‹ Une voix de l'exilChapitre 21 sur 86 · AI K NOUVEAU · texte numérisé non relu

AI K NOUVEAU

Bruxelles.

De l'avenir, reine féconde,

Fille de la Fraternité,

Marche au travail , à loi le monde.

Puissante Solidarité.

Du courage !

Métiers et marteaux,

Bêches et rateaux r Filets et bateaux ,

A l'ouvrage !

Que de maux finis!

Travaillez unis,

Vous serez bénis !

' Qans la noble France à son mandat lidèlc.

v ï\V\x enfants du travail , ranimés par sa voix , ^ Gr tviant avec amour sa puissante mamelle, Solidarité vient exposer ses lois.

LA SOLIDARITÉ

GO

Peuples, aux champs où l’Egoïsme N’engraissait qu’un petit troupeau.

Sur le corps de l’Antagonisme Plantons un fraternel drapeau.

De l’avenir, reine féconde, etc.

Frères, sur un grabat où le veille sa femme,

Pierre le vigneron , un paysan obscur,

Souffre et se meurt deux fois, car sa vigne réclame Du brûlant mois de juin le travail long et dur. Autour des ceps la terre sèche Veut qu’on la tourne sans retard;

Donnons chacun un coup de bêche :

Tout revivra, vigne et vieillard.

De l’avenir, reine féconde, etc.

Frères, du brave Paul la barque s’est ouverte;

Tout en la radoubant avec un rire amer,

Il nous a vus partir; mais pour lui quelle perte!... Restons, braves pêcheurs, une heure encore en mer. * Sur le flot que nos barques glissent;

Paul n’aura pas de jours perdus;

Si nos mains tous les soirs emplissent Scs filets au croc suspendus.

De l’avenir, reine féconde , etc...

Frères , de la police avez-vous vu la meute Traîner dans la prison Valentin le tisseur?

LA SOUDA*** chef delatameu^ " rr *c

ute,

On \e

* 53 Po\vt' vers contre un maî^^* ° p pressent-.

Et rr\ sa famille se vête

F a i^^^ /tVl ëe un peu de pain enc° r >

Sur» tous courir la navette

pauvre métier qui dort.

^ l'avenir, reine féconde, etc.

Frères ^ ^

jnJous d 4 ^ * * Us ces proscrits, à qui dans nos campagnes

Ils *tàmes longtemps la table et l’oreiller,

Çar lei^ ^ x nous laissant leurs fils et leurs compagnes, A ^ ^ Çiays qui dort, ils veulent l’éveiller. . .

P plus forts, faulx et faucilles,

ï> ^Xt* les braves qui combattront;

I* nos sueurs , à leurs familles

^y'ons le sang qu'ils répandront.

De l’avenir, reine féconde, etc.

îios Vi * * 5 sans P*^ nos forces à l’épreuve ;

pes V'' trop fatigués laissent choir le fardeau ;

v ^-^esses, c’est nous qui grossissons le fleuve,

''x nous refusait un simple filet d’eau, os cris isolés sur la terre ’ÏVe trouvaient qu’un écho moqueur;

Us auront l’éclat du tonnerre Quand nous les pousserons en chœur.

De l’avenir, reine féconde, etc.

LA SOLIDARITÉ

Chacun pour soi ! Non, non , la maxime est barbare, Dieu ne nous fit-il pas h tous un coeur pareil !

Chacun chez soi ! Non , non , peuples que l’on sépare , Dieu n’alluma-t-il pas pour tous un seul soleil?

Le Christ, rayonnante victime,

Après un douloureux chemin,

Sur sa croix, emblème sublime.

Ouvrit ses bras au genre humain.

De l'avenir, reine féconde ,

Fille de la Fraternité,

Marche au travail, à toi le monde,

, Puissante Solidarité.

Du courage !

Métiers et marteaux,

Bêches et rateaux ,

Filets et bateaux,

A l'ouvrage!

Oue de maux finis !

Travaillez unis,

Vous serez bénis ! (6is)

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Ijnc d i ,

^dtion legislative avait statué que la fete de la Bôpu- ^•urait lieu, non pas au jour anniversaire do son '*'* rv t>he dans la rue, mais a oelui de sa proc’amation dans l’Assemblée nations' e.

Bruxelles, 28 Février 1851.

fi WOt-wT^ législateurs!... Par un vote hypocrite,

- vT ^ ■*- X^er l’avenir avez-vous pu penser !

~ ^ pavés sanglants quand l’histoire est écrite, Rien, non rien ne peut l’effacer.

^ prends que, du jour de la grande victoire 4 ^^leux souvenir vous donne du souci,

^^Viple eut les périls... Solons, veuillez m’en croire. Laissez-lui les palmes aussi.

^^VAendissante au sein d’une gloire immortelle, w VVr les débris d’un trône emporté dans les airs, ^ Xv ^nd donc la République, à nous, se montra-t-elle Le front illuminé d’éclairs?

