de trois hommes, qui non-seulement attestent qu'ils ont vu et manié les plaques, mais qu'un ange de Dieu vint du ciel et leur présenta ces plaques, pendant qu'ils étaient environnés de la gloire divine ; ils y attestent que la voix du Seigneur leur parla du ciel, et leur dit que ces annales étaient vraies, qu'elles avaient été traduites par le pouvoir de Dieu, et leur commanda d'en porter témoignage à toutes les nations de la terre.

Béni-soit le Dieu de nos pères ! il a daigné visiter encore une fois son peuple, et l'aurore du salut a soudain brillé d'en-haut sur notre misérable planète. Aussitôt après la traduction de ce livre, et dès que des gens commencèrent à en porter témoignage, un ange du Seigneur, vint encore du ciel pour donner à des hommes l'autorité de prêcher l'Evangile à toute créature, et de baptiser dans l'eau pour la rémission des péchés. Et dès que d'autres hommes eurent cru à leur témoignage, et eurent reçu le baptême, le Saint-Esprit descendit sur eux par l'imposition des mains, au nom de Jésus. Les cieux furent ouverts, et tandis que les uns recevaient des visites d'anges, d'autres se mirent à parler en diverses langues, et à prophétiser. Dès cet instant, un grand nombre furent guéris par l'imposition des mains, au nom de Jésus. Et ainsi s'établit et progressa puissamment l'œuvre de Dieu. C'est ainsi qu'il s'est élevé des milliers de témoins, qui tous attestent qu'ils connaissent par eux-mêmes, et qu'ils n'ont besoin du témoignage de personne pour être assurés de la vérité de ces choses, car les signes suivent toujours les croyants. Et quand un homme, en acceptant le témoignage des témoins du Seigneur, croit à la vérité, et l'embrasse, non seulement ces signes suivent les témoins, mais ils le suivent lui-même : s'il reçoit des visites d'anges, s'il a été guéri, ou s'il guérit les autres par l'imposition des mains, au nom de Jésus, ou s'il a le don

ORIGINE DE9 INDIENS DE l'amÉRIQUE, ETC. 95

des langues, ou le don de prophétie, alors il connaît par lui-même : et ainsi s'accomplit cette parole des Ecritures : « Quiconque fera ma volonté, connaîtra si ces doctrines viennent de Dieu. » La foi vient donc de ce qu'on entend, et la connaissance s'obtient en obéissant ; mais ce qu'on entend vient de la parole de Dieu qui y est prêchée, et l'on prêche, parce qu'on est envoyé, ainsi qu'il est écrit : « Comment prêcheront-ils, à moins qu'ils ne soient envoyés ? »

Mais il y en a beaucoup qui disent : Faites un miracle, et alors nous croirons. Souvenez-vous que la foi ne vient pas des miracles, mais que les miracles viennent de la foi. Les dons n'ont pas été accordés pour faire croire les infidèles ; mais, disent les Ecritures : « Les dons sont pour l'édification de l'Eglise. » Autrement, pourquoi n'est-il pas écrit : « La foi vient des miracles ? » au lieu de : « La foi vient de ce qu'on entend. » Je tiens pour incontestable que, si un homme ou une femme vient demander un miracle pour les faire croire, ces personnes appartiennent au moins à une génération corrompue et adultère, pour ne pas dire pire ; car ceux qui s'adressent au Seigneur, avec un cœur pur, et le supplient avec foi de leur faire connaître la vérité sur ces choses, à ceux-là Dieu le révélera ; et alors ils sauront par eux-mêmes, et ils en rendront témoignage. Par l'esprit de Dieu, on distingue toujours la vérité de l'erreur, ainsi qu'il est écrit : « Mes brebis entendent ma voix. » Mais celui qui ne s'adressera pas à Jésus avec foi, ne connaîtra jamais la vérité, jusqu'à ce qu'il reconnaisse, mais trop tard, que la moisson est finie, que l'été est passé, et que son âme n'est pas sauvée.

