‹ Une voix de l'exilChapitre 67 sur 86 · LES DEUX MUSES · texte numérisé non relu

LES DEUX MUSES

Et dans son noble sein que le civisme inonde,

Pour la patrie en deuil créant des défenseurs.

Digne épouse, on la voit, partageant la couronne 1 ) un époux exilé, vaillante sans orgueil.

I tans sou simple foyer gracieuse matrone ,

Réglant, gouvernant tout et du geste et de l’œil.

Muse des temps nouveaux, toute terre baignée Par un sang généreux est son sacré vallon;

Et le Dieu du progrès qui porte la cognée A côté du compas, voilà son Apollon.

Sa parole est limpide et son âme sans feinte;

Pour elle l'art des vers n’est point l’art de mentir; Entre ses mains la lyre est une chose sainte Que pour les grands devoirs elle fait retentir.

Des despotes ligués quand sa verve laboure Le visage et le coeur au milieu des bannis Qu’elle enflamme, je songea la grande pastoure Criant: « Sus aux Anglais! Montjoie et Saint-Denis ! ■■

Et quand elle a frappé d’une rime sanglante Le front trop respecté du crime triomphant,

Echappant aux bravos, elle s’en va, tremblante, Veiller sur le berceau de son dernier enfant.

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