CHAPITRE V
LA RÉSURRECTION DES SAINTS, ET LA RESTAURATION DE TOUTES CHOSES ANNONCÉES PAR LES PROPHETES.
Voilà l'un des plus importants sujets que puisse contempler l'esprit humain, et il est peut-être aussi peu compris, dans ce siècle, qu'aucun de ceux qui se trouvent dans le champ prophétique. Mais quelque négligence qu'ait pour lui la génération actuelle, c'était autrefois la grande base de la foi, de l'espérance, et de la joie des saints. C'était la compréhension correcte de ces choses, et une ferme croyance en elles, qui influençaient tous leurs mouvements. Une fois que leur esprit s'était fixé là-dessus, rien au monde ne pouvait plus les ébranler ; leur foi était solide, leur joie constante, et leur espérance inébranlable atteignait jusqu'au ciel. C'était là ce qui les comblait de joie dans leurs persécutions et tribulations, dans le cirque, et jusqu'au milieu des bûchers ; c'était en vue des biens à venir, qu'ils perdaient joyeusement leurs richesses temporelles, et
qu'ils étaient errants comme des étrangers et des pèlerins sur la terre. Car ils soupiraient après un pays, une cité, et un héritage, tels qu'il n'y a que les saints pour les connaître, les comprendre, et même les désirer.
Mais nous ne pourrons jamais comprendre ce que signifie précisément le mot de restauration, à moins que nous ne sachions quels sont les biens qui ont été perdus ou enlevés. Par exemple, si nous offrons de restituer quelque chose à un homme, cela veut dire que cet homme possédait autrefois cet objet, mais qu'il l'a perdu, et que nous sommes déterminés à faire rentrer cet objet en sa possession. Ainsi, lorsqu'un prophète parle de la restauration de toutes choses, il veut dire que toutes choses ayant subi une altération, un changement, elles doivent être ramenées à leur état primitif, comme elles existaient au commencement.
Il nous est donc nécessaire d'examiner d'abord la création, telle qu'elle sortit dans toute sa pureté des mains du Créateur. Si nous pouvons découvrir dans quel état elle existait primitivement, et comprendre les altérations qu'elle a subies, alors nous serons à même de savoir ce qui doit être rétabli; et nos esprits se trouvant ainsi préparés, nous attendrons précisément les choses qui doivent arriver, et nous ne serons plus exposés à lever, dans notre ignorance, notre bras chétif pour résister à Dieu.
Examinons donc quel était l'état général de la terre, quant à son extérieur, à la place qu'elle occupait, et à ses productions.
Quand Dieu eut créé les cieux et la terre, et qu'il eut séparé la lumière des ténèbres, il adressa son premier grand commandement aux eaux. (Genèse 1, 9) « Et Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous des cieux soient rassemblées en un lieu, et que la terre sèche paraisse : et ainsi fut. » De là nous apprenons un fait merveilleux, que fort peu de gens ont su apprécier ou croire dans ce siècle, en apparence si éclairé ; nous apprenons que les
eaux, qui sont maintenant divisées en plusieurs océans, en mers, et en lacs, furent toutes réunies ensemble en un seul vaste océan; et conséquemment que la terre, aujourd'hui coupée en deux et divisée en continents, et en îles presque innombrables, ne formait alors qu'un seul immense continent, ou corps homogène non divisé.
Secondement, nous savons que le Seigneur Dieu déclare que la terre, ainsi que toutes les autres parties de la création, étaient très bonnes. De là nous apprenons qu'il n'y avait ni déserts ni solitudes frappés ae stérilité, ni marais pestilentiels, ni collines rudes et raboteuses, ni énormes montagnes couvertes de neiges éternelle ; et qu'aucune partie de la terre n'était ensevelie dans la zone {placée, de manière à en rendre le sol et le climat horribles et improductifs, sujets à des frimas éternels, où a être condamnés à une prison de glace éternelle.
Où ni les douces fleurs n'animent le paysage désolé, Ni d'abondantes moissons ne couronnent l'été.
Mais la terre entière n'était probablement qu'une immense plaine, ou bien elle était entrecoupée de légers monticules et de vallées inclinées, propres à la culture; tandis que son climat, délicieusement varié, n'éprouvait que de faibles changements de chaleur et de froid, de pluie et de temps sec, ce qui concourait à lui faire produire la plus grande variété de fruits destinés à la nourriture de l'homme, des animaux, des oiseaux, et des reptiles; pendant que la plaine fleurie, ou les bosquets aromatiques, exhalaient à chaque brise leur suave parfum, et que la création tout entière des êtres animés ne respirait que santé, joie, et harmonie.
Après cela, nous voyons dans la Genèse que (I, 29, 3o) — V Et Dieu dit : Voici, je vous ai donné toute herbe portant semence, et qui est sur toute la terre, et tout arbre qui a en soi du fruit d'arbre portant semence; ce
qui VOUS sera pour nourriture. Mais j'ai donné à toutes les bêtes de la terre, et à tous les oiseaux des cieux, et à tout ce qui se meut sur la terre, qui a vie en soi, toute herbe verte pour manger; et ainsi fut.» Ces versets nous apprenent que la terre ne produisait alors ni herbes nuisibles ni plantes vénéneuses, ni ronces ni épines; tout ce qui croissait n'était destiné qu'à la nourriture de l'homme, des bêtes, des oiseaux, et des reptiles ; et leur nourriture était entièrement végétale : la chair et le sangc" n'étaient jamais sacrifiés pour assouvir leur sensualité, ou apaiser leur faim. La plus parfaite harmonie régnait parmi toute la création animale; le lion mangeait du fourrage avec le boeuf, le loup demeurait avec l'agneau, le léopard couchait avec le chevreau, l'ours et la vache broutaient ensemble l'herbe dans les mêmes pâturages, tandis que leurs petits reposaient en toute sécurité, à l'ombre des mêmes arbres ; tout était paix et harmonie, et il n'y avait rien pour troubler ni pour nuire dans toute la sainte montagne du Seigneur.
Et pour couronner le tout, nous voyons l'homme créé, à l'image de Dieu, exalté en dignité et en puissance, régnant sur toute la vaste création des êtres animés qui fourmillaient sur la terre, nous le voyons habiter un jardin délicieux et parfaitement arrosé, au milieu duquel s'élevait l'arbre de vie auquel il avait accès. Là, il marchait en présence de son Créateur, il conversait avec lui face à face, et regardait sa gloire, sans qu'un voile en vint affaiblir les rayons. 0 lecteurs, contemplez un instant cette création magnifique, revêtue de paix et d'abondance; la terre couverte d'animaux inotïensifs, se livrant à leurs joyeux ébats ; l'espace regorgeant d'oiseaux délicieux, dont les chants incessants remplissaient les airs de leurs diverses mélodies; tous ces animaux soumis à leur souverain légitime, dont la joie se mêlait à la leur; contemplez, dans son ravissant jardin — capitale de la création, — l'homme assis sur le trône de ce vaste empire, promenant librement son sceptre souverain sur
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toute la terre; tandis que des légions d'anges s'empressaient autour de lui, et joignaient leurs voix à la sienne en chants de louanges et en cris de joie. Aucun soupir, aucun p;-émissement ne se faisait entendre dans toute l'étendue de cet empire : là pas de pleurs, pas de chagrin, ni douleur, ni peine, ni maladie ; la mort y était mconnue; là, pas de débats, pas d'effusion de sang, pas de guerre ; mais la paix la plus inaltérable, la vie, la 'oie et l'amour y régnaient partout et sans cesse. Mais, élas ! combien la scène est changée !
0 lecteur, quel affreux changement ! Cette terre, naguère si délicieuse est maintenant devenue le séjour de la douleur et du travail, du deuil et de la mort : elle ne produit plus que des ronces et des épines ; l'homme et les animaux se font la guerre ; le serpent, craignant que sa tête ne soit écrasée, fuit adroitement l'homme ; et celui-ci, au milieu de son épineux sentier, tremble de peur que le serpent ne vienne déchirer son talon. L'agneau donne son sang sur l'autel des sacrifices. Bientôt l'homme déteste, persécute, et tue son semblable ; la terre ne présente plus qu'une scène de sang et de violence ; toute chair devient corrompue, la puissance des ténèbres domine partout ; Noé regrette que Dieu ait créé l'homme, et son cœur s'afflige que le Seigneur en vienne tirer vengeance, et purifie la terre par le déluge.
