‹ Une voix de l'exilChapitre 54 sur 86 · LA FILLE · texte numérisé non relu

LA FILLE

On m’affirmait qu’en des rimes écloses Dans nos vallons par le soleil dorés Vous auriez dit: « Des femmes et des roses,

« Charme et parfums s’y sont évaporés. »

Hier cependant, cueillant des fleurs nouvelles, Vous me chantiez dans vos vers les plus doux: « Nina, ces fleurs me charment comme vous,

« Chère Nina, vous m’enivrez comme elles. »

CHŒUR DE LA FAMILLE

Pour l’attendrir, comme pour l’égayer,

Cher exilé, reste notre foyer.

L’HOSPITALITÉ

l’enfant.

On me contait — j’en respirais «à peine En te voyant, car, vrai , je l’avais cru — Que chaque jour, comme Croquemitaine, Tu déjeùnais d’un jeune enfant tout cru.

Et maintenant, quand avec moi tu joues, En souvenir de tes petits neveux,

Je n’ai plus peur de tes dents et je veux Etre baisé par toi sur les deux joues.

CHŒUR DE LA FAMILLE

Pour l’attendrir, comme pour l’égayer, Cher exilé, reste à notre foyer.

l’exilé.

Quand des couvents les verroux et les grilles Furent brisés par Calvin peu clément, Guimpes au vent, des nonnettes gentilles Fuyaient, fuyaient autour du lac Léman;

L’HOSPITALITÉ

Et si, de loin, se montrait au pacage Un blanc mouton, leur peur criait: « au loup A ces non nains vous ressemblez beaucoup:

Pauvre mouton , vous redoutiez ma rage !

CHŒUR DE LA FAMILLE

Pour l’attendrir, comme pour l’égayer,

Cher exilé, reste à notre foyer.

l’exilé.

Pour l’attendrir , comme pour l’égayer,

Je prendrai place à ce noble foyer.

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