Oui, l’on enregistra son nom plein de puissance Dans le temple des lois... Mais au Palais-Royal Paris avait déjà constaté sa naissance Et son premier cri martial.

Le 4 mai n’est pas le grand anniversaire!

Le peuple l’a compris... Dans son calendrier,

La date qu’il inscrit., la date nécessaire,

C'est le 24 Février !

Pour la fête des rois, un tumulte servile Dans leur lit réveillait naguère les faubourgs; Mais Février a vu lever la grande ville,

Sans cloches, canons ni tambours.

Rien qu’en trois ans, la date est déjà familière! Voyez, vers la Bastille , historique terrain,

Courir un peuple entier, comme une fourmilière, Qui , pour l’hiver, cherche son grain:

Noble grain que celui dont cette foule immense Fait sa provision dans un sublime émoi !

C’est la manne de Dieu, la féconde semence Qui descend du ciel... C’est la Foi!

LE 24 FEVRX 185 *• t >r.

Pays légal , va, cours sous les v r* tes d un temple Prosterner ton passé , courber* repentirs.

Mais le peuple, sous l’œil de Di t? rr 'Z 111 * * c con t e mple , Prétend honorer ses m T~tyr~s .

Les larmes qu’il répand : voilà so rr ca u * ustl a * e »

La Marseillaise y sert d’hymne rei J ^ | Cl ^ x >

Et la haute colonne est comme sjpirale

Par où ses chants monter» £ ^ x Cleux *

Volez tous vers la place où fut la /«c*J Symbole d’esclavage impie et détester Terre purifiée où maintenant se d Le bronze de la liberté;

Fier géant qu'en tremblant Paris ois* f~ *~*?gar«Je Au haut des boulevards comme un su j g £, <1 ’efTroi

Et que le travailleur sur sa frontière g

Comme la borne de la loi.

Le beau jour !... Mais je laisse à quelqu & 1er rapsodr La tâche de montrer sous de riches coule u* m.

Tout ce peuple entraîné... Sur un simpl^^ épisode ,

Moi , je veux jeter quelques fieu *

l'esse.

frti

On m'a dit qu’une femme, à l’aube, était venue S’asseoir à quelques pas de ce bronze suspect,

Et qu’en la regardant, quoiqu a tous inconnue, Chacun saluait par respect.

On dit qu’elle tenait de ses deux mains tremblantes Un enfant rose et blanc debout sur ses genoux ,

Et que des alguasils les hordes insolentes Passaient, dévorant leur courroux.

De cet enfant on dit que c’était la grand’mérc; Dans ce monde où les cœurs battaient à l’unisson. Elle cherchait non pas un spectacle éphémère, Mais pour l’enlant une leçon.

Et cet enfant criait: « Vive la république! »

Avec un autre mot... qu’on a fait criminel;

Et ce cri là, c’était la naïve réplique,

L’ccho d’un soupir maternel.

Et le peuple écoutait cette voix argentine Qui frappait les esprits de son doux aiguillon;

Et personne n’osait sur sa bouche enfantine Poser la main comme un bâillon.

LU 24 FÉVRI

I Soi.

La grand 'mère à l'enfant remit *-* couronne.

Touchante expression de regret i ltjtm mortel >

Kt l’enfant l’agita vers la haute eoionnc,

Comme un encensoir ^ autel.

Puis, dans un saint transport, sa. J ne ^ ,lle ** c 1gui liée ,

La couronne vola dans l’air et s’acci"° c ^ ia

Aux lances de la grille, ainsi qu'un tro pliée. . .

Lors, un ouvrier s’appron-^* »

Il tendit fièrement sa main dure et en M Lise ,

Stigmate d’un travail rude et quot idi£^ 9

Et serrant de l'enfant la peau fine et -*'^* r: * ^^leuse : u — Merci, mon petit Citoyer* - **

Il dit, l’œil plein de pleurs... et sans la moindre crainte Le petit Citoyen , du compliment flatté ,

A l’ouvrier rendit étreinte pour étreint*? .

Noble et sainte fraternité !

Femme, je te connais... mon cœur t’a de -v -» Dans ta noble action ton nom se trouve êc m~ -* Du môme flanc que moi, parle, n’es-tu pa ==5 N’es-tu pas la sœur d’un proser- *

née ?

De cet enfant, né presque avec \a IlépubUq Toi qui guides le cœur, en attendant le v " A

fl8 LE 24 FÉVRIER 1851.

Aux jours des grands périls, ainsi qu'une relique Jamais tu ne le garderas;

Tu sauras lui cacher tes yeux remplis de larmes; Tremblante, tu feindras même de ne rien voir, Quand d'une main furtive il saisira ses armes Pour accomplir un saint devoir.

Avec ton petit fils, malgré ta peine ainére,

Si le peuple trouvait encore un oppresseur,

J’en fais foi, lu serais courageuse grand’mére, Comme tu fus vaillante sœur.

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