‹ Une voix d'en basChapitre 64 sur 96 · LA FEMME · texte numérisé non relu

LA FEMME

Que le ciel m'en préserve ; Satan m'emporterait au lieu qu'il te réserve.

ISMAEL

Je suis maudit, maudit ! pauvre enfant du malheur,

La crainte te repousse... Un docteur,... un docteur!

{En ce moment passe un docteur. Ismael courant à lui.)

Ah ! monsieur, vous du moins vous me rendrez son ûme ,

Son sourire d'enfant qu'un père vous réclame;

Oh ! je vous aimerai , je baiserai vos pas ,

Je servirai vos chiens jusques à mon trépas;

Je veillerai comme eux, debout, sur votre porte,

Le jour je balaierai le chemin qui vous porte,

En marchant à genoux ou bien en me traînant.

Rendez-moi ma Sara... rendez-moi mon enfant !

LE DOCTEUR , froidement.

Hébreu, je suis chrétien. (// s éloigne.)

ISMAEL

{Au peuple.) Ah ! que votre ûme est dure,

Vous, du pauvre maudit étanchez la blessure, Vous ne savez pas, vous, vous ignorez cela, Qu'on a tué ma fille, une enfant que voilà ; A moi, vieux, sans patrie ; à moi, moi qui n'ai qu'elle ; Vous comprenez mes pleurs et ma douleur mortelle ; Tenez, moi je suis riche, eh bien, un puits d'argent

A celui qui rendra la vie à mon onlant.

Du Vatican, allez, ne craignez pas la foudre :

Avec mes écus d'or vous vous ferez absoudre !

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