A BELLEVUE
MADAME, Depuis le jour béni qui vit s'ouvrir pour nous, Sur notre Canada, votre regard si doux.
De toutes parts, les cœurs vous ont fait une fête ; De toutes parts, les fleurs ont plu sur votre tête. Halifax, Montréal, la cité d'Ottawa Québec...tout vous couronne en notre Canada ! D'un bien sincère amour, ce constant témoignage, A dû, pour votre cœur, être un bien doux langage, Vous avez dû comprendre, aux accords de ces chants, En entenidant couler les vœux les plus touchants, En voyant nos cités se couronner de flammes, En entendant vibrer les fibres de tant d’âmes, Vous avez dû comprendre, Altesse aux doux regards, Que vous auriez, chez nous, amour de toutes parts. Nous désirions, Princesse, avec impatience, Faire notre partie en ce concert immense.
Nos voix ne peuvent pas commettre un désaccord : Mème est notre allégresse, égal notre transport. Altesse, soyez donc mille fois bienvenue Dans les riants bosquets de notre Bellevue !
A Villa Maria, chez nos aimantes sœurs, Vous avez accepté des corbeilles de fleurs.
Les fleurs aussi, chez nous, croissent en abondance : Vers vous, de tous côtés, leur bel essaim s’élance. Sous nos pas, dans nos mains, qu’elles soient en ce jour L'emblème parfumé de notre tendre amour.
C'est ainsi qu’à notre âge on sait aimer, Princesse. La crainte du respect le cède à la tendresse ; On nous a dit qu’un jour au Couvent d'Ottawa Votre Altesse, à nos sœurs, sans bruit, se présenta ;
Que mettant de côté la gènante étiquette, Elle voulût les voir dans leur simple toilette ; Et qu'après, visitant leur joyeuse prison, Elle daigna partout admirer la maison.
Si vous avez encore le goût des découvertes, Princesse, ici, pour vous, les portes sont ouvertes ; Mais prenez garde à Vous, car pour vous retenir La porte du départ ne s’aurait plus s'ouvrir.
Quel bonheur ce serait à notre humble jeunesse De passer de longs jours auprès de votre Altesse! Ce rêve trop brillant ne saurait s'accomplir ;
Mais nos cœurs de ce jour garderont souvenir, Daignez aussi vous-même, aimable visiteuse,
Vous souvenir parfois de la famille heureuse
Qui vous offre aujourd’hui son amour et ses vœux, Princesse, que le ciel rende vos jours heureux !