C'est ainsi que la religion de Jésus-Christ, à l'inverse de tous les autres systèmes religieux, se démontre par son propre mérite ; et ne laissant aucune place à l'imposture, apporte avec elle la lumière et la certitude. Et maintenant, je le dis encore à tous les hommes : Venez au Père, au nom de Jésus ; bannissez vos doutes, soyez

06 Lé LiVhÉ DE moRmoN

croyants, comme aux temps anciens, et demandez avec foi tout ce dont vous aurez besoin. Demandez-lui, avec une inébranlable fermeté, de ne pas succomber à aucune tentation, et la g^râce d'obéir à ses commandements, aussitôt qu'il vous les fera connaître. Si vous faites cela, et s'il vous révèle qu'il nous a envoyés avec une nouvelle et éternelle alliance, et qu'il nous a commandé de prêcher, de baptiser, et de fonder son Eglise comme aux temps primitifs, alors marchez et obéissez à l'Evangile ; mais si vous ne le savez pas, si vous n'avez pas la conviction que c'est lui qui nous a envoyés, n'embrassez pas les doctrines que nous prêchons. Vous ferez ainsi votre propre destinée ; et vous saurez un jour, oui, dans ce grand jour où toute créature fléchira le g-enou, que c'était Dieu qui nous avait véritablement envoyés, pour tailler une dernière fois sa vigne, avec une puissante serpe.

Nous allons produire maintenant de nombreuses preuves externes et circonstancielles, tirées des antiquités Américaines, des traditions indigènes, etc.

Dans l'ouvrage de M. Boudinot, nous lisons au sujet des Indiens de l'Amérique : « On dit parmi les chefs principaux qu'il leur a été transmis par leurs ancêtres que le Livre possédé par les blancs, était autrefois en leur possession; que, dans le temps qu'ils avaient ce Livre, ils jouissaient de la plus grande prospérité, etc. Ils disent aussi que leurs pères possédaient un Esprit divin extraordinaire, par lequel ils prédisaient les événements de l'avenir, et contrôlaient le cours ordinaire de la Nature ; qu'ils transmettaient ces choses à leurs descendants, à condition qu'ils obéiraient aux lois sacrées; qu'ils pouvaient procurer, par ces moyens, les plus abondantes bénédictions à leur peuple bien-aimé ; mais que ce pouvoir a complètement cessé d'exister depuis de longues années. »

On lit dans le journal du colonel James Smith, écrit durant sa captivité parmi les indigènes : « Ils ont la tradition que, lorsque ce continent commença d'être habité,

des an^es, ou des habitants célestes, comme il les appellent, visitaient fréquemment leurs ancêtres, conversaient avec eux et leur apprenaient comment il fallait prier. »

Dans son docte livre, M. Boudinot fait cette remarque sur leur lang-ue : « Leur lang"ue, en ses racines, idiome, et construction particulière, paraît avoir tout le génie à^ l'Hébreu ; et chose remarquable et bien digne d'attirer la sérieuse attention des savants, elle a la plupart des particularités de cette langue, et spécialement celles par lesquelles elle diffère de presque toutes les langues. » Il existe une tradition, racontée par un Indien âgé, de la tribu des Stockbridges, que leurs pères avaient autrefois en leur possession « un Livre Sacré », qui leur était transmis de génération en génération ; qu'à la fin ce livre fut caché dans la terre et que depuis cette époque ils sont foulés aux pieds de leurs ennemis. Mais ces oracles doivent revenir encore dans leurs mains, et alors ils triompheront de leurs ennemis et recouvreront leurs droits et privilèges. »

Après avoir rapporté bien des traditions semblables, M. Boudinot ajoute : « Peut-on lire ce court récit des traditions Indiennes, tirées des tribus de diverses nations, disséminées de l'est à l'ouest, et du sud au nord, et totalement séparées les unes des autres, récit écrit à diverses époques éloignées, par différents auteurs les plus honorables, hommes de science et d'intégrité, ayant à leur disposition tous les moyens de s'éclairer sur cette matière, sans qu'ils pussent en aucune façon communiquer en^ semble; peut-on, dis-je, lire un tel récit, et supposer que tout cela n'est que l'effet du hasard, d'un pur accident, ou d'un plan préconçu et enfanté par l'amour du merveilleux, dans le but de tromper le public et ruiner parla leur réput^ition déjà bien établie? Peut-on considérer et comparer soigneusement et mûrement les traditions et l'état de ces nations à la situation et aux circonstances des Dix Tribus d'Israël perdues depuis tant de siècles, sans en tirer au moins quelques inductions présompti-^

ves, qui établiraient que ces indigènes errants tirent leur origine des Dix Tribus d'Israël? »

