I.K SOLKII. SHU LES FLEUI\S l
Voici l'auberg-e. Assis près de la porte ouverte, Je n'entends qu'une mouche au corselet cuivré Bruire entre lo rideau roui;;-e et la vitre verte. Mon cœur est haletant et mon front entiévré.
Tout à coup sous le porche un roulement de roue Vibre. C'est la patache au.\ chevaux pommelés Dont le trot a claqué dans les flaques de boue Tout au long du chemin où jaunissent les blés.
Elle vient de la ville aux luisants toits d'ardoise,
Celle dont on entend les cloches jusqu'ici.
Il en sort un soldat, un prêtre, une bourgeoise.
Des gens en blouse bleue : « Adieu I pardon ! merci ! »
Puis l'on court, parapluie ouvert, aux maisons proches. Il tonne. On n'entend plus les poules dans la cour. Une servante au loin tape de ses galoches. Voici l'averse. Il fait un jaune demi-jour.
Et je suis toujours là près de la porte ouverte, Ecoulant une mouche au corselet cuivré Bruire entre le rideau rouge et la vitre verte. — Ahl qu'il sent bon, ce soir, le jardin du curé!
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SOUVENIR D'AUTOxMNE
Au vicomte et à la vicomtesse d'Osmoy.
Le soir efface Theure au cadran. Le château, Coiffé d'ardoise bleue et flanqué de tourelles, Veille parmi les bois assombris du plateau Où les vents de la mer apaisent leurs querelles.
Il domine, dressé par d'org-ueilleuses mains, La vallée où l'on voit, sous un ciel monotone, La brume s'amasser, grise, aux creux des chemins. C'est déjà le frisson de la première automne.
IB SOLEIL Sun LES FLEURS 1^7
L'n lourd silence tombe. A peine les corbeaux Croassent-ils encore en volant vers leur gîte. Les bœufs sont à l'étable où le bruit des sabots A cessé, car la nuit automnale vient vite.
Les vitres peu à peu s'éclairent. Un instant, On voit s'ouvrir une porte dans le mur sombre. Et voici qu'on entend le rire d'un enfant Qui cbante le printemps et semble chasser l'ombre!
l48 UNK VOIX DANS LA FOULE