I.CS CUANT8 DB I.A NATURS 17I
Dans l'ombre on ne voit plus où finit le sentier. ! oute. à promeneur, malg^ré ta somnolence, Les derniers bruits du jour .avant le grand silence Où l'on entendrait choir une fleur d'ég-lantier.
L'angelus sonne. Un enfant chante. Un chien aboie. Un fardier fait grincer les cailloux du chemin. C'est l'heure grave où l'on voudrait lever la main Pour te bénir, ô Terre où fermente la joie !
Mais es-tu digne, ô toi «^ui rêves près des blés, De faire devant Dieu le signe saint du prêtre ? As-tu vidé ton cœur de la vanité d'être Autre chose qu'une ombre au long des murs croules?
Et sauras-tu mourir sans plus vouloir te plaindre Que les fleurs, les oiseaux, les astres et les dieux? Pourras-tu, sans qu'on ait à te fermer les yeux. Sentir autour de toi la lumière s'éteindre?
Accordes-tu ton âme à la fuite des eaux, Au passage des vents, à la chute des feuilles? Chantes-tu les trois Sœurs, et quand tu te recueilles, Entends-tu dans la nuit le bruit de leurs fuseaux?
Frère, ne réponds rien, car tout est un mystère. Retourne à ta maison, et sans crainte endors-toi. Qu'il te soit épargné de connaître la loi. N'écoute plus la voix secrète de la Terre.