‹ Une voix dans la fouleChapitre 52 sur 66 · LES CHANTS DE LA NATURE I · texte numérisé non relu

LES CHANTS DE LA NATURE I

Vicndra-t-elle au tournant de la route, Sur des airs lég'ers de violons, La noce aux belles toilettes, toute Folie de rubans et de g'alons?

Ou verra-t-on, lançant des drag-ées, La bonne marraine et le parrain Mener jusqu'à tes marches rong-ées Les gens du baptême et tout leur train?

Hélas! C'en est fini. Nul n'adore Ton pâle Christ aux jeux sépulcraux ; Ton encens à jamais s'évapore, La poussière ternit tes vitraux.

Les saisons peuvent mourir ou naître, L'on ne portera plus au saint lieu, Comme une offrande qu'on doit au maître, Les prémices des bontés de Dieu.

L'on épandra sur l'aire des grang-es Tout le blé pour notre seule faim ; C'est pour notre soif qu'après vendanges Dans les cuves fumera le v^n.

l84 UNE VOIX DANS LA. FOULE

Lance ton appel sur la contrée !

Nul, de ton clocher à. l'horizon, Ne s'arrêtera, cette vêprée, Pour murmurer la vieille oraison.

Nous ne te porterons en cortèg-e Que nos enfants trépassés sans foi.

Puis, dans la poussière ou dans la neige Nos pas s'effaceront loin de toi.

Que l'herbe voile ton cimetière Et que les corbeaux souillent tes tours ! Meurs solitaire, pierre par pierre, De la morsure lente des jours,

Jusqu'à ce que tu sois devenue La ruine maudite qu'on fuit Dans le vent obscur et sous la nue, Demeure des morts et de la nuit !

l.r.S CHANTS UK LA NATUHK 1 85

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