‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 48 sur 116 · A LA PRINCESSE LOUISE LES ÉLÈVES DU COUVENT D'OTTAWA · texte numérisé non relu

A LA PRINCESSE LOUISE LES ÉLÈVES DU COUVENT D'OTTAWA

MADAME

Permettez aux enfants de parler leur langage, D'éveiller dans leurs cœurs leurs souvenirs de choix, Pour offrir dignement et leur tribut d'hommage

Et leurs vœux les plus chers à la Fille des Rois. Naguère, nous quittions nos familles, nos mères, Pour un bien doux exil, dans cette pension :

L'exil était bien près...et des larmes amères

Ont coulé cependant avec profusion.

Comment ne pas pleurer quand l’aile maternelle N'est plus là pour couvrir les oiseaux dans leurs nids ? Aussi notre douleur devait être éternelle,

Et nos pleurs renaissaient en torrents infinis !

Mais un jour on nous dit: Une illustre Princesse, Aux bords de la Tamise, où Dieu mit son berceau, Dit un adieu bien long au pays qu’elle laisse,

Pour venir habiter un pays tout nouveau.

Elle quitte là-bas, la grandeur et la gloire ;

Sa noble mère est Reine en la grande cité :

Ses soldats, sous vingt cieux, promènent la victoire. Et vers le Canada, son cœur est emporté,

Et partout nulle plainte! Et vous, chère jeunesse, Vous oseriez pleurer et gémir pour vingt pas P

Oh! plutôt, contemplez notre noble Princesse Cherchant sur l'Océan nos lointains Canadas!

Vous partiez, en effet, illustre voyageuse.

Et vous avez, pour nous, bravé de durs hasards ; Vents partout déchaînés, atmosphère orageuse, L'Océan, qui, pour vous, n’eut pas assez d'égards. Mais enfin, vous voici !...Et le noble courage

Qui vous fit tout quitter pour venir parmi nous Nous fera vous chérir, vous aimer davantage !.…

Reposez-vous enfin ; car vous êtes chez vous ! Halifax a chanté votre heureuse arrivée,

Vingt cités, sous vos pas, ont répandu des fleurs : Montréal, dans ses feux, vous a presqu’enchaînée : Québec aura pour vous de royales splendeurs.

Mais à notre cité le privilège unique

D'être votre chez-vous, dans notre Canada !

Vous irez visiter vos états d'Amérique ;

Vous reviendrez toujours au chez-vous d'Ottawa ! Princesse puissiez-vous bien longtemps vous y plaire Y trouver bien longtemps la joie pour votre cœur ; Puissiez-vous voir encore ici votre Angleterre

Avec le même amour et le même bonheur !

Et comme dans notre âme est un désir extrême

De vous tout raconter ; si vous voulez savoir Comment notre pays vous admire et vous aime Princesse bien souvent, daignez venir nous voir. Vous trouverez ici les enfants et les Mères

Vous aimant toujours plus pour vos nouveaux retours, Et demandant à Dieu, dans toutes leurs prières,

De toujours vous garder, de vous bénir toujours ! 1!

MADAME

Quand parut votre Altesse au seuil de cette vie,

Dans un berceau de fleurs Elle fut accueillie ;

Et ces fleurs vous disaient, en langage joyeux :

Que l’avenir pour Vous n'ait que des jours heureux! Au seuil de cet asile, en vous offrant ces roses,

Nous voulons que leurs voix disent les mêmes choses : Princesse, parmi nous, n'ayez que de beaux jours ; Que d’un fleuve de paix rien ne trouble le cours;

Que Votre Illustre Mère à nos vœux favorable

Vous laisse bien longtemps en pays de l'érable;

Et que par leur amour vos enfants d'Ottawa Vous couronnent bientôt Reine du Canada!!!

MADAME

Un rayon de soleil épanché sur la terre, La chaude haleine du printemps,

Avec cela, les fleurs s'élançent du parterre, Sans craindre la glace des vents...

Le printemps est bien loin ! c’est l’hiver qui s'avance ; Le dur hiver du Canada;

Et pourtant dans ma main la rose se balance, Eclose aux Coteaux d'Ottawa.

Elle fleurit pour Vous, Princesse ; et le mystère Je vais l’expliquer sans labeur :

Votre aimable regard a donné la lumière Nos cœurs ont fourni la chaleur !

Recevez donc ces fleurs, douce et noble Princesse ; E. sachez qu’en toute saison

Vos regards, notre amour er produiront sans cesse, Dans notre joyeuse ma‘son.

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