QUI, DE LONDRES, ME PORTAIT EN BELGIQUE
En vne d’Anvers.
Pays où l’Industrie, aux yeux (le l’univers,
Etale chaque jour ses fécondants miracles,
Je pars; mais ce n’est pas pour tes rudes hivers,
Ils ont aussi leur charme et leurs touchants spectacles; De la France, chez toi, me séparent les mers,
Et j’aime entre elle et moi moins d’espace et d’obstacles.
La chaudière hennit... le bateau dans son flanc Tressaille... Il semble mû par un pouvoir magique... Sur nos têtes, voyez ce beau panache blanc...
À nos pieds cette vague écumante, énergique...
La ville où de Rubens a bouillonné le sang Est déjà devant nous... Salut à toi, Belgique!
Ta couronne est brillante, elle a su réunir Des fleurons bien divers où la gloire s’attache;
SUll LE BATEAU.
Mais, entre tous, celui qui te fera bénir Attire mes regards aujourd'hui... nulle tache Ne s’v découvre encore... heureux ton avenir. Si de ton front altier personne ne l’arrache !
Sur ce fleuron d’honneur mon œil croit voir écrits Ces deux mots rayonnants: Belgique hospitalière.
C’est qu’en t’apercevant je pense aux grands proscrits Dont l’histoire est pour moi sacrée et familière,
A beaucoup que, quinze ans, tu gardas tout meurtris. A plusieurs dont ton sein conserve la poussière.
Là brillaient entre tous notre Appelles David, Le légiste Merlin, Cambon la vertu même, Sieyès le tiers-état, Choudieu qui s’asservit Au travail manuel, Barrère, hommc-dilèmr.
Cavaignac, dont le fils que la mort me ravit, Jeune, du citoyen me donna le baptême.
Ils vécurent chez toi pour grandir ton renom,
Ces vaillants dont les rois redoutaient la constance Et demandaient l'exil lointain. . par le canon Menaçant d’appuyer leur inique sentence;
Mais à leur sombre appel ta voix répondit « Non ! * Et leur fureur tomba devant ta résistance.