‹ Une voix dans la fouleChapitre 16 sur 66 · DE LA GENDRE · texte numérisé non relu

DE LA GENDRE

Ce soir où j'ai senti Tâpre Peur me reprendre Gomme une amante aux yeux mauvais reprend un fou, J'ouvris la porte et je m'enfuis je ne sais où, Mâchant avec mes cris de l'ombre et de la cendre.

Gomme si des convois de morts, par les chemins, Montaient vers les cyprès de l'ég^lise, les cloches Se mirent à branler dans les villag-es proches, Et soudain je palpai de la cendre en mes mains.

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Entendant les crapauds coasser à cœur fendre

Près des eaux où le ciel épanchait tout son sang,

J'essayai de courir vers le jour finissant ;

Mais sur mes pieds trop lourds s'amoncelait la cendre.

Je voulus au moins voir aux confins bleus des cieux La lune se lever blanche sur les bruyères. En vain ai-je levé de pesantes paupières : La cendre avait empli de ténèbres mes yeux.

Croyant qu'en cette nuit Dieu seul pourrait m'entendre,

J'essayai de prier, tel l'enfant d'autrefois;

Mais le silence seul répondit à ma voix,

Car ma bouche muette était pleine de cendre.

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