‹ Une voix d'en basChapitre 15 sur 96 · L'ARAIGNÉE · texte numérisé non relu

L'ARAIGNÉE

Une immonde araignée , avait pour quelque drame j

Où gît la trahison, \

Étendu son tissu , comme un voile de femme.

Aux branches d'un buisson. i

Le soleil descendait , derrière la montagne ,

Ainsi qu'un pèlerin, £n laissant après lui , dans toute la campagne

Un souvenir serein.

La hiso avait ployé ses ailes sur la terre,

Pour ouïr les ébats De la création, à l'heure où le mystère

Soupire et parle bas.

La chaleur retenait l'insecte à la liane.

Le ver sous le granit, L'enfant dans son berceau, le pâtre en sa cabane,

Et l'oiseau dans son nid.

Puis, on voyait courir, sous les feuilles tombées

De leurs rameaux en fleurs , Des raines, des lézards, d'énormes scarabées.

Et des mulots rongeurs.

L'araignée, attentive au milieu de sa toile.

Tendue aux moucherons , En rajustait les lils, aussi blancs que l'étoile,

Les disposait en ronds. ♦

Une mouche étourdie , en passant, >int s'y prendre :

Adieu, folles amours !

« Homme, bourdonna-t-elle, ah! si tu peux m'entendre,

Viens vite à mon secours ! » .

lOî)

Le liideux animal tenait, dans son antenne, La mouche à l'œil liagard !

Je brisai le réseau, j'écrasai l'inhumaine ; Mais il était trop tard !

La pauvre fdle ailée à mes pieds tomba morte!

Ainsi , dans les rayons De nos félicités, la douleur sombre et forte

Nous touche , et nous mourons !

MOK SECRÉTAIRE.

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