A UN MISSIONNAIRE D'AFRIQUE
Vous êtes, au sein de l’Afrique,
Le bon père de l’orphelin ;
Et vous venez en Amérique
Pour lui quêter un peu de pain, Nous sommes donc les petits frères De vos chers petits malheureux !
Dieu nous prit nos pères, nos mères, Nous sommes orphelins comme eux.
S1 chaque cœur, en cette ville, Vous donne généreusement
Nos petits cœurs, en cet Asile,
Ne peuvent agir autrement.
Depuis deux joyeuses semaines
Les amis des petits enfants
Dans nos mains versent les étrennes Comme le feraient nos mamans.
Si, partageant votre voyage,
Nos petits frères de là-bas
Etaient venus sur ce rivage
Tendre la main aux Canadas,
Nous aurions agrandi nos tables Pour les faire asseoir avec nous, Nos bonbons, nos’sucres d’érables Avec eux seraient bien plus doux.
Avec eux des plaisirs sans trève Avec eux des jeux sans merci...
Mais tout celà n’est qu’un beau rêve ; Ils sont là-bas et nous ici.
Envoyer de Ville Marie
Ou nos bonbons ou nos gâteaux, Tous ces objets en Algérie
Seraient de bien tristes cadeaux.
Le sucre fondu dans la route Ferait horreur même aux enfants Et ce gâteau sous sa croûte
Serait dûr à casser les dents.
Mais nous avons trouvé, bon Père, Un moyen plus simple pour nous :
Vous serez bon dépositaire,
Nous allons vous donner nos sous, Depuis qu’on nous a dit la misère De vos petits Algériens
Tous nos sous sont gardés en serre, Chacun a conservé les siens, Grande serait notre al'égresse
Si tous ces sous étaient de l'or...
Pour les. orphelins en détresse
Des orphelins c’est le trésor.
Emportez cette faible aumône
A nos petits frères chéris
C'est notre cœur qui la leur donne :
Nous sommes leurs petits amis.
Plus que cela, nous sommes frères, Bien que différents soient les lieux :
Eloignés sont les hémisphères :
Mais notre Père est dans les cieux.
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