Rien ne nous indique jusqu'à quel point ce cataclysme a contribué à produire les divers changements, tels que diviser la terre en fragments brisés, former les îles et les continents, les montagnes et les vallées ; ce bouleversement doit avoir été considérable. Mais après le déluge, du temps de Péleg, la terre fut divisée (Voir la Genèse X, 25.) ; relation bien courte, assurément, d'un événement si considérable. Gela néanmoins, expliquerait la puissante révolution qui chassa la mer de la place qu'elle occupait au Nord, et lui fit prendre sa position entre les différentes parties de la terre, qui dès lors furent séparées et prirent leur présente forme. Gette révolution phy-
sique, ainsi que les tremblements de terre et les convulsions qui ont eu lieu depuis, ont contribué sans doute à imprimer à notre globe sa physionomie actuelle ; tandis que les grandes malédictions dont certaines parties de la terre ont été frappées, à cause de la perversité de ses habitants, nous expliqueraient la raison d'être des marais pestilentiels, des lacs desséchés, des mers mortes, et des immenses déserts.
Témoin, par exemple, les accusations des prophètes contre Babylone ; voyez comment elle devait devenir une perpétuelle désolation, un repaire de bêtes sauvages, la demeure d'oiseaux immondes et odieux, une retraite pour les hiboux ; elle ne devait jamais plus être habitée, mais rester désolée de génération en génération. Témoin les plaines de Sodome, autrefois couvertes de cités, de villages florissants, et de jardins bien arrosés : mais ô quel changement ! ce n'est plus aujourd'hui qu'une vaste mer d'eau croupissante. Témoin encore la terre de la Palestine ; sous le règne de Salomon, elle était en état de nourrir des millions d'âmes, sans compter le blé et autres productions qu'elle échangeait avec les nations voisines; au lieu qu'elle est maintenant désolée et à peine capable de nourrir quelques misérables habitants. Et quand je jette les yeux sur notre propre pays, quand je vois nos nombreux marécages, nos lacs, nos étangs d'eau stagnante, tant d'énormes montagnes et d'innombrables lieux stériles ou désolés; quand je vois des rochers qui se sont fendus, et ont été brisés en pièces, du centre à la circonférence, je m'écrie : d'où proviennent donc toutes ces choses?
En lisant le Livre de Mormon, j'apprends que lorsque Jésus-Christ fut crucifié parmi les Juifs, le continent tout entier de l'Amérique trembla jusqu'en ses fondements, que plusieurs villes furent englouties et que les eaux surgirent à leur place : que tous les rochers se fendirent ; que des montagnes furent lancées à une extrême hauteur, et que d'autres montagnes furent transformées en vallées ; que les routes furent abîmées, et que la face du pays tout
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entier subit une complète transformation. Alors je m'écrie : pour moi désormais ces choses ne seront plus un mystère ; maintenant je sais me rendre compte des prodig-es étranges que je rencontre à chaque pas sur toute l'étendue de notre pays. Quand je traverse une chaîne de rochers, que je les vois tous fendus et brisés en pièces, tandis que d'énormes blocs se trouvent profondément enfoncés dans la terre, à quelques pas de distance d'où ils furent lancés, je m'écrie avec étonnement : voilà les soupirs, les gémissements convulsifs de la nature expirante, quand le Fils de Dieu versait son sang- sur l'arbre de la croix !
Mais les hommes ont dégénéré et grandement changé, aussi bien que la terre. Les crimes, les iniquités, et les nombreuses habitudes vicieuses des derniers siècles, ont accru les misères, les fatigues et les souffrances de la vie humaine, l'oisiveté, l'orgueil, l'avarice, l'ivrognerie, la vie désordonnée, et autres abominations qui caractérisent les derniers temps, tout a contribué à plonger le genre humain au dernier degré de la dégradation et de la misère ; tandis que d'un autre côté, les supercheries des prêtres et les fausses doctrines ont beaucoup contribué à endormir les âmes, et les ont laissées dans un état infiniment au-dessous des dons et des avantages dont jouissaient les anciens saints, bénédictions divines seules capables d'exalter la puissance intellectuelle de l'esprit humain, d'inspirer des sentiments nobles et généreux, de dilater le cœur, et de donner à l'âme tous les développements qu'elle peut comporter. Voyez les anciens conversant avec le grand Jéhova, prenant des leçons des anges, recevant des instructions du Saint-Esprit, dans la nuit par des songes, dans le jour par des visions, jusqu'à ce qu'enfin, le voile étant soulevé, il leur était permis de voir avec admiration toutes les choses passées et futures; oui, de prendre leur essor et de s'élancer parmi des globes innombrables, tandis que l'étendue immense de l'éternité s'ouvrant devant eux, ils contemplaient les
puissantes œuvres du Grand JE SUIS, jusqu'à pouvoir connaître comme ils étaient connus, et voir comme ils étaient vus.
Comparez ces lumières aux connaissances superficielles et à cette futile sagesse mondaine, qui semblent satisfaire l'esprit étroit de l'nomme dans notre génération. Voyez, en effet, cette misérable créature du dix-neuviéme siècle, à l'âme basse, esprit fourbe, vénal et calculateur, qui ne pense ici-bas qu'à augmenter sa fortune, ou à s'enrichir aux dépens de ses voisins, dont tous les exercices ou devoirs religieux consistent à aller à l'assemblée, à payer au prêtre son salaire, ou à prier son Dieu, sans jamais espérer d'en être écouté et d'en recevoir une réponse, dans la supposition que Dieu a été sourd et muet depuis plusieurs siècles, ou qu'il est devenu tout-à-fait stupide et indifférent, comme lui-même. Après avoir vu ce contraste, vous serez capable de vous faire une idée de la hauteur extrême d'où l'homme est tombé ; vous apprendrez aussi combien de nos jours il vit infiniment au-dessous de son ancienne dignité et de son ancienne gloire : votre cœur s'attristera, et votre affliction deviendra fort grande, en le contemplant dans son état d'abaissement, et surtout quand vous songerez qu'il est votre frère. Alors vous serez prêt à vous écrier avec étonnement : 0 homme, combien tu es déchu ! tu étais autrefois le favori du Ciel ; ton créateur faisait ses délices de converser avec toi, les anges et les esprits des hommes justes rendus parfaits étaient tes compagnons ; et maintenant te voilà dégradé et abaissé jusqu au niveau de la brute, oui, au-dessous même des bêtes, car elles regardent avec épouvante et horreurs tes vains amusements, tes débaucnes et ton ivrognerie, et ainsi t'offrent bien souvent un exemple digne d'être imité par toi. Oh ! que l'apôtre Pierre avait raison de dire de toi que tu ne sais rien excepté ce que tu sais naturellement comme les animaux, qui sont créés pour être pris et détruits. Ainsi tu dépéris de génération en génération. Toute la création gémit
SOUS tant de souillures ; tandis que le chagrin et le deuil, les pleurs et la mort comblent rapidement la mesure des jours de l'homme, mais, ô mon âme, détourne tes regards de ce spectacle désolant : qu'il te suffise d'avoir découvert, en une certaine mesure, ce qu'a perdu le genre humain. Tournons notre attention sur ce qui doit être restauré, d'après les Prophètes.
L'apôtre Pierre, en prêchant aux Juifs, leur dit : « Et il enverra Jésus-Christ, qui vous a été annoncé auparavant. Il faut cependant que le ciel le reçoive jusqu'au temps du rétablissement (de la restauration) de toutes choses dont Dieu a parlé, parla bouche de tous les saints prophètes, depuis le commencement du monde. » Il paraît d'après ce texte que tous les saints prophètes, y compris Adam, ont eu leurs yeux fixés sur un certain temps où toutes choses seraient restaurées dans leur état primitif de beauté et d'excellence. Nous apprenons>ussi que l'époque de cette restauration sera au temps ou vers le temps du deuxième avènement de Christ ; car les cieux doivent le recevoir jusqu'au temps de cette restauration, et alors le Père l'enverra de nouveau sur la terre.
Nous allons citer maintenant le prophète Esaïe (XL, 1-5.) « Consolez, consolez mon peuple, a dit l'Eternel. Parlez à Jérusalem selon son cœur, et criez-lui que son temps marqué est accompli, que son iniquité est acquittée, qu'elle a reçu au double, de la main de l'Eternel, la peine de tous ses péchés. La voix de celui qui crie au désert, est : Préparez le chemin de l'Eternel, dressez dans la solitude les sentiers de notre Dieu. Toute vallée sera comblée et toute montagne et tout coteau seront abaissés, et les lieux tortus seront redressés, et les lieux raboteux seront aplanis. Alors la gloire de l'Eternel sera révélée, et toute chair la verra en même temps ; car la bouche de l'Eternel a parlé. »
Ces versets nous apprennent d'abord qu'une voix se fera entendre dans le désert, pour préparer le chemin au Seigneur, à l'époque précise où Jérusalem, ayant été
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foulée assez long-temps par les Gentils, recevra de la main de l'Eternel le double pour tous ses péchés ; oui, quand le temps marqué de Jérusalem sera accompli, et que ses iniquités lui seront pardonnées, alors se fera cette proclamation, comme le fut celle de Jean, oui, une deuxième proclamation pour préparer le chemin au Seigneur, pour son deuxième avènement. Vers cette époque, toute vallée sera élevée, toute montagne et tout coteau seront abaissés, les lieux tortus seront redressés, et les lieux raboteux seront aplanis ; alors la gloire de l'Eternel sera révélée, et toute chair la verra en même temps, car la bouche de l'Eternel a parlé.
