LA VILE MULTITUDE
tjuand vous portez la mort en votre flanc ,
Reli empez-vous dans le généreux sang De cette Vile .Multitude.
Il est encor des gens à privilège Et dont l’esprit, par l’orgueil égaré,
A pour le Peuple un mépris sacrilège;
Pour eux, il est l’ancien pestiféré,
Vivant, mourant, du monde séparé.
Us n'ont pas vu l'homme d’art et d'étude.
Ail grand génie, au travail noble et saint,
L'un s'inspirer, l’autre sortir du sein De cette Vile Multitude.
.Mais un danger menace la patrie !
Au bruit lointain des lugubres tambours,
Fusil au poing, le Peuple est là qui crie:
« Serrons nos rangs, campagnes et faubourgs! * Où courez-vous, riches, dans ces grands jours? Dans un château, superbe solitude...
Et pour sauver vos biens, vos revenus.
t A l'ennemi, qui va droit et pieds nus?
C’est cette Vile Multitude.
Pour couronner hôtel , palais et temple ,
Au haut des airs, qui donc brave la mort?
Oui, des vertus, aux champs donne l'exemple?
Des flots houleux qui sait vaincre l'effort
LA VILE MULTITCDE.
Pour ramener des naufragés au port ?
Qui, le premier, marche avec promptitude, Quand l’incendie éclate en la cité?
L’est un enfant, c’est un déshérité De cette Vile Multitude.
Et remarquez la différence étrange Dans les combats livrés de Peuple à roi !
S'il est vainqueur, toujours le roi se venge, Jetant partout ou la mort, ou l’effroi,
L’exil, le plomb, le glaive de la loi.
Le Peuple est-il vainqueur!... Noble attitude Pour baisser fuir ministres et tyran,
On voit s’ouvrir le Ilot indifférent De cette Vile Multitude.
J'ai su combattre avec elle et pour elle; D’abord au Louvre, au soleil de Juillet,
A St-Méry, brûlante citadelle,
Au Château-d’Eau, quand le plomb pétillait Et que la flamme en spirale brillait;
De la servir conservant l’habitude,
En attendant des jours meilleurs, je veux.
Dans mon exil former au moins des vœux Pour cette Vile Multitude.
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