‹ Une voix de l'exilChapitre 53 sur 86 · LE PÈRE · texte numérisé non relu

LE PÈRE

« L’aveugle orgueil du sol qui le vit naître, » Nous disait-on , « est chez lui sans pareil. » Mais tous les jours je vous vois reconnaître Quelque scorie à votre heau soleil.

Pour vous, vos mers ont aussi des rafales, Tout le plomb vil n’est pas or dans vos mains, Et les cailloux qu’on trouve en vos chemins Ne sont pas tous pierres philosophales.

CHŒUR PE LA FAMILLE

Pour l’attendrir, comme pour l’égayer,

Cher exilé, reste à notre foyer.

LA MÈRE

On vous disait encor, de la famille Un ennemi — dans le monde en est-il? — Et je craignais pour mon fds, pour ma fdle, L’exemple affreux et son poison subtil.

L’HOSPITALITÉ

Mais vos récits , comme autant d’auréoles, Ceignent le front de vos parents — et moi , Heureuse alors, je sens tout mon effroi Se dissiper au vent de vos paroles.

CHŒUR DE LA FAMILLE

Pour l’attendrir, comme pour l’égayer,

Cher exilé , reste à notre foyer.

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