« En 1815, M. Joseph Merrick, très honorable habitant de Pittsfield, dans le Massachusetts, voulant niveler un terrain qu'il avait sous et auprès d'une vieille maison en bois, située sur un monticule nommé la Colline Indienne, il se mit à creuser le sol à une certaine profondeur et il en retira de vieux débris et de la terre. La besogne finie, en parcourant les lieux, il trouva, près de l'endroit où la terre avait été la plus profondément creusée, une pièce de cuir noir, en apparence, de six pouces de long sur un pouce et demi de large, et de l'épaisseur d'un trait de cheval. Il vit qu'elle avait à chaque bout, une bride composée d'une matière dure, qui servait probablement à la porter. L'ayant emportée à sa maison, il la jeta dans un coffre plein de vieux outils. Il la retrouva plus tard abandonnée près du seuil de sa porte, et il la remit dans le coffre. »

« Après quelque temps, ayant examiné sa trouvaille et ayant voulu la couper, il en trouva la matière dure comme de l'os. Après être parvenu à l'ouvrir, il découvrit que cet objet était fermé de deux pièces de cuir très épais, cousu et gommé, et rendu imperméable au moyen de nerfs d'un animal. Dans l'intérieur se trouvaient quatre pièces de parchemin pliées. Elles étaient d'une couleur jaune foncé et couvertes d'une sorte d'écriture. Ses voisins étant entrés chez lui pour voir cette étrange découverte, en déchirèrent une en petits fragments, comme auraient pu faire des Huns ou des Vandales. M. Merrick, ayant préservé les trois autres pièces, les envoya à Cambridge, où elles furent examinées. On découvrit que ces caractères avaient été clairement et lisiblement tracés avec la plume, en Hébreu. Les trois pièces contenaient des citations empruntées à l'Ancien-Testament. Si le lecteur a la curiosité de savoir quels étaient les passages de cette très intéressante découverte, il n'a qu'à lire les versets 4 à 9 du VI chapitre du Deutèrononie, et les versets 13 à 21

ORIGINE DES INDIENS DE l'aMÉRIQUE, ETC. 99

du chapitre XI, ainsi que les versets 11 à 16 du chapitre XIII de l'Exode. »

« On a trouvé sur les bords de la Rivière-Blanche, dans l'Arkansas, les ruines d'édifices élevés sans doute par un peuple éclairé ; édifices du genre le plus extraordinaire, soit par leurs dimensions, soit par les matériaux dont ils étaient composés. L'une de ces constructions est une muraille de terre, qui entoure une superficie de 640 acres, égales à un mille carré ; et l'on voit au centre les fondements d'un vaste édifice circulaire, ou temple. D'autres constructions encore plus étranges et plus considérables, formant les fondements d'une grande ville, dont les rues se croisent à angles droits, sont facilement reconnaissables à travers l'immense forêt. On y trouve en outre les fondements de maisons, faites de briques cuites au /eu, comme nos briques actuelles. Il y en a dans l'étendue d'un mille. »

Nous avons puisé ce qui précède dans les Antiquités Américaines, de Priest, et nous empruntons ce qui suit au même ouvrage, page 246.

Ruines de la ville d Otulum, découvertes dans l'Amérique du Nord. — Dans une lettre de M. C. S. Rafinesque, que nous avons déjà cité, à un de ses correspondants en Europe, nous trouvons ceci : — « Il y a quelques années, la Société géographique de Paris offrit une somme considérable pour un voyage à Guatemala, et pour une nouvelle exploration des antiquités du Yucatan et Chiapa, principalement celles qui sont à quinze milles de Palenque. »

« Je leur ai restitué, dit cet écrivain, leur vrai nom d'Otulum, qui est encore le nom du ruisseau qui traverse ces ruines. Elles furent explorées par le capitaine Del Rio en 1787 et en 1822, il en parut une notice en anglais. Cette relation donne la description partielle des ruines d'une ancienne cité bâtie en pierres, d'une telle dimension qu'elle n'avait pas moins de soixante-quinze milles de circonférence (25 lieues). Elle avait trente-deux milles de

long: et douze milles de large, et était remplie de palais, de monuments, de statues et d'inscriptions. L'un des centres les plus anciens de la civilisation américaine, elle égalait presque Thèbes de l'antique Egypte. »

On lit dans le Magasin &es Familles * N° 34, p. 266, année 1833, ce qui suit : « L'attention publique a été récemment éveillée relativement aux ruines d'une ancienne cité trouvée dans l'Etat de Guatemala. Il paraît qu'elles vont être explorées, et on espère trouver des objets curieux et précieux, sous le point de vue littéraire et historique. Nous considérons le moment présent comme très favorable, aujourd'hui que l'attention publique s'occupe de ces ruines, pour en donner quelques détails à nos lecteurs pendant les recherches actuelles, comme introduction aux futures découvertes. »

