L’OLIVIER
Mais, entre la mer bleue et les verts orangers,
Ta pâleur est une harmonie.
Ils ont ri de ton tronc s’en allant en lambeaux,
De tes racines déchaussées;
Mais, sous leurs fiers haillons nos campagnards sont beaux, Malgré leurs chaussures percées.
Quand ton front glorieux, verdure des hivers,
Brave les brises déchaînées,
Les arbres tes voisins élèvent dans les airs
Leurs bras nus, leurs mains décharnées;
Plus d'un, pendant l'été, noir et lourd parasol,
Projette un ombrage perfide;
Sous son dôme de plomb, trop brûlant est le sol ,
Si le gazon n’est trop humide ;
Toi, tu tamises l’air, et tu rends sans danger Le repos sous ton toit peu sombre Où, filtrant à travers ton feuillage léger.
Un gai soleil paillette l’ombre.
A tes larges méplats, à ton torse fouillé,
A tes bras d’un dessin étrange,
A tes muscles nerveux, on te dirait taillé Par le ciseau de Michel-Ange.
lvlivœk.
Salut, arbre athlétique; A me s yeux tu parais Excellent sous ta rude écorce ;
Simple dans ta v *gueur, Hercule des forêts,
Tu peins la bonté dans la force.
Voulant élire un roi, tous les arbres, un jour (Un poète grec nous l’atteste),
Allèrent au scrutin ; et dés le premier tour Fut nommé l’Olivier modeste.
Mais quand on vint placer la couronne à son front : « Remportez ce hochet futile,
Uil-il, . . « Allez ailleurs... d’autres l’accepteront. Moi, j’aime mieux faire mon huile. »
Vous qui ne croyez pas la guerre un bon levier,
Ni qu’aux libertés elle serve.
Vrais civilisateurs, songez que l’olivier Ornait le casque de Minerve.
Le Vieillard, le mourant, fût-il presque couvert Des froides dalles de la tombe,
Kspére voir toujours briller le rameau vert Qu’à son bec porta la colombe.
Le doux suc de l’olive apaise les douleurs;
Au repas de tous il se mêle,
L'OLIVIKR
Van— Krk s’en sert un jour pour fondre ses couleurs. Et la peinture est éternelle.
Au métier paresseux, ce suc rend son ressort.
Il dérouille, il aiguise, il trempe ;
De l’homme de génie, enfin, sa goutte d’or ,
La nuit, alimente la lampe.
Eh bien ! de l’olivier utile et vigoureux
Quelle est la place?... La première,
Car il dit tour-à-tour, dans un emblème heureux : Espoir. Travail, Paix et Lumière.