‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 2 sur 116 · L'ALLER · texte numérisé non relu

L'ALLER

Depuis longtemps la voix de la Vierge Marie Du Canada près d'Elle appelait les enfants :

Des monts pyrénéens descendait l'harmonie, Et nos cœurs s’enivraient à ses divins accents ; Et nos désirs brûlants, du fond de nos poitrines, S'échappaient en soupirs entremêlés de pleurs ; Et nos vœux s'élançaient vers les roches divines Où l’amour de Marie entraîne tous les cœurs, Mais nos corps restaient là Devant les mers immenses, Devant le long chemin qu'il fallait parcourir, Devant tant de travail, de dangers, de dépenses, Malgré tout notre amour, nous nous sentions faiblir.

Quand soudain, du sein de la nue,

Un cri tout-puissant éclata :

Debout ! enfants du Canada,

Des mers franchissez l'étendue ;

Par delà les flots menaçants,

Allez saluer votre Mère

Et montrer à toute la terre

Ce que peuvent des cœurs aimants.

C'en était fait. Fuyez, obstacles ;

Disparaissez, vaines terreurs ;

Océan, calme tes fureurs ;

Partons vers les monts des miracles ;

Laissons-nous guider par nos cœurs | Nous partions en effet : nos têtes inclinées Avaient reçu du ciel les bénédictions.

Au bord du Saint-Laurent, les foules assemblées Vers la Vierge lançaient leurs acclamations,

A Québec, l'Orégon, noble et royal navire,

Nous reçut dans son sein comme un peuple d'amis ; De son pont nous faisions nos adieux au pays,

Et des mers, avec lui, nous abordions l'empire.

Douce Etoile des mers, Garde-nous du naufrage, Daigne écarter l'orage

Et retiens les enfers.

Vers ta sainte montagne Nous voguons sur les flots Que ta grâce accompagne Navire et matelots !

Pendant deux jours entiers, les verdoyants rivages

Du vaste Saint-Laurent charmèrent nos regards.

Nos yeux allaient, venaient des flots aux verts feuillages, Des feuillages aux flots : beautés de toutes parts.

La joie était partout, et de nos saints cantiques L'Orégon, dès ce jour, entendit les refrains ;

Ii vit plus : dans son sein, des célestes portiques Descendit sur l’autel de Dieu des Séraphins.

Sur le plus mobile des mondes,

Se fiant au calme des ondes,

Le prêtre dressa son autel ;

Il prépara le sacrifice,

Et de l’Hostie et du Calice

11 fit l’offrande à l'Éternel.

Le spectacle était magnifique !

Nous croyions voir le peuple antique Voyageant vers les bords promis, Et sacrifiant, en voyage,

L'Agneau choisi, divin présage

Des grands biens par le ciel prédits.… Mais pourquoi remonter à l’ombre, Quand, malgré notre petit nombre,

a re 3e

SR MES el DJ me Dee bg 5 Het Het Het Het OZ Dennf Het bd bed fau

Page 1