Ainsi, vous le voyez, toute montagne ayant été abaissée et toute vallée élevée, les lieux tortus ayant été redressés et les lieux raboteux aplanis, ces puissantes révolutions commenceront à rendre à la face de la terre sa beauté primitive. Mais cela fait, l'œuvre de la restauration sera loin d'être complète, il restera beaucoup à faire encore pour rétablir toutes choses.
Parcourons le 35"^^ chapitre d'Esaïe. Il est encore parlé Icà du deuxième avènement du Seigneur, et des puissantes œuvres qui l'accompagnent. Les lieux arides se transformeront en étangs, et du sein des déserts jailliront des sources d'eaux vives ; ils produiront des fleurs et de la verdure et fleuriront comme la rose ; et cela, vers le temps de la venue de leur Dieu avec la vengeance et la rétribution, évidente allusion au deuxième avènement du Messie. En même temps, les enfants d'Israël viendront en Sion avec chants de triomphe ; pour eux, plus de douleur, plus de gémissements, car éternelle sera leur allégresse. Nous voyons là que la malédiction ayant été levée de dessus les déserts, ils deviennent des campagnes bien arrosées et productives.
Et les îles, seront-elles rendues aux continents d'où elles furent séparées? Pour cette question, nous vous renvoyons à l'Apocalypse (VI, 14.) « Et toutes les montagnes et toutes les îles furent otées de leurs places. »
Ce passage nous apprend que les îles seront transportées quelque part. Or, comme c'est le temps de restaurer ce qui avait été perdu, elles retourneront et se réuniront aux continents d'où elles seront venues.
Nous citerons ensuite les versets 13 et 14 du XlIJf"® chapitre d'Esaïe, où il est dit que « la terre sera ébranlée de sa place, et sera comme un chevreuil qui est chassé, que personne ne retire. » Puis, le verset 4 du LXII™« chapitre, où il est écrit : « On ne te nommera plus la répudiée, et on ne nommera plus la terre désolée ; mais on t'appellera : Ma bonne volonté en elle ; et la terre, la mariée, car l'Eternel mettra son affection en toi, et la terre sera mariée. »
Ici nous avons en premier lieu la terre ébranlée comme un chevreuil, qui est chassé ; ensuite, nous voyons qu'elle est mariée. De tout cela, ainsi que d'autres Ecritures, nous apprenons que les continents et les îles se réuniront ensemble, comme ils l'étaient au matin de la création, et que la mer reprendra la même place qu'elle occupait auparavant. Tous ces événements s'accompliront au milieu des plus grandes convulsions de la nature, vers le temps de la venue du Seigneur.
Voici la montagne des Oliviers se fend en deux au moment qu'il pose de nouveau son pied sur son .sommet. Les îles obéissant à sa voix, s'enfuient ; et l'Océan reprend sa place au nord. Il réunit toute la terre en un seul continent, comme elle était autrefois. Il la délivre de sa malédiction et lui rend toute sa vigueur et sa virginité primitives.
Après avoir rendu à la terre l'état glorieux qu'elle avait à sa création, en abaissant les montagnes, élevant les vallées, aplanissant les lieux raboteux, rendant au désert leur fertilité, réunissant ensemble les îles et les continents, et délivrant notre planète de sa malédiction pour qu'elle ne produise plus ni plantes nuisibles, ni ronces, ni épines ; l'œuvre suivante du Seigneur sera de rendre à la création animale son état primitif de paix et de gloire, en faisant que toute cause d'inimitié disparaisse
de la terre. Mais cela ne pourra jamais être, tant que le genre humain n'aura point été frappé d'une destruction g-énèrale, qui purifie entièrement la terre et la délivre de toute espèce d'iniquité. Ce qui s'exécutera par la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres ; ou, en d'autres termes, au moyen d'un feu universel comme le déluge. Esaïe nous dit (XI, 4-9.) « Mais il jugera les pauvres avec justice, et il condamnera avec droiture, pour maintenir les débonnaires de la terre ; et il frappera la terre de la verge de sa bouche, et fera mourir le méchant par le souffle de ses lèvres. Le loup habitera avec l'agneau, et le léopard gîtera avec le chevreau ; le veau, le lionceau et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, et un enfant les conduira. La vache paîtra avec l'ours, leurs petits gîteront ensemble, et le lion mangera du fourrage comme le bœuf. L'enfant qui tette s'ébattra sur le trou de l'aspic, et l'enfant qu'on sèvre mettra la main au trou du basilic. On ne nuira point, et on ne fera aucun dommage à personne dans toute la montagne de ma sainteté : car la terre sera remplie de la connaissance de Dieu, comme le fond de la mer des eaux qui le couvrent. »
Après avoir ainsi purifié la terre, et l'avoir remplie de la connaissance de Dieu comme les eaux couvrent le fond de la mer ; après avoir répandu son esprit sur toute chair, les hommes et les bêtes deviennent tous parfaitement inoftensifs, comme ils l'étaient au commencement; leur nourriture est purement végétale; et il ne reste plus rien qui soit susceptible de nuire ou de donner la mort dans toute l'étendue de la création. Les prophètes nous font plusieurs glorieuses descriptions des félicités dont jouit alors la famille humaine. « Ils bâtiront des maisons, et ils les habiteront; ils planteront des vignes, et ils en boiront le vin; ils feront des jardins, et ils en mangeront le fruit. Ils ne bâtiront plus de maisons pour qu'un autre les habite ; ils ne sèmeront plus pour qu'un autre en ait la récolte, car les jours de mon peuple égaleront les jours des arbres, et mes élus jouiront longtemps du travail de
leurs mains. Ils ne travailleront plus en vain, et ils ne produiront plus dans la peine ; car ils seront la postérité des bénis du Seig^neur, et leurs descendants le seront avec eux. Et il arrivera qu'avant qu'ils crient je les exaucerai, et lorsqu'ils parleront encore je les aurai déjà entendus. »
Durant cette heureuse époque de l'existence humaine, il paraît que tous les hommes vivront sur la terre aussi longtemps qu'un arbre, et cela sans douleur ni chagrin ; tout ce qu'ils demanderont, ils l'obtiendront immédiatement, et tous leurs besoins seront même prévenus. Et alors, sans doute, aucun d'eux ne dormira plus dans la poussière, car tous aimeront mieux être transmués, c'est-à-dire changer en un clin-d'œil leur état de mortalité en celui d'immortalité ; après quoi, ils continueront à régner avec Jésus-Christ sur la terre.
Nous venons d'examiner les prophéties à travers les diverses transformations qui contribueront à rendre à la terre et à ses habitants, cet état de perfection qu'ils avaient primitivement, et dans lequel ils existeront durant le g-rand sabbat de la création. Après avoir vu la restauration de toutes choses parmi les vivants, nous rechercherons quel sera le sort de ceux qui dorment dans la poussière. Mais, afin de bien comprendre la nature de leur restauration, nous devons nous rendre compte des particularités qui signalèrent la résurrection de Jésus- Christ ; car il fut un parfait modèle d'après lequel tous ses saints seront ressuscites.