Voici quelques particularités sur ces ruines, que nous empruntons au capitaine Del Rio qui, comme nous l'avons dit, les explora partiellement en 1787 : — « De Palenque, dernière ville au nord, située dans la province de Ciudad Real de Chiapa, en prenant le sud-ouest et gravissant un plateau élevé, qui sépare le royaume de Guatemala du Yucatan, à une distance de six milles se trouve la petite rivière de Micol, dont les eaux coulent vers l'ouest et se jettent dans l'importante rivière de Tali j ah, qui se dirige vers la province de Tobasco. Après avoir franchi le Micol, on commence à monter; et à une demi-lieue, ou un mille-et-demi, le voyageur traverse un ruisseau nommé (Jtulum. De ce point, on découvre des masses de ruines en pierre, ce qui rend les chemins presque impraticables pendant encore une demi-lieue, après laquelle on arrive sur la hauteur où sont situés des bâtiments en pierre. Il y en a encore quatorze en un endroit, quelques-uns plus dégradés que les autres, mais ayant encore beaucoup de leurs appartements parfaitement vi-

* Il est ici question du Family Magazine, publication américaine, et non de notre Magasin dfs Familles, — Note du

\. RADUCTEUR.

Oi^IGlNE DES INDIENS DE l'aMÉRIOUE, ETC. lOi

sibles. Ces bâtiments occupent une aire rectangulaire, de quatre cent cinquante toises de longueur sur trois cents toises de largeur; ce qui fait un peu plus de quatre-vingtquatre perches de long (442 mètres 4(34) sur cinquantesix perçues de large (281 mètres 608), et donne pour circonférence totale, deux cent quatre-vingts perches (1,407 mètres 840), ou environ trois quarts de milles. Cette aire présente une surface plane à la base de la plus haute montagne, qui forme le point culminant. Au centre de cette surface unie est située la plus considérable des constructions qui aient été encore découvertes parmi ces ruines. Elle s'élève sur une eminence ou pyramide haute de vingt toises, c'est-à-dire soixante pieds ou près de quatre perches (20 mètres 112) d'élévation perpendiculaire; ce qui lui donne une apparence empreinte d'une majestueuse grandeur : on dirait d'un temple suspendu dans les airs. Ce monument est environné par d'autres édifices, savoir : cinq au nord, quatre au sud, un au sudouest et trois à l'est, en tout quatorze. »

« On aperçoit, dans toutes les directions, des débris d'autres édifices tombés en ruines, entassés le long de la montagne, qui s'étend à l'est et à l'ouest de chaque côté de ces édifices, comme s'ils formaient autrefois le grand temple destiné au culte, ou le palais d'Etat, demeure des princes et de leurs officiers, autour de laquelle était bâtie la ville. C'est là qu'on a trouvé un aqueduc souterrain en pierre, d'une très grande solidité, et qui, dans son parcours, passe dessous l'édifice le plus considérable. »

Qu'il soit bien entendu que cette ville d'Otulum, dont les ruines sont si gigantesques, se trouve dans le Nord et non pas dans le Sud de l'Amérique. Sous la même latitude que l'île de la Jamaïque, qui est à 18 degrés nord de l'Equateur, elle est située, à environ 800 milles sud de la Nouvelle-Orléans, sur le plateau le plus élevé entre l'extrémité septentrionale de la mer des Caraïbes et l'Océan-Pacifique, c'est-à-dire vers l'isthme de Darien où le continent est très étroit.

La découverte de ces iiiiries et d'un graud nombre d'autres non moins prodigieuses, dans ce même pays, commencent d'éveiller l'attention des sociétés scientifiques de l'Europe qui, jusqu'à ce jour, avaient refusé à l'Amérique de pouvoir se vanter de ses antiquités. Mais ces immenses ruines vont être explorées sous la direction de plusieurs savants, et plus tard des relations détaillées en seront sans doute données au public. On nous apprend même que deux volumes sont déjà prêts à être livrés à la presse, et cet ouvrage recevra certainement des Américains l'accueil le plus enthousiaste. *

* Depuis la publication de la Voix d'Avertissement en Amérique en 1837, l'ouvrage en deux volumes intitulé : Incidents DE Voyage, par MM. Stephens et Catherwood, est en effet venue jeter un grand jour sur les antiquités Américaines. Envoyés par le Gouvernement des Etats-Unis pour faire des explorations dans TAmérique Centrale, ces deux voyageurs, sans le vouloir et sans le savoir, ont fourni la preuve matérielle la plus concluante à l'appui de Tauthenticite divine du Livre de Mormon. Que le lecteur impartial en soit juge.

