‹ Une voix de l'exilChapitre 4 sur 86 · AU POÈTE COWPER · texte numérisé non relu

AU POÈTE COWPER

Il leur dit dans un style où l’éloquence briile:

« Armez-vous, de vos mains renversez la Bastille;

« Allez, allez sonder ses profonds souterrains « Où les sombres terreurs de lâches souverains ,

« Les haines d’un ministre ou d’une favorite « Enchaînent les vertus, étouffent le mérite. *> Cowper leur crie encor: « Frappez, démolissez « Jusqu’au dernier moellon , sans jamais dire: assez; « Marchez tous, ce n’est pas moi qui vous le demande: « Je suis la voix de Dieu , c’est lui qui le commande. « Par chacun de ses murs, cette infâme prison « Outrage la morale, insulte la raison;

« Cent victoires, Français, moins que cette victoire, v Seraient pour vous un titre et d’honneur et de gloire.

Honneur et gloire à toi , Cowper ! Et si ton nom Dans ma patrie encor n’a qu’un faible renom,

Je veux, quand de l’exil je bois l’amer calice,

Du plus coupable oubli réparer l'injustice;

Je veux montrer ta muse en son vol glorieux,

Pour sonder l’avenir, t’enlevant dans les cieux,

Et, du sein de la nuit, signalant à la France L’aube de sa révolte et de sa délivrance.

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