Premièrement, nous nous rappelons qu'il était revêtu de chair, d'os et de sang", comme un autre homme, et qu'il était de toutes les manières assujetti à la faim, à la soif, à la douleur, à la fatig-ue, à la maladie et à la mort, comme toute autre personne, avec cette différence qu'il était capable d'endurer davantag-e qu'aucun autre corps humain. Secondement, ce même corps fut suspendu à la croix, percé avec des clous qui furent enfoncés dans ses mains et dans ses pieds, et son côté fut percé d'un coup de lance, d'où il sortit de l'eau et du sang". Troisième-
ment, ce même corps, entièrement privé de vie, comme tout autre cadavre, fut pris sans qu'il y eut un os de brisé ; il fut soigneusement enveloppé de linges et mis dans un sépulcre, où il resta jusqu'au troisième jour ; quand, de grand matin, les femmes étant venues au sépulcre, ainsi que ses disciples, ils trouvèrent les linges par terre, et celui qu]on lui avait mis sur la tête soigneusement plié et mis à part ; mais le corps qui avait reposé là n'y était plus. D'après toutes ces circonstances, nous découvrons que la même chair et les mêmes os qui avaient été mis dans le sépulcre furent réellement ranimés, qu'ils ressuscitèrent et laissèrent de côté les linges comme n'étant plus nécessaires. — Et Jésus-Christ sortit triomphant du séjour des morts, ayant ce même corps qui était né d'une femme, et qui avait été crucifié. Mais aucun sang ne coulait plus dans ses veines, car le sang est la vie naturelle, dans laquelle réside les principes de la mortalité ; or un homme rendu à la chair et au sang serait mortel, et par conséquent sujet à la mort. Ce qui n'était pas le cas avec notre Sauveur, bien qu'il eût sa chair et ses os après sa résurrection ; en effet, lorsqu'il apparut à ses disciples, et qu'ils furent saisis de frayeur dans leur supposition que ce n'était qu'un esprit, il leur dit pour leur montrer leur erreur : « Touchez-moi et regardez-moi, car un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai. » Alors demandant quelque chose à manger, on lui présenta un morceau de poisson rôti et un rayon de miel, et il en mangea. Et même plus tard il invita Thomas à mettre son doigt sur les plaies des clous, à ses mains et à ses pieds, et à mettre sa main sur son côté ; preuve évidente qu'il avait non-seulement le même corps, mais que ses blessures conservaient la même empreinte pour servir de témoignage, et qu'elles la conserveraient jusqu'à son retour, quand les Juifs, regardant celui qu'ils auront percé, lui demanderont : « Quelles sont ces plaies à tes mains et à tes pieds ? »
O vous, hommes endurcis, vous, impies ! vos yeux verront bientôt celui qui a été crucifié pour vos péchés.
Alors VOUS reconnaîtrez que la résurrection des morts est une réalité, quelque chose de palpable, et que l'éternité n'est pas un pays habité par des ombres, ni un monde de fantômes, comme quelques-uns se l'imag'inent.
Entr'autres choses que fit Jésus après sa résurrection, nous le trouvons dans l'humble attitude de rôtir du poisson, et d'appeler ses disciples pour venir le mang-er. Touchante simplicité ! quel amour, quelle affabilité ! Cieux, applaudissez! toi, terre, sois dans l'admiration ! Contemple le Rédempteur revêtu d'immortalité, assis avec ses frères, en plein air, auprès d'un feu de charbon, partageant humblement un repas de poisson, que ses propres mains avaient préparé ! 0, vous, nobles et puissants de la terre, qui étalez tant de luxe et d'affectation ! Vous, prêtres, chargés d'honneurs, de titres, de dig-nités, de richesses, et des somptuosités de ce monde, voilà pour vous une leçon qui vous fera rougir : ah ! ne vous targuez plus désormais d'être les disciples de l'humble et débonnaire Jésus !
Pour en revenir à la résurrection, après avoir démontré jusqu'à la dernière évidence que notre Sauveur ressuscita des morts, avec le même corps qui fut crucifié, en possession de sa chair et de ses os, mangeant et buvant avec ses disciples, cela seul tranche à jamais la question touchant la résurrection des saints. Mais s'il était besoin d'une autre preuve, nous la trouverions dans une prophétie de Job, déjà" mentionnée dans cet ouvrage, où il déclare que son Rédempteur paraîtra sur la terre au dernier jour, que lui, Job, le verra dans la chair, bien que les vers aient dévoré le corps qu'il avait alors. Le fait est que les saints recevront de nouveau leurs corps, chaque jointure, chaque articulation dans leur structure propre et parfaite, corps revêtus de chair, de nerfs et de peau, tels que nous les avons actuellement ; mais corps devenus immortels, qui ne subiront jamais plus la corruption, et ornés d'une robe blanche de fin lin, appropriée à l'état d'immortalité. Oh ! que l'apôtre avait raison de
dire : « Dans le ciel nous avons une plus solide substance » (et non pas une ombre).
Mais pour jeter encore plus de lumière sur ce sujet, nous allons examiner attentivement le 37™^ chapitre d'Ezéchiel, où nous avons déjà puisé des textes. Dans cette vision, le prophète est ravi en esprit, et une vallée couverte d'ossements humains se présente à sa vue ; il y en avait une grande quantité, et ils étaient fort secs. Debout et absorbé dans ses pensées, il était là à contempler ce douloureux spectacle, quand la plus étrange question lui fut posée : « Fils de l'homme, ces os-ci pourraient-ils bien revivre? » Et il répondit : « Seig-neur Eternel, tu le sais. » Et le Seigneur lui dit : « Fils de l'homme, prophétise sur ces os-ci et dis-leur : Vous, os qui êtes secs, écoutez la parole de l'Eternel. » Il prophétisa, selon l'ordre qu'il en avait reçu ; et à mesure qu'il prophétisait, il se fit un grand bruit, puis un tremblement, et ces os s'approchèrent les uns des autres, os à os, et il se forma des nerfs sur eux, et la peau s'y étendit par-dessus. Il prophétisa de nouveau, en s'adressant à l'Esprit en ces termes : « Esprit viens des quatre vents, et souffle sur ces tués, et qu'ils revivent. » Et l'esprit entra en eux, ils revécurent et se tinrent sur leurs pieds, et ils faisaient une fort grande armée.
Nous avons entendu faire bien des commentaires sur cette vision. Les uns comparent ces morts aux pécheurs sur le point de se convertir, les autres au corps de Christ, ou à l'Eglise, lorsqu'elle est morte, quant aux dons spirituels. Mais lorsque l'Eglise meurt, on ne peut plus dire d'elle qu'elle est le corps de Christ, puisque, tant qu'elle est fidèle à la vraie doctrine, elle vit, porte du fruit, et par conséquent ne meurt pas ; mais quand elle s'écarte des préceptes du divin Maître, alors elle est retranchée comme une branche morte qu'on jette au feu, au lieu d'être ressuscitée.
Mais n'avez-vous jamais entendu l'explication que Dieu fait lui-même de cette vision, dans ce môme chapitre ? Elle excelle tellement tous les autres commentai-
res, que je penche à y croire. Je vais donc transcrire celle-là de préférence à toute autre, au grand risque de devenir impopulaire, en le faisant.
Le Seigneur dit : « Fils de l'homme, ces os sont toute la maison d'Israël. Voici, et ils disent : Nos os sont devenus secs, et notre espérance est perdue; c'en est fait de nous. C'est pourquoi prophétise, et dis-leur : Ainsi a dit le Seigneur l'Eternel : Mon peuple, voici, je vais ouvrir vos sépulcres, et je vous tirerai hors de vos sépulcres, et vous ferai rentrer dans la terre d'Israël : et vous saurez, ô mon peuple que je suis l'Eternel, quand j'aurai ouvert vos sépulcres, et que je vous aurai tirés hors de vos sépulcres. Et je mettrai mon Esprit en vous, et vous revivrez, et je vous poserai sur votre terre. Alors vous saurez que moi, qui suis l'Eternel, aurai parlé, et que je l'aurai fait, dit l'Eternel. »
Lecteur, toute la vision vient de vous être clairement révélée, si toutefois l'autorité de Dieu est admise, ce qui est rarement le cas, dans ce siècle plein de sagesse et de savoir. Le fait est que tous les descendants de la maison d'Israël ressusciteront des morts et seront ramenés sur la terre d'Israël, qui leur avait été donnée comme un héritage éternel. Pour cela faire, les vieux os secs seront réunis ensemble, os à os, et chaque partie de leur corps sera rétablie à sa propre place ; ce qui produira un grand bruit et un prodigieux tremblement, quand tous ces ossements seront ainsi rajustés ensemble. Et en vérité, quand ils s^ tiendront tous debout sur leurs pieds, ils formeront une armée extrêmement considérable.
C'est là justement ce qui explique cette promesse, si souvent répétée dans les Ecritures : Mon serviteur David sera leur prince à jamais. Et en vérité, dans ce même chapitre la promesse leur est faite que son serviteur David ressuscitera des morts pour régner sur eux; que tous les Hébreux, tant ceux qui seront vivants, que ceux qui seront morts, seront rétablis et deviendront une seule nation sur leur terre, ou sur les montaarne.s,
tl'Israël. C'est alors que David viendra pour régner comme prince et pasteur sur eux tous à jamais, et que le Seigneur-Jésus régnera glorieusement devant ses anciens, sur la montagne de Sion à Jérusalem, comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs.