Dans ce livre sacré sont donnés les noms et les situations locales de nombreuses villes d'une vaste étendue, qui jadis étaient florissantes parmi les anciennes nations de l'Amérique. La partie septentrionale du Sud-Amérique, ainsi que TAmérique Centrale, avaient la plus nombreuse population. De spiendides édifices, des palais, des tours, des forteresses et des villes s'y élevaient dans toutes les directions. Un lecteur attentif de ce livre peut découvrir la situation et la distance de beaucoup de ces villes les unes des autres; et si les traits géographiques et l'état actuel de ces pajs lui sont familiers, il peut au moyen des descriptions données dans ce livr^, déterminer presque entièrement le point précis que ces villes occupaient autrefois. Or, chose bien digne de remarque, depuis la publication de ce livre inestimable, les ruines d'un ^rand nombre de superbes édifices, de fortifications et de cites d'une vaste étendue, ont été découvertes par MM. Stephens et Catherwood dans les solitudes intérieures de l'Amérique Centrale, dans cette région même où existaient les anciennes cités décrites dans le Livre de Mormon. Voilà, selon nous, une preuve certaine, incontestable, que le jeune traducteur illettré du Livre de Mormon était inspiré de Dieu. La traduction de Joseph Smith décrit un pays où de grandes et populeuses cités existaient anciennement, ainsi que leur situation et leur distance approximative les unes des autres. Des années après, MM Stephens et

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En 1826, un propriétaire, qui demeurait près de la ville de Cincinnati, dans la plaine, voulant avoir un uits pour son usage, fit creuser jusqu'à la profondeur e quatre-vingts pieds, sans trouver de l'eau. Mais, ayant persévéré dans son entreprise, les ouvriers se trouvèrent arrêtés par une substance qui résistait à leurs efforts, quoique évidemment ce ne fut pas de la roche. Ils déblayèrent la surface et les alentours de la terre dont cet objet était environné, lorsqu'ils virent apparaître un tronc d'arbre, de deux pieds de diamètre et de deux pieds de haut, qui avait été coupé avec une hache. Lesl coups de la hache étaient encore visibles. Cette pièce de bois avait

f)resque la couleur et l'apparence du ciiarbon, mais non a qualité friable et fusible de ce fossile. A dix pieds plus bas, l'eau jaillit, et aujourd'hui le puits se trouve constamment alimenté et très estimé.

Dans la Géographie Univeirselle de Morse, premier volume, page 142, la découverte de ce bois est confirmée en ces termes : — « En creusant un puits à Cincinnati, on a trouvé un'tronc d'arbre en bon état à quatre-vingtdix pieds de profondeur ; et en creusant un autre puits au même endroit, un autre tronc a été trouvé à une profondeur de 94 pieds, avec des marques évidentes ;jde la hache. Ce dernier avait sa tête comme si un outil de fer y avait été consumé par la rouille. »

Catherwood découvrent les ruines de quarante-quatre de ces mêmes villes, situées précisément dans le même endroit où elles sont décrites. Qui, hors le pouvoir de Dieu, aurait pu révéler d'avance ce fait inconnu, démontré plusieurs années après par une découverte réelle?

La découverte faite en Californie de splendides ruines, qui, soit par leur antiquité, soit par l'immensité de leur étendue, n'ont pas d'égales sur toute la terre, est une autre preuve externe de la divinité du Livre de Mormon. Le lecteur pourra se faire une idée de l'immensité de ces dernières ruines, par cette seule phrase de Tauteur de leur découverte : « La plu"s considérable des pyramides d'Egypte, malgré son importance, n'est même qu'un misérable jouet d'enfant, comparçe au principal monument de ce groupe de ruines gigantesques ! »

