AU POÈTE COWPER
Il leur dit dans un style où l’éloquence briile:
« Armez-vous, de vos mains renversez la Bastille;
« Allez, allez sonder ses profonds souterrains « Où les sombres terreurs de lâches souverains ,
« Les haines d’un ministre ou d’une favorite « Enchaînent les vertus, étouffent le mérite. *> Cowper leur crie encor: « Frappez, démolissez « Jusqu’au dernier moellon , sans jamais dire: assez; « Marchez tous, ce n’est pas moi qui vous le demande: « Je suis la voix de Dieu , c’est lui qui le commande. « Par chacun de ses murs, cette infâme prison « Outrage la morale, insulte la raison;
« Cent victoires, Français, moins que cette victoire, v Seraient pour vous un titre et d’honneur et de gloire.
Honneur et gloire à toi , Cowper ! Et si ton nom Dans ma patrie encor n’a qu’un faible renom,
Je veux, quand de l’exil je bois l’amer calice,
Du plus coupable oubli réparer l'injustice;
Je veux montrer ta muse en son vol glorieux,
Pour sonder l’avenir, t’enlevant dans les cieux,
Et, du sein de la nuit, signalant à la France L’aube de sa révolte et de sa délivrance.