Attente sainte! glorieuse journée! mon âme bondit de joie en songeant que sur cette terre, alors fortunée et à jamais délivrée de la douleur et de la mort, nous serrerons dans nos bras les anciens saints, et que, plein d'amour et d'allégresse, nous y salueront la jf ouïe de nos amis.
Maintenant je ne suis plus surpris, quand je me rappelle qu'Abraham se considérait lui-même comme un étranger et un pèlerin, cherchant un meilleur pays, et une cité dont Dieu était le créateur et l'architecte. Il semble qu'après cette restauration, il n'y aura plus qu'un changement nécessaire, pour rendre la terre propre à être le séjour éternel de l'homme. Ce changement aura lieu au dernier jour, après que les hommes auront joui de la paix durant mille ans. Voilà le grand secret que nous avons découvert, secret que les vsaints ont connu, et qu'ils ont bien compris durant tous les siècles, à savoir : que l'homme résidera dans la chair sur la terre avec le Messie, avec toute la maison d'Israël, et avec tous les saints du Très-Haut non-seulement pendant le règne des mille ans, mais aux siècles des siècles. C'est sur notre globe que notre père Adam, aux cheveux blancs comme la plus fine laine, trônera dans sa majesté, comme l'ancien des jours, le grand patriarche, et le puissant prince ; des mille milliers le serviront, et dix mille millions se tiendront devant lui. C'est là qu'il saluera ses enfants, tous ceux qui seront morts dans la foi du Messie ! c'est alors qu'Abel, Enoch, Noé, Abraham, Job, et Daniel, ainsi que tous les anciens prophètes et apôtres, et tous les saints de Dieu dans tous les siècles, se féliciteront mutuellement dans la chair; tandis que, pour couronner le tout, Jésus, notre souverain Rédempteur, debout au milieu de ses élus tous revêtus d'une robe d'une éclatante
blancheur, se ceindra les reins et administrera le pain et le vin à toute la multitude, et en prendra lui-môme avec elle. Ce sera la célébration des noces de l'Ag-neau. Heureux et bénis seront ceux qui y prendront part !
Après nos recherches sur la grande restauration de la terre; après avoir laissé ses habitants en pleine possession des promesses faites à leurs pères ; et après avoir appris que la future destinée de l'homme n'est pas un état chimérique ni un pays peuplé de fantômes, mais une existence, une org'anisation sensible, bien supérieure à la présente, nous examinerons quelle sera la division des terres données aux tribus d'Israël, et comment sera bâtie leur ville, la sainte cité où seront placés à jamais le tabernacle et le sanctuaire de Dieu, cette cité après laquelle soupirèrent Abraham et tant d'autres, mais qu'ils ne purent trouver.
Cette description est donnée dans le dernier chapitre d'Ezéchiel, où il divise la terre, par lots, à toute la maison d'Israël, et où il donne les dimensions de la ville sainte, ayant au centre le sanctuaire, douze portes, trois sur chaque côté, le tout formant quatre grandes divisions. Dans le 47® chapitre nous avons la description d'une belle rivière qui sortira de la façade orientale du temple, de dessous le sanctuaire, et se dirig-eant vers l'est, ira se jeter dans la mer morte dont elle assainira les eaux ; elle produira une fort grande quantité de poissons, à tel point que depuis Heng-uédi jusqu'à Hen-Héglajim les pécheurs étendront partout leurs filets ; et les lieux bourbeux et marécageux de cette mer ne seront point assainis, mais réservés pour faire du sel. Sur les deux bords de la rivière, il croîtra des arbres fruitiers de toute espèce, dont le feuillage ne flétrira point, et où l'on trouvera toujours du fruit : dans tous les mois ils produiront des fruits hâtifs, parce que ces eaux sortiront du sanctuaire ; et leur fruit sera bon à manger, et leur feuillage servira pour guérir.
Mais pour avoir de plus amples détails sur la construction de cette ville et sur les matériaux qui seront
employés, consultons le 54"'*^ chapitre d'Esaïe depuis le verset 11 jusqu'à la fin, « 0 toi, affligée, battue de la tempête, destituée de consolation ! voici, je vais mettre des escarboucles pour tes pierres, et je te fonderai sur des saphirs. Et je ferai tes fenêtres d'agathes, et tes portes seront de pierres de rubis, et toute ton enceinte de pierres précieuses. Tous tes enfants seront enseig-nés de l'Eternel, et grande sera la paix de tes fils. Tu seras affermie dans la justice ; tu seras loin de l'oppression ; tu ne craindras rien et tu seras sans frayeur ; car elle n'approchera point de toi. Voici, on se réunira certainement contre toi, mais ce ne sera pas par moi ; mais quiconque marchera contre toi, tombera. Voici, c'est moi qui ait créé le forgeron qui souffle le charbon au feu, et qui forme les instruments pour son ouvrage ; et c'est moi qui ai créé le destructeur pour détruire. Aucune arme forgée contre toi ne réussira ; et tu condamneras toute langue qui se sera élevée contre toi en jugement. C'est là 1 héritage des serviteurs de l'Eternel ; et leur justice vient de moi, dit l'Eternel ».
Ces versets nous apprennent quelque chose de la ma-
fnificence de la cité, et des matériaux dont elle sera àtie ; ses pierres seront des escarboucles ; ses fondements, de saphirs ; ses fenêtres, d'agates ; ses portes, de rubis ; et toute son enceinte de pierres précieuses. La réunion de tant de riches trésors sera bien propre à orner le lieu de son sanctuaire, à embellir la place de ses pieds, comme aussi à jeter un éclat, à donner un air de splendeur à la cité tout entière, dont les Gentils, avec toute leur «-randeur et leurs richesses, ne peuvent pas même se faire une faible idée. La même description, pour faire ressortir les vastes connaissances, ainsi que la paix et la sécurité dont jouiront ses habitants, ajoute que tous ceux qui se coaliseront pour leur faire la guerre, seront assurés de périr. C'est bien là réellement l'héritage des serviteurs de Dieu ; c'est bien là vraiment une cité délicieuse, bien digne d'un pèlerinage tel que celui d'Abraham. Mais pour nous faire une idée encore plus élevée delà
prospérité, de la richesse, de la beauté, et de la mag-nificence des cités de Sion et de Jérusalem, nous citerons le 60""^ chapitre d'Esaïe : .
