‹ Une volée de merlesChapitre 1 sur 53 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dédaigner de faire partie du troupeau, c'est bien ; c'est bien d'ambitionner le rôle du berger, dût-on être, et rien de plus, le basset ([ui mord les retardataires au jarret.

En amour, ils vont de la rage à l'extase : mari , Othello ; amant, Antony.

Ecrivains, ils cherchentl'homme dansThomme; dans leurs livres incohérents, des habiles trouveront les éléments d'un chef-d'œuvre. On commence à se lasser de la convention et de l'a peu près. L'éternel raisonneur qui parade dans nos comédies est un étranger pour nous; dans le monde réel, on ne coudoie pas de sage de cette taille : le meilleur des nôtres est vertueux, comme est sobre celui qui ne vide qu'une coupe des vins dont la foule s'enivre. Desgenais pérore dans le vide, et le précepte religieux est sans effet : la peur de l'apoplexie retient mieux l'