‹ Une voix dans la fouleChapitre 4 sur 66 · L API'KL DU PASSE Ï'J · texte numérisé non relu

L API'KL DU PASSE Ï'J

Ses flancs sacrés de roi, sa bouche aux baisers froids Contre le cristal vert et bleu d'une fenêtre Par laquelle il croit voir la lune disparaître Et l'aube se lever sur les champs et les bois.

Le peuple viendra-t-il quand sonneront les cloches Et qu'au vent frémiront les feuilles et les blés, Délivrer son monarque aux yeux ensorcelés Qui gratte à chaque vitre en vain do ses mains croches?

Nul ne le peut savoir. Car de toutes les tours Les angélus, depuis de si longues années, Ont cessé de sonner sur ces terres damnées, Qu'un tel silence semble avoir duré toujours.

Et l'on n'a jamais vu d'habitants dans les villes Qui dressent au lointain des plaines leurs débris, Ni parmi les moissons entendu les doux cris Des oiseaux en amour ou des filles nubiles.

Ce sera pour le fou l'angoisse d'être seul Même pour trépasser. Ni larmes, ni prières ! Nul ami ne clora d'un doigt doux ses paupières, Nulle amante pour lui n'ouvrira le linceul.

l8 UNE VOIX DANS t-A FOLLE

Aussi reste-t-il là, ployé sous les désastres, Et la bouche collée aux carreaux d'un vitrail, Comme s'il voulait boire à travers leur émail La lueur de la lune et la fraîcheur des astres.

Et toujours le poursuit, d'un souffle lent et froid Et du bruit de ses pas épouvantables, l'ang-e Qui, l'ayant étrang-lé dans son palais étrang-e, Geindra sous l'aube d'or la couronne du roi.

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