104 Le livre de mormon

Nous pourrions remplir un volume de traits semblables sur les antiquités Américaines, tous tendant à prouver que ce continent a été habité par des peuples initiés aux sciences et aux arts, bâtissant des villes, cultivant la terre, et ayant une langue écrite. Mais les citations que nous venons de faire, nous paraissent plus que suffisantes. Si un petit nombre de caractères en Hébreu, écrits sur du parchemin, ont été trouvés dans la terre en Amérique, il n'est pas plus difficile d'admettre qu'un volume tout entier, écrit sur des plaques métalliques en caractères Egyptiens ait été pareillement trouvé dans la terre en Amérique. Le fait surprenant de troncs d'arbres trouvés enfouis en terre à une profondeur de 80 à 90 pieds, aux environs de Gincinati ; de semblables découvertes en beaucoup d'autres endroits, soit dans l'Amérique du nord, soit dans l'Amérique du sud, telles que des villes englouties, et mille autres antiquités ; tout enfin tend à démontrer qu'il y a eu dans ce pays de terribles convulsions ou une révolution générale, non seulement de nations, mais de la nature tout entière. De pareilles convulsions ne sauraient être nulle part expliquées avec plus de raison et d'évidence que dans le récit suivant des extraordinaires événements qui se passèrent sur ce continent, durant le crucifiement du Messie, récit que nous empruntons au Livre de Mormon, page 411, première édition de Paris.

« Et il arriva que dans la trente-quatrième année, dans le premier mois, au quatrième jour de ce mois, il s'éleva un grand orage, tel qu'on n'en avait jamais vu dans le pays : et il y eut une forte et terrible tempête ; et il y eut d'affreux coups de tonnerre, qui secouèrent la terre comme si elle allait se fendre, et si vifs étaient les éclairs qu'on n'en avait jamais vu de semblables dans tout le pays. Et la ville de Zarahemla fut embrasée, la ville de Moroni fut engloutie dans la mer, et les habitants en furent novés ; et la terre fut soulevée jusque sur la ville de Moronihah, de sorte qu'à la place de la ville, il y eut

une grande montagne ; et il y eut une grande et terrible destruction dans le pays du sud. Mais les ravages furent encore plus horribles dans le pays du nord ; car voici, toute l'étendue de cette région fut déchirée par la tempête, par des trombes, la foudre et les éclairs, et le violent tremblement de toute la terre : les grands chemins furent détruits, et les routes abîmées, de nombreuses places unies devinrent raboteuses, et beaucoup de grandes villes notables furent englouties, et plusieurs brûlées, et d'autres furent tellement secouées que leurs constructions s'écroulèrent, et les habitants en furent écrasés, et leurs emplacements furent déserts et désolés. »

« Et quelques villes restèrent ; mais les dégâts en furent extrêmement grands, et beaucoup de leurs habitants furent tués ; d'autres enlevés par les tourbillons, sans que jamais personne sut où ils avaient été emportés ; mais on sut qu'ils avaient été emportés. Ainsi, toute la surface du pavs fut défigurée par les tempêtes, les tonnerres, les éclairs, et le tremblement de terre. Et voici, les rochers se fendirent, et ils se brisèrent sur toute l'étendue du pays, et on les trouva disséminés en fragments crevassés sur toute l'étendue du pays. »

« Et quand les tonnerres, les éclairs, la tempête et les tremblements de terre eurent cessé ; car voici, ils durèrent pendant environ trois heures ; et il y en eut qui dirent que le temps avait été plus long ; toutefois, toutes ces grandes et terribles choses durèrent environ trois heures ; et alors voici, il y eut d'épaisses ténèbres sur la surface du pays. »

« Et d'épaisses ténèbres se répandirent sur toute retendue du pays, de telle sorte que les habitants, qui n'étaient pas tombés à terre, purent sentir la vapeur des ténèbres ; et on ne put avoir aucune lumière, ni torches, ni chandelles, à cause des ténèbres ; et il était impossible d'allumer du feu même avec du bois mince et très sec, de sorte qu'on ne put s'éclairer d'aucune façon ; et pas une lumière ne parut, ni feu, ni lueur, ni le soleil, ni la Iuuq,

ni les étoiles, tant étaient épais les brouillards de ténèbres qui s'étaient répandus sur le pays. »

« Et ces ténèbres durèrent trois jours, pendant lesquels ne parut aucune lumière. Et il y eut une grande consternation, des hurlements, et des lamentations continuelles parmi le peuple ; oui, grands furent les gémissements du peuple sur ces ténèbres et sur tant d'horribles calamités. Et dans un endroit, on les entendit gémir en ces termes : Oh, si nous nous étions repentis avant ce grand et terrible jour, alors nos frères auraient été épargnés, et ils n'auraient point été brûlés dans cette grande ville de Zarahemla ! Et dans un autre endroit, on les entenditse lamenter ainsi : Oh ! pourquoi ne nous sommesnous pas repentis avant ce grand et terrible jour ; oh ! si nous n'avions pas chassé, tué et lapidé les prophètes, alors nos mères, nos belles filles, et nos enfants eurent été épargnés, et ils n'auraient pas été ensevelis dans cette grande ville de Moronihah ! et ainsi étaient déchirantes les lamentations du peuple. »

