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A MONSEIGNEUR CONROY, DÉLÉGUÉ APOSTOLIQUE AU CANADA

MONSEIGNEUR

Celui qu'avec amour l'Église du Seigneur Appelle des doux noms de Père et de Pasteur, Celui dont la bonté rend la mort oublieuse, Celui qu'en ce moment la famille joyeuse,

A Rome, avec transport entoure de ses vœux ; Celui dont le beau nom, chez nos derniers neveux Emportant la mémoire, à la vertu promise, Redira les combats, les gloires de l’Église ; Celui qui fait trembler les plus fermes tyrans Celui dont la tendresse attire les enfants ; Celui pour qui le Ciel prépare une victoire, Juste et dernier rayon à son immense gloire, Celui que des combats sans cesse renaissants

Couronnent chaque jour de lauriers triomphants ; Pie IX dont l'univers admire le courage, Retenu loin de nous par ses travaux, son âge ;

Pie IX s’est souvenu qu’au lointain Canada

Une vigne de Dieu que la France planta Devait porter des fruits. Sa racine féconde N'a pas souffert encore du climat du vieux monde, Et Pie IX appelant un ami de son cœur, (Cet ami fortuné, ce fut vous, Monseigneur.) Il lui dit: Laissez là votre troupeau fidèle, Il peut vivre sans vous des fruits de votre zèle, Il ne périra pas; car le peuple irlandais De l’amour du devoir ne s’éloigna jamais.

Partez, bon serviteur, traversez l'Atlantique, Allez cueillir les fruits des vignes d'Amérique, Rapportez des raisins dont la douce saveur Réjouisse mon goût, réjouisse mon cœur.

Il dit. Et vous voici rendu sur notre terre,

Ilustre Messager, Délégué du Saint Père!

Sans doute, vous verrez partout sur le chemin

Les fruits les plus brillants s'offrir à votre main. Par le sang des martyrs, cette terre arrosée

Est, par les mains des Saints, encore fécondée ;

Et chaque vigneron viendra porter à Vous,

Pour consoler Pie IX, ses raisins les plus doux. Permettez donc aussi que votre humble famille Offre à Votre Grandeur, sa petite grappille.

Le cep qui nous nourrit, Monseigneur, autrefois Fut planté sur ce sol par la Mère Bourgeois.

Bien dur fut le travail: grande fut l’entreprise, Mais tout doit prospérer dans la terre promise.

Le cep grandit bien vite, et depuis deux cents ans, Il a déjà porté bien des grappes d'enfants.

Celle qui, dans ce jour, est pendue à la branche Et, pleine de bonheur, à vos genoux se penche, N'est pas, il s’en faut bien, le plus brillant des fruits

Que la vigne du Ciel en ces lieux a produits... Puisse-t-elle, du moins, ne jamais être amère

Et ne jamais aigrir au cœur de notre Père | Daignez, à cet effet, nous bénir, Monseigneur : Vos vœux à vos enfants obtiendront ce bonheur. Puis, dites à Pie IX que nous pr'ons qu’Il donne La couronne des Saints à notre Vigneronne.

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