L’ANGE GARDIEN
Et disant, d’une voix que l’amour rendait forte :
« Docteur, docteur, sauvez mon fils!...
« Lesenfantsdoiventvivre...oh! n’ouvrez pas leur tombe! « La France en a besoin dans ces temps rigoureux.
« Je ne suis qu’une fleur. . . qu’importe si je tombe « Quand survit le fruit vigoureux !
« Mon enfant! mon enfant ! faites que je le voie !
« Qu’il est beau, n’est-ce pas ?. . .ah! je bénis mon sort. » Elle a dit... et bientôt, rayonnante de joie,
Elle est morte. . . comme on s’endort.
Ne pensez pas que seul , pour une vie amère Soit resté cet enfant au visage vermeil ,
Ni que son doux berceau l’endorme sans sa mère;
Elle veille sur son sommeil ;
Elle vient rafraîchir de ses deux blanches ailes L’air empesté du soir que le monde corrompt;
Et lorsque le jour point, ses lèvres maternelles Caressent encor son beau front;
Elle souffle des mots divins à son oreille;
Hier c’était honneur, aujourd’hui c’est devoir:
Et l'enfant, tendre écho que chaque mot éveille,
Les chantera matin et soir ;
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