SUR IA TERRASSE DE NICE
À l’horizon lointain vous le voyez encor Ce navire sorti depuis dix jours du port;
Le silence des vents l'arrête là, sur place.
On le dirait fixé dans une nier de glace.
De ce repos complet, l’équipage lassé Consomme ce qu’il a pour sa route amassé, Maudissant le ciel bleu, le soleil, les étoiles Oui ne lui donnent pas un souffle pour ses voiles.
« Mieux vaudraient l’ouragan et la fureur des flots « Que ce calme de mort! » disent les matelots.
Eh bien ! ce froid navire où l’âme se consterne. C’est notre époque, hélas ! c’est le monde moderne. Sans la foi, souffle ardent, rien qu’immobilité,
Et chacun se consume en sa stérilité...
Mais voyez... Un vent frais s’élève de la rive...
Le vaisseau tremble. . . Bien ! c’est que la vague arrive Les mâts craquent aux vents, à la foudre, aux éclairs Chantez, gais matelots!.. Vous franchirez les mers!