‹ Une voix de l'exilChapitre 60 sur 86 · SUR IA TERRASSE DE NICE · texte numérisé non relu

SUR IA TERRASSE DE NICE

À l’horizon lointain vous le voyez encor Ce navire sorti depuis dix jours du port;

Le silence des vents l'arrête là, sur place.

On le dirait fixé dans une nier de glace.

De ce repos complet, l’équipage lassé Consomme ce qu’il a pour sa route amassé, Maudissant le ciel bleu, le soleil, les étoiles Oui ne lui donnent pas un souffle pour ses voiles.

« Mieux vaudraient l’ouragan et la fureur des flots « Que ce calme de mort! » disent les matelots.

Eh bien ! ce froid navire où l’âme se consterne. C’est notre époque, hélas ! c’est le monde moderne. Sans la foi, souffle ardent, rien qu’immobilité,

Et chacun se consume en sa stérilité...

Mais voyez... Un vent frais s’élève de la rive...

Le vaisseau tremble. . . Bien ! c’est que la vague arrive Les mâts craquent aux vents, à la foudre, aux éclairs Chantez, gais matelots!.. Vous franchirez les mers!

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