‹ Une voix dans la fouleChapitre 51 sur 66 · LA TRISTE ÉGLISE · texte numérisé non relu

LA TRISTE ÉGLISE

A Nama Gillet.

J'entends dans le vent tinter la cloche De la petite éçlise des champs Où l'on ne va. du village proche, Que pour des enterrements d'enfants.

Son cimetière est plein d'herbes folles Qui frémissent sur tous les tombeaux; Son portail est vert de mousses molles, Dans ses deux tours gîtent des corbeaux.

iSa UNE VOIX DANS LA POULE

Son seuil, toute l'année, est sans roses Et son autel sans cierg-es la nuit.

Parfois un prêtre aux g-estes moroses Y rôde avec des clefs et s'enfuit.

A son ombre, la route où ne passe Personne du printemps à l'hiver Vient d'on ne sait où, là-bas, puis, lasse, Meurt quelque part au bord de la mer.

La pluie est g-rise pendant l'automne Sur le pays jaune d'alentour.

C'est la saison mortelle où frissonne, Au cœur lourd de la terre, l'amour.

Nul bruit, sauf celui du vent des dunes Ou des larmes autour d'un cercueil.

Que luisent les soleils ou les lunes, La cloche n'a voix que pour le deuil.

T'ouvriras-tu jamais à la joie, Pauvre petite église des champs.

Quand de chaque jardin qui verdoie Monteront des ailes et des chants ?

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