‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 52 sur 116 · LA PLAINTE, LA PRIÈRE DE L'AVEUGLE · texte numérisé non relu

LA PLAINTE, LA PRIÈRE DE L'AVEUGLE

Mon Lieu, je viens me plaindre à vous, Comme un enfant fait à son père :

Je voudrais de votre lumière Contempler les rayons si doux |

On dit que votre ciel immense S'étend comme un pavillon bleu, Et que mille étoiles de feu

Y scintillent dans le silence.

On dit qu'au matin, le soleil Est si brillant après l’aurore ; Que le soir on l’admire encore Cachant sa couche de vermeil !

On dit que la neige est si belle Quand ses flocons tombent des cieux, Semblables au duvet soyeux

Que le Cygne porte à son aile !

On dit qu’au souffle du printemps Les bois se couvrent de feuillage,

Et que partout dans le bocage Fleurissent des bouquets charmants !

On dit que sous un pont de glace Coule aujourd’hui le Saint Laurent,

Et puis, quand souffle un meilleur vent, Les vaisseaux couvrent sa surface |!

On dit que les petits enfants Vont poursuivre dans les vallées Ce qu’on nomme des fleurs ailées, Papillons joyeux et brillants |

ra

On dit qu'aux fêtes solennelles Il fait si bon voir le saint lieu, Tout embelli pour le Bon Dieu D'ornements et de fleurs nouvelles |

Mais on nous a dit que surtout

Il est si doux de voir son Père :

De voir sourire notre Mère

Que son regard tient lieu de tout !

Il est doux de voir ceux qu’on aime, De contempler ses bienfaiteurs,

Par leurs yeux de lire en leurs cœurs, Ce doit être un bonheur extrême |

Mais pour moi n’est pas ce bienfait !

Depuis que je suis sur la terre

Je n'ai jamais vu la lumière... !

Mon Dieu ! que vous ai-je donc fait ?

Mais non, Seigneur; pas une plainte :

Vous l'avez voulu, je le veux...

Je verrai la lumière aux cieux... !

Petite aveugle, sois sans crainte !

Aux pleurs loin de m’abandonner, J'aime mieux vous bénir sans cesse D'avoir ouvert à ma jeunesse L’asile où je puis vous aimer.

Ecoutez, mon Dieu, ma prière :

Bénissez nos si bonnes Sœurs

Dont le dévouement dans nos cœurs A fait briller votre lumière !

Et nos bienfaiteurs qui, ce soir,

Nous font cette touchante fête,

Oh ! daignez couronner leur tête

De fleurs qu’au ciel nous puissions voir |

Mais notre vœu le plus sincère,

Il est pour notre bon Pasteur :

Nous lui devons tout ce bonheur... 1 Mon Dieu, bénissez notre Pére!11

CO Ed D On = nd Hu 4 à 82 6, 1. ,

D A4 bed À bd bd

Page 1