« Lève-toi, sois illuminée ; car ta lumière est venue, et la g-loire de l'Eternel est levée sur toi. Car, voici, les ténèbres couvriront la terre, et l'obscurité couvrira les peuples : mais l'Eternel se lèvera sur toi, et sa gloire paraîtra sur toi. Et les Gentils marcheront à ta lumière, et les rois à la splendeur qui se lèvera sur toi. Elève tes yeux et regarde tout autour ; tous ceux que tu vois se sont assemblés, ils sont venus à toi : tes fils viendront de loin, et tes filles seront nourries à tes côtés. Alors tu verras, et tu seras éclairée, et ton cœur s'étonnera et s'épanouira de joie, lorsque l'abondance de la mer se tournera vers toi, et que la puissance des Gentils viendra à toi. Une foule de chameaux te couvrira ; les dromadaires de Madian et de Hépha, et tous ceux de Scéba viendront : ils apporteront de l'or et de l'encens, et publieront les louanges de l'Eternel. Tous les troupeaux de Kédar seront assemblés vers toi ; les moutons de Nébajoth seront employés à ton service ; ils seront agréables, étant offerts sur mon autel : et je rendrai magnifique la maison de ma gloire. Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées, et comme des pigeons à leurs colombiers ? Assurément, les îles t'attendront, et les navires de Tarscis les premiers, pour amener tes fils des pays éloignés avec leur arg-ent et leur or, pour le nom de l'Eternel ton Dieu, et du ^aint d'Israël qui t'aura glorifié. Et les fils des étrangers bâtiront tes murailles, et leurs rois seront employés à leur service : car je t'ai frappée dans ma colère, mais j'ai eu pitié de toi dans ma bienveillance. Tes portes seront continuellement ouvertes, elles ne seront fermées ni nuit ni jour, afin qu'on t'apporte les richesses des Gentils, et que leurs rois y soient conduits. Car la nation et le royaume qui ne te serviront point, périront ; même ces nations-là seront réduites à une entière désolation. La gloire du Liban viendra à toi ; le sapin, l'orme et le buis serviront ensemble à parer le lieu de mon
sanctuaire ; et je rendrai glorieuse la place de mes pieds. Même, les enfants de ceux qui t'auront afflig-ée viendront vers toi en se courbant ; et tous ceux qui te méprisaient se prosterneront à la plante de tes pieds, et t'appelleront : la ville du Seigneur, la Sion du Saint d'Israël. »
a Au lieu que tu as été abandonnée et haïe, tellement que personne ne passait plus vers toi, je te mettrai dans une élévation éternelle, et dans une joie qui durera de génération en génération. Et tu suceras le lait des nations, et tu suceras la mamelle des rois, et tu sauras que je suis l'Eternel, ton Sauveur et ton Rédempteur, le Puissant de Jacob. Je ferai venir de l'or au lieu d'airain, et je ferai venir de l'argent au lieu de fer, et de l'airain au lieu de bois, et du fer au lieu de pierres ; et je ferai que la paix régnera sur toi, et la justice te gouvernera. On n'entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de dégât, ni d'oppression dans ton enceinte : mais tu appelleras tes murailles. Salut, et tes portes, Louange. Tu n auras plus le soleil pour la lumière du jour, et la lueur de la lune ne t'éclairera plus ; mais l'Eternel sera pour .toi une lumière éternelle, et ton Dieu sera ta gloire. Ton soleil ne se couchera plus, et ta lune ne se retirera plus ; car l'Eternel sera pour toi une lumière perpétuelle, et les jours de ton deuil seront finis. Et ceux de ton peuple seront tous justes ; ils posséderont éternellement la terre ; ils seront le rejeton que j'ai planté, et l'ouvrage de mes mains dans lequel je serai glorifié. La petite famille croîtra jusqu'à mille personnes, et la moindre deviendra une nation puissante. Je suis l'Eternel, je hâterai ceci en son temps. »
Nous apprenons dans ce chapitre — Premièrement, qu'une ville sera bâtie aux derniers jours, vers laquelle accourront non seulement les enfants d'Israël, mais toutes les nations des Gentils ; et que la nation et le royaume qui ne voudront point servir cette ville, périront et seront réduits à une entière désolation. Deuxièmement, nous apprenons que le nom de cette ville est Sion, la cité du Seigneur. Troisièmement, nous apprenons qu'elle est
appelée le lieu de son sanctuaire, et la place de ses pieds. Quatrièmement, que les meilleurs bois, tels que le sapin, l'orme et le buis, v seront amenés en grande quantité, pour parer le lieu de son sanctuaire, et rendre g"lorieuse la place de ses pieds. Cinquièmement, que les métaux précieux y seront si communs, qu'on se servira d'or au lieu d'airain, d'argent au lieu de fer, d'airain au lieu de bois, et de fer au lieu de pierres ; que ses chefs seront des hommes de paix, et que la justice la gouvernera. Plus de violence, plus de dégât ni d'oppression dans le pays ? Les murs de la cité s'appellent Salut, et les portes Louange. La gloire du Seigneur y éclipse la lumière du soleil ; et les jours de deuil sont finis. Tous ses habitants sont des hommes justes, et ils habiteront la terre à jamais ; car ils sont un rejeton planté de la main de l'Eternel, pour que son nom soit glorifié. La moindre famille deviendra une puissante nation, et le Seigneur hâtera ceci en son temps.
David, le chantre d'Israël, a écrit sur l'époque où cette ville sei»ait bâtie dans son 102"^^^ psaume, verset 14 à 19 :
« Tu te lèveras, tu auras compassion de Sion ; car il est temps d'en avoir pitié, parce que le temps marqué est échu. Cartes serviteurs sont affectionnés à ses pierres, et ils sont touchés de pitié en voyant sa poussière. Alors les nations de la terre redouteront le nom de l'Eternel, et tous les rois de la terre, ta gloire. Quand l'Eternel aura bâti Sion, il paraîtra dans sa gloire. Il aura égard aux prières des destitués, il ne méprisera point leurs prières. Gela sera écrit pour la génération à venir : et le peuple qui sera créé louera le Seigneur. »
Maintenant j'appelle l'attention de nos lecteurs sur une partie du sixième chapitre des annales d'Ether, contenues dans le livre de Mormon, page 499, première édition de Paris :
« Ether leur avait parlé, en toute vérité, de toutes choses depuis le commencement de l'homme ; et il leur avait annoncé que, après que les eaux se furent retirées de dessus la surface de cette région, elle était devenue
une terre de choix, au-dessus de toutes les autres terres, une terre choisie du Seigneur ; c'est pourquoi le Seigneur veut que tous les hommes qui l'habitent, le servent ; et c'est la place de la Nouvelle-Jérusalem qui doit descendre du ciel, et du Saint sanctuaire du Seigneur. »
« Voici, Ether, vit les jours du Christ, et il parla d'une Nouvelle-Jérusalem dans ce pays. Il parla aussi touchant la maison d'Israël, et de la Jérusalem d'où Léhi était venu, et il dit qu'après avoir été détruite, elle sera rebâtie de nouveau, et qu'elle deviendrait une sainte cité au Seigneur, et serait bâtie pour la maison d'Israël. Et il dit qu'une Nouvelle-Jérusalem s'élèvera dans ce pays pour le reste de la postérité de Joseph, pour lesquelles choses il y a eu un modèle : car comme Joseph amena son père dans la terre d'Egypte, et qu'il mourut là ; ainsi le Seigneur amena un reste de la postérité de Joseph hors du pays de Jérusalem, afin d'être miséricordieux à la postérité de Joseph, et qu'elle ne périsse pas, de même qu'il avait été miséricordieux au père de Joseph pour qu'il ne périsse pas. C'est pourquoi, le reste des enlants de la maison de Joseph seront établis dans ce pays, et ce sera la terre de leur héritage ; et ils bâtiront une sainte cité au Seigneur, semblable à l'ancienne Jérusalem ; et ils ne seront plus confondus jusqu'à ce que la fin arrive, quand la terre passera. »
« Et il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; et ils seront semblables aux anciens, sauf que les anciens auront passé, et que toutes choses seront devenues nouvelles. C'est alors que vient la Nouvelle-Jérusalem ; et bénis sont ceux qui l'habitent, car ce sont ceux dont les vêtements sont blanchis par le sang de l'Agneau ; et ce sont ceux qui sont comptés parmi le reste de la postérité de Joseph, qui était de la maison d'Israël. Et c'est alors que vient l'ancienne Jérusalem, et bénis en sont les habitants, car ils ont été blanchis par le sang de l'Agneau ; et ce sont ceux qui étaient dispersés et qui ont été rassemblés des quatre parties de la terre, et des pays du nord, et qui participent à l'accomplissement de l'alliance que
Dieu a faite avec leur père, Abraham. Et quand ces choses arriveront, l'Ecriture sera accomplie, qui dit : Il Y en a de ceux qui étaient les derniers qui seront les premiers. »
Cette prophétie nous apprend — Premièrement, que l'Amérique est une terre choisie du Seigneur, au-dessus de toute autre terre. Deuxièmement, que c'est le lieu de la Nouvelle-Jérusalem, qui descendra du ciel, d'auprès de Dieu, sur la terre, quand celle-ci sera renouvelée. Troisièmement, qu'une Nouvelle-Jérusalem sera bâtie en Amérique, pour le reste des descendants de Joseph, d'après le même modèle, ou semblable à l'ancienne Jérusalem sur la terre de Canaan ; et que l'ancienne Jérusalem sera rebâtie à la même époque ; que, cela fait, ces deux villes continueront à prospérer sur la terre, jusqu'à la grande et dernière transformation, quand les cieux et la terre seroqt renouvelés. Quatrièmement, nous apprenons que, lorsqu'aura lieu cette transformation, les deux villes seront enlevées au ciel, ainsi que leurs habitants, et qu'ayant été transformées et étant devenues nouvelles, l'une descendra sur la terre de l'Amérique, et l'autre à sa propre place, comme anciennement : et cinquièmement, nous apprenons que les habitants de ces deux villes sont les mêmes qui s'y réfugièrent et les construisirent. Les descendants de Joseph, et ceux qui se seront réunis à eux, habiteront la Nouvelle-Jérusalem en Amérique. Et les douze tribus d'Israël, rassemblées des pays du nord et des quatre parties de la terre, habiteront l'autre ; et toutes choses ayant été faites nouvelles, nous trouvons ceux qui étaient autrefois étrangers et pèlerins sur LA TERRE, en possession de ce meilleur pays, et de cette cité, après lesquels ils soupirèrent.