« Et une voix se fit entendre à tous les habitants sur toute l'étendue de ce pays, criant : Malheur, malheur, malheur à ce peuple ; malheur aux habitants de toute la terre, à moins qu'ils ne se repentent, car le diable^rit et ses anges se réjouissent de la mort des beaux garçons et des belles filles de mon peuple ; et c'est à cause de leurs iniquités et de leurs abominations qu'ils sont tombés. Voici, cette grande cité de Zarahemla, je l'ai détruite par le feu, ainsi que ses habitants. Et voici, cette grande cité de Moroni, je l'ai engloutie dans les abîmes de la mer, et ses habitants ont été noyés. Et voici, cette grande ville de Moronihah, je l'ai couverte de terre avec ses habitants, pour cacher leurs iniquités et leurs abominations de devant ma face, pour que le sang des prophètes et des saints ne me crie plus contre eux. Et voici, la ville de Gilgal, je l'ai renversée, et j'en ai enseveli les habitants dans les entrailles de la terre, oui, et la ville d'Onihah, ainsi que ses habitants, et la ville de Mocum et ses

ORIGINE DES INDIENS DE l'aMÉRIQUE, ETC. 107

habitants, et la ville de Jérusalem et ses habitants, et j'ai fait venir les eaux à leur place pour cacher leurs crimes et leurs abominations de devant ma face, afin que le sang" des prophètes et des saints ne crie plus vengeance contre eux. »

« Et voici, la ville de Gadiandi, et la ville de Gadiomnah, et la ville de Jacob, et la ville de Gimffimno, je les ai toutes englouties ; j'ai fait surg-ir des collines et des vallées à leur place, et j'en ai enterré les habitants dans les entrailles de la terre, pour cacher leur perversité et leurs abominations de devant ma face, afin que le sang" des prophètes et des saints ne crie plus contre eux. Et voici, cette g-rande cité de Jacubug'ath, qu'habitait le peuple du roi Jacob, je l'ai détruite par le feu, à cause de leurs péchés et de leurs crimes, qui étaient au-dessus de toutes les iniquités de la terre par leurs meurtres et leurs machinations secrètes ; car ce sont eux qui détruisirent la paix de mon peuple et le gouvernement du pays ; c'est pourquoi je les ai fait brûler pour les enlever de devant ma face, afin que le sang" des prophètes et des saints ne crie plus contre eux. Et voici, la ville de Laman et la ville de Josh, et la ville de Gad et celle de Kishkumen, je le§ ai brûlées par le feu, ainsi que leurs habitants, parce qu'ils ont chassé les prophètes, et lapidé ceux que j'avais envoyés pour leur montrer leurs méchancetés et leurs abominations ; et parce qu'ils les ont tous rejetés, jusqu'à ce qu'il n'y eut plus aucun juste parmi eux, j'ai lancé le feu et je les ai détruites, pour ôter leurs méchancetés et leurs abominations de devant ma face, afin que le sang des prophètes et des saints que je leur avais envoyés, ne criât plus de la terre^ contre eux ; et j'ai frappé ce pays et ses habitants de nombreuses et grandes calamités, à cause de leur perversité et de leurs abominations. »

« 0 vous tous qui avez été éparg-nés, parce que vous étiez plus justes qu'eux, ne voulez-vous pas maintenant revenir à moi, vous repentir de vos péchés et vous convertir, pour que je vous guérisse ? Oui, je le dis en vérité j