Ouvrant maintenant les Révélations de Jean, nous allons examiner l'état de la ville, après qu'elle est devenue nouvelle, et voir si elle a conservé quelques traits de ce qu'elle était avant sa transformation finale, i Apoc. XXI; :
« Je vis ensuite un ciel nouveau et une terre nouvelle; car le premier ciel et la première terre étaient passés, et
la mer n'était plus. Et moi Jean, je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, qui descendit du ciel d'auprès de Dieu, ornée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis une grande voix qui venait du ciel, et qui disait : Voici le tabernacle de Dieu, avec les hommes, et il y habitera avec eux ; ils seront son peuple, et Dieu sera lui-même leur Dieu, et il sera avec eux. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni travail ; car ce qui était auparavant sera passé . Et celui qui était assis sur le trône, dit : Voici, je vais faire toutes choses nouvelles. Puis il me dit : Ecris-le, car ses paroles sont véritables et certaines. Il me dit encore : C'en est fait ! je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin. Je donnerai gratuitement à boire de la source d'eau vive à celui qui a soif. Celui qui vaincra, héritera toutes choses ; je serai son Dieu, et il sera mon fils. Mais pour les timides, les incrédules, les exécrables, les meurtriers, les fornicateurs, les empoisonneurs, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. Alors l'un des sept anges, qui avaient eu les sept coupes pleines des sept dernières plaies vint à moi et me dit : Viens, je te montrerai l'épouse, qui est la femme de l'Agneau. Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la grande cité, la sainte Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu. Elle avait au milieu d'elle la gloire de Dieu, et sa lumière était semblable à une pierre très précieuse, telle qu'une pierre de jaspe, transparente comme du cristal. Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes, et douze anges aux portes, sur lesquelles il y avait des noms écrits, qui sont les noms des douze tribus des enfants d'Israël. Trois portes à l'Orient, trois au Septentrion, trois au Midi, et trois à l'Occident. Et la muraille de la ville avait douze fondements, sur lesquels étaient les noms des douze apôtres de l'Agneau. Et celui qui me parlait avait une canne d'or pour mesurer la ville et ses portes, et sa muraille.
La ville était bâtie en carré, et sa longueur était ép;'ale à sa largeur; il mesura la ville avec sa canne, et il la trouva de douze milles stades ; sa longueur, sa largeur, et sa hauteur étaient égales. Ensuite il mesura la muraille, qui était de cent quarante-quatre coudées d'homme, qui était celle dont l'ange se servait. La muraille était bâtie de jaspe, mais la ville était d'un or pur, semblable à un verre fort clair. Et les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de toutes sortes de pierres précieuses. Le premier fondement était de jaspe ; le second, de saphir ; le troisième, de calcédoine ; le quatrième, d'émeraude; le cinquième, de sardonix; le sixième, de sardoine; le septième, de chysolite ; le huitième, de béril ; le neuvième, de topaze ; le dixième, de chysopaze ; le onzième, d'hyacinthe ; et le douzième, d'améthiste. Les douze portes étaient douze perles ; chaque porte était d'une seule perle. Et la place de la ville était d'un or pur semblable à du verre transparent. Je n'y vis point de temple; car le Seigneur Dieu tout puissant et l'Agneau en sont le temple. Et la ville n'a besoin ni de .soleil, ni de lune pour l'éclairer; car la gloire de Dieu l'éclairé, et l'Agneau en est son flambeau. Et les nations qui auront été sauvées, marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront ce qu'ils ont de plus magnifique et de plus précieux. Ses portes ne fermeront point chaque jour ; car il n'y aura point de nuit. Et on y apportera ce que les Gentils ont de plus magnifique et de plus précieux. Il n'y entrera rien de souillé, ni personne qui s'adonne à l'abomination et au mensonge; mais ceux-là seuls qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau, y entreront. »
Et au 22™*^ chapitre, nous lisons :
« Après cela, l'ange me fit voir un fleuve d'eau vive, claire comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau. Et au milieu de la grande place de la ville, et sur les deux bords du fleuve, était l'arbre de vie, qui porte douze fruits ; rendant son fruit chaque mois, et les feuilles de cet arbre étaient pour la guérison des Gentils.
Il n'y aura plus là d'anathème ; mais Dieu et l'Agneau y auront leur trône, et ses serviteurs le serviront. Ils verront sa face, et son nom sera écrit sur leurs fronts. Il n'y aura plus là de nuit, et ils n'auront point besoin de lampe, ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les éclairera; et ils régneront aux siècles des siècles. Il me dit ensuite : Ces paroles sont certaines et véritables, et le Seigneur, le Dieu des saints prophètes, a envoyé son ange, pour déclarer à ses serviteurs ce qui doit arriver dans peu. Voici, je vais venir bientôt; heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre. « Cette magnifique description nous apprend : Premièrement, que la nouvelle terre ne sera divisée par aucune mer, et par conséquent ce qu'on appelle aujourd'hui le continent oriental, et le continent occidental ne formeront plus qu'une seule terre. Deuxièmement, elle nous apprend que Dieu créera non-seulement un ciel nouveau et une terre nouvelle, mais qu'il fera toutes choses nouvelles (y compris, assurément, les villes de Sion et de Jérusalem, où depuis" plus de mille ans aura été son sanctuaire). Troisièmement, que la ville sera bâtie en carré, qu'elle aura douze portes, chacune portant le nom écrit d'une des douze tribus d'Israël, trois portes au nord, trois au sud, trois à l'est et trois à l'ouest; précisément de la même manière qu'elles existaient temporellement durant le règne de mille ans, d'après la description d'Ezéchiel. Quatrièmement, elle sera composée de pierres précieuses et d'or, comme la cité temporelle décrite par Esaïe. Cinquièmement, un fleuve d'eau vive, clair comme du cristal, traversera la cité sainte, en sortant du trône de Dieu, justement comme des eaux vives sortaient du sanctuaire de la ville temporelle, qu'a décrite Ezéchiel. Sixièmement, l'arbre de vie en ombragera les deux rives, ce même arbre qui produisait autrefois douze fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont le feuillage servait à guérir les nations. Mais maintenant, quand Jean voit cet arbre, les nations n'ont plus besoin d'être guéries, car il n'y a plus ni mort, ni douleur, ni chagrin ; l'an-
cien monde a cessé d'exister, et toutes choses sont devenues nouvelles. Voilà pourquoi le prophète, employant le prétérit, dit que ces feuilles étaient pour la g-uérison des Gentils; il se reporte aux siècles passés quand, suivant Ezéchiel, ces arbres existaient temporellement, avant leur transformation finale.
En résumant tout ce qui précède, nous trouverons qu'Ezéchiel et les autres prophètes nous ont donné la description des villes de Sion et de Jérusalem, telles qu'elles existeront durant le repos de mille ans^ nommé le Millenium ; et Jean a décrit les mêmes villes, après leur finale transformation, quand elles viendront du ciel d'auprès de Dieu régner sur la nouvelle terre. Mais Ether nous a donné, lui, une esquisse de ces deux villes, telles qu'elles existeront, soit temporellement, soit éternellement; et il s'est clairement expliqué sur leur situation locale, avant, comme après le Millenium. Il a déclaré que la nouvelle Jérusalem, en Amérique, serait habitée par les descendants de Joseph, et par ceux qui s'étant réunis à eux, auront blancni leurs vêtements dans le sang de l'Agneau ; et que l'autre Jérusalem, rebâtie sur son ancien emplacement, serait habitée par les douze tribus d'Israël, rassemblées des pays du nord, et de toutes les régions où elles avaient été dispersées, et qu'elles blanchiront leurs vêtements dans le sang de l'Agneau. Là s'arrête l'histoire.