si VOUS voulez venir à moi, vous aurez la vie éternelle. Voici, mon bras de miséricorde est étendu vers vous ; et quiconque veut venir, je le recevrai ; et bénis sont ceux qui viennent à moi. Voici, je suis Jésus-Christ le fils de Dieu. J'ai créé les cieux et la terre, et toutes les choses qu'ils contiennent. J'étais avec le Père, dès le commencement. Je suis dans le Père, et le Père est en moi ; et en moi le Père a glorifié son nom. Je suis venu vers les miens et ils ne m'ont point reçu. Et les Ecritures touchant ma venue sont accomplies. Et à tous ceux qui m'ont reçu, je leur ai donné le pouvoir de devenir les Fils de Dieu ; et je ferai de même à tous ceux qui croiront en mon nom : car voici, par moi vient la Rédemption, et dans moi la loi de Moïse est accomplie. Je suis la lumière et la vie du monde. Je suis Alpha et Oméga, le commencement et la fin. Et vous ne m'offrirez plus l'effusion du sang; oui, vos sacrifices et vos holocaustes finiront, car jen'acceplerai aucun de vos sacrifices et aucune de vos offrandes : c'est un cœur brisé et un esprit repentant qu'il faut m'offrir en sacrifice. »

« Et quiconque viendra à moi avec un cœur brisé et un esprit repentant, je le baptiserai avec le feu et le Saint- Esprit; de même que les Lamanites, par leur foi en moi au temps de leur conversion, furent baptisés avec le feu et le Saint-Esprit; et ils ne le surent pas. Voici, je suis venu pour apporter la Rédemption au monde, pour sauver le monde du péché : c'est pourquoi, quiconque se repent et vient à moi, comme un petit enfant, celui-là je le recevrai ; car pour de tels le royaume de Dieu est destiné. Voici, pour de tels j'ai donné ma vie, et je l'ai reprise : c'est pourquoi, repentez-vous et venez à moi, bouts de la terre, et vous serez sauvés. »

« Et maintenant, voici, il arriva que tous les habitants du pays entendirent ces paroles et furent témoins de ces choses. Et après qu'ils eurent entendu ces paroles, il se fit un grand silence dans le pays durant plusieurs heures; car si grand fut i'étonnement de tous, qu'ils cessèrent de

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se lamenter et de gémir de la perte de leurs parents morts : c'est pourquoi le silence rég-na dans tout le pays pendant plusieurs heures. »

« Et une voix se fit encore entendre au peuple, et tous l'entendirent et en furent témoins; et la voix: leur dit : O vous, peuples de ces «randes villes qui sont tombées, vous, qui êtes descendants de Jacob, oui, qui êtes de la maison d'Israël, combien de fois ne vous ai-je pas rassemblés comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et je vous ai nourris. Et encore, combien de fois ne vous aurais-je pas rassemblés comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes; oui, peuples de la maison d'Israël, qui êtes tombés; oui, ô vous, peuples de la maison d'Israël, qui habitez Jérusalem, de même que ceux qui sont tombés, oui, combien de fois ne vous aurais-je rassemblé comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu. O vous, maison d'Israël que j'ai épargnée, combien de fois vous rassemblerais-je comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, si vous vouliez vous repentir et revenir à moi avec une ferme détermination. Mais si vous ne le faisiez pas, ô maison d'Israël, les places de vos demeures deviendraient désertes et désolées jusqu'au temps de l'accomplissement de mon alliance avec vos pères. »

(( Et après que les habitants du pays eurent entendu ces paroles, voici, ils recommencèrent à pleurer et à gémir, à cause de la perte de leurs parents et amis. Et les trois jours se pa.ssèrent ainsi. C'était le matin, et les ténèbres se dissipèrent de la surface du pays ; la terre cessa de trembler, les rochers de se fendre, les mugissements horribles de se faire entendre, tous les bruits tumultueux s'apaisèrent, la terre se referma et s'affermit ; le deuil, les pleurs et les lamentations du peuple, dont la v/e avait été épargnée, cessèrent; et la douleur fit place à la joie, et la louange et les actions de grâces au Seigneur Jésus-Christ, leur Rédempteur, remplacèrent les lamentations. Ainsi s'accomplirent les Ecritures annoncées par les prophètes. »

Voilà donc un récit qui nous apprend clairement et positivement quand et comment les antiquités Américaines furent ensevelies, comment des troncs d'arbre furent enfoncés à une profondeur de quatre-vingts et quatrevingt-dix pieds dans la terre, comment des villes furent englouties et abîmées, comment des montagnes disparurent et des vallées surgirent, comment des rochers se fendirent, et enfin comment ce continent changea de face dans toute son étendue et fut défiguré. Nous fermerons ce chapitre en disant à tous les hommes, si vous désirez des renseignements sur les antiquités de l'Amérique, si vous désirez obtenir des lumières historiques, prophétiques ou doctrinales de la plus haute importance, lisez attentivement le Livre de Mormon.

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