Je me borne à ajouter que depuis plus de neuf ans le gouvernement des Etats-Unis s'est charg"é de rassembler les débris des descendants de Joseph à l'endroit même où ils finiront de bâtir une Nouvelle Jérusalem, la cité de Sion, avec l'aide des Gentils, qui les réuniront de tous les points du continent. Or, ce rassemblement est clairement prédit dans le livre de Mormon, et dans d'autres révélations, ainsi que le lieu désigné et l'époque où s'accompliront ces prophéties. Et à moins que les Gentils se repentent de leurs iniquités, et embrassent la même alliance, ils seront entièrement exterminés de la face de ce pays ; ainsi que l'a écrit le prophète Esaïe : « La
nation et le royaume qui ne voudront pas te servir; périront. Oui, ces nations-là seront réduites à une entière désolation. » ^^ï
Le prophète Néphi, vers la fin du neuvième et au commencement du dixième chapitre de ses annales, page 437 du Livre de Mormon, première édition de Paris, nous donne là-dessus des instructions précises en ces termes :
« Je vous le dis en vérité, je vous donne un sig-ne, afin que vous connaissiez le temps où ces choses seront prêtes à s'effectuer, alors que je rassemblerai de sa lon- ^ue dispersion mon peuple, ô maison d'Israël, et que je rétablirai ma Sion parmi lui. Et voici la chose que je vous donnerai pour signe; car je vous dis en vérité que, quand ces choses que je vous annonce et que je vous annoncerai ci-après de moi-même, et par le pouvoir du Saint-Esprit qui vous sera donné par le Père, seront communiquées aux Gentils, afin qu'ils sachent que ce peuple est un reste de la maison de Jacob, aussi bien que ce peuple qui sera dispersé par eux : en vérité, en vérité, je vous le dis, quand ces choses leur seront communiquées par le Père, et viendront du Père, d'eux à vous ; car il est dans la sagesse du Père que les Gentils soient établis sur cette terre, et qu'ils soient établis un peuple libre par le pouvoir du Père, afin que ces choses puissent venir d'eux à un reste de votre postérité, pour l'accomplissement de l'alliance que le Père a faite avec son peuple, ô maison d'Israël; c'est pourquoi, quand ces œuvres et celles qui seront faites ci-après parmi vous viendront des Gentils à votre postérité, qui sera tombée dans l'incrédulité à cause de ses iniquités ; car il convient au Père qu'elles arrivent par les Gentils, pour qu'il puisse montrer son pouvoir aux Gentils; afin que les Gentils n'endurcissent point leurs cœurs, qu'ils se repentent et viennent à moi, qu'ils soient baptisés en mon nom, qu'ils connaissent les vrais points de ma doctrine, et qu'ils soient comptés parmi mon peuple, ô maison d'Israël; or, quand ces choses arriveront, quand les en-
fants de ta postérité commenceront à connaître ces choses, il leur sera un signe pour qu'ils sachent que l'œuvre du Père a déjà commencé pour accomplir l'alliance qu'il a faite avec les peuples de la maison d'Israël. »
« Et quand ce jour arrivera, les rois fermeront leur bouche ; car ce qu'il ne leur aura pas été dit ils le verront, et ce qu'ils n'avaient pas écouté ils le considéreront. Car, en ce jour là, le Père fera pour moi une œuvre qui sera grande et merveilleuse parmi eux ; et il y en aura parmi eux qui n'y croiront pas, bien qu'un homme la leur annonce. Mais voici, la vie de mon serviteur sera dans ma main; c'est pourquoi ils ne lui feront point de mal, bien qu'il soit défiguré à cause d'eux. Cependant je le guérirai, car je leur montrerai que ma sagesse est plus grande que les ruses de Satan. En conséquence 11 arrivera que tous ceux qui ne croiront pas en mes paroles, moi qui suis Jésus-Christ, paroles que le Père lui fera porter aux Gentils, et qu'il lui donnera le pouvoir d'apporter aux Gentils (ce qui sera fait comme le dit Moïse), ceux-là seront retranchés de mon peuple de l'alliance. Et mon peuple, qui est un reste de Jacob, sera au milieu des Gentils, oui, au milieu d'eux, comme un lion au milieu des bêtes de la forêt, comme un lionceau parmi les troupeaux de brebis, qui, s'il passe au travers, les foule aux pieds et les déchire en pièces, et nul ne peut s'y opposer. Leurs mains se lèveront contre leurs adversaires, et tous leurs ennemis seront exterminés. »
« Oui, malheur aux Gentils, à moins qu'ils ne se repentent; car, en ce jour-là, dit le Père, il arrivera que je retrancherai tes chevaux du milieu de toi, je briserai tes chariots, je détruirai les villes de ton pays, et j'abattrai toutes tes places fortes; et j'ôterai de ta main les enchantements, et tu n'auras plus de devins ; je retrancherai aussi tes images et tes statues du milieu de toi, et tu n'adoreras plus les œuvres de tes mains: j'arracherai les bosquets du milieu de toi, et ainsije détruirai tes villes. Alors, tous mensonges, toutes tromperies, lesjalousies, les contestations, les supercheries de prêtres, toutes les
impudicités cesseront. Car il arrivera, dit le Père, qu'en ce jour-là, quiconque ne voudra pas se repentir et venir à mon Fils bien-aimé, je le retrancherai de mon peuple, ô maison d'Israël ; et j'exercerai ma vengeance et ma fureur, comme sur les païens, telles qu'on en n'a jamais vu de pareilles. »
Gliap. X. — « Mais s'ils veulent se repentir, s'ils veulent écouter mes paroles et ne pas endurcir leurs cœurs, j'établirai parmi eux mon Eglise; ils entreront dans l'alliance, ils seront comptés parmi ce reste de Jacob, à qui j'ai donné cette terre pour son héritage; et ils aideront mon peuple, le reste de Jacob, et autant qu'il en viendra de la maison d'Israël, à bâtir une cité, qui sera appelée la Nouvelle Jérusalem ; et ils aideront mon peuple, qui est dispersé sur toute la surface de ce pays, à se rassembler dans la nouvelle Jérusalem. Alors la puissance du ciel descendra parmi eux, et moi-même je serai au milieu d'eux; et l'œuvre du Père commencera, en ce jour même où cet Evangile sera prêché parmi les restes de ce peuple. »
« En vérité, je vous le dis, en ce jour-là l'œuvre du Père commencera parmi tous les dispersés de mon peuple; oui, même parmi les tribus qui ont été perdues, celles que le Père a emmenées hors de Jérusalem. Oui, l'œuvre du père commencera parmi tous les dispersés de mon peuple ; pour préparer la voie par laquelle ils pourront venir à moi, et pourront invoquer le Père en mon nom, et alors l'œuvre du père commencera parmi toutes les nations pour préparer la voie par laquelle les enfants de son peuple puissent être ramenés chez eux, sur la terre de leur héritage. Et ils sortiront de toutes les nations, et ils ne partiront pas à la hâte, ni en fuite ; car j'irai devant eux, dit le Père, et je serai leur arrièregarde. M
O vous, restes des descendants de Joseph, votre secret est révélé; vous avez été méprisés, haïs, dispersés, et chassés de lieu en lieu par les Gentils, jusqu'à n'être plus que (quelques-uns! G vous, affligés, vous le jouet
de la tempête, destitués de consolation, levez vos têtes et réjouissez-vous, car votre rédemption approche : oui, nous avons trouvé vos annales, les oracles de Dieu autrefois confiés à vos pères, et qui vous ont été cachés pendant de longs siècles, à cause de votre incrédulité. Voici ! ils vont vous être redonnés, et grande sera votre joie, car vous saurez que cela vous vient de la main du Seigneur, et alors les écailles de l'ignorance commenceront à tomber de vos veux. Les Gentils n'exerceront plus de domination sur vous, mais ils vous rassembleront et vous éclaireront, et vous rentrerez dans le sein de la civilisation. L'heure a sonné ; oui, cette œuvre a déjà commencé, car nous avons vu les Gentils vous rassembler de toutes les parties du pays, à l'endroit môme désigné par le Seigneur ; mettez donc bas vos armes de guerre, cessez de vous opposer à ce que les Gentils réunissent ensemble vos diverses tribus, — car la main de votre puissant Dieu est dans cette mesure : et elle a été prédite par vos ancêtres, depuis dix mille lunes. Laissez donc les Gentils accomplir en paix ce dernier acte de bonté, en retour des injures que vous en avez reçues.
C'est avec un sentiment de joie mêlée de chagrin que je réfléchis sur ces choses, de chagrin, quand je pense combien vous avez été affligés, de joie, quand je pense à l'heureuse destinée qui vous attend ; et le chagrin s'empare encore de moi, quand je tourne mes pensées sur la terrible extermination dont sont menacés les Gentils, à moins qu'ils se repentent. Mais les éternels projets de Jéhovah recevront leur exécution, jusqu'à ce que toutes ses promesses soient accomplies, et nul ne saurait s'y opposer ; c'est pourquoi, Dieu tout puissant, que ta volonté se fasse. Pendant que mon esprit médite là-dessus, avec des sentiments plus faciles à sentir qu'à exprimer, il me semble entendre au loin un chant funèbre des Indiens résonner à travers leurs bois solitaires, et murmurer ces paroles :
0 grand Esprit de nos pères f prête l'oreille à nos accents ; prends pitié des peaux-rouges, écoute leurs
prières. Quand donc finira ta vengeance, quand cesseront tes coups ? Quand l'ambition des Iioninies l)lancs laissera nos débris dispersés jouir en paix de leurs forêts ? ou bien (chassés jusqu'au centre du confinent) sommes-nous destinés à nous éteindre là pour ne plus nous relever?
Préserve-nous-en, grand Esprit ! fuis connaître ta miséricorde ; révèle. tes vérités; reconnais pour tiens les captifs errants, mets à nu ton bras puissant pour nous délivrer, et fais régner la pai.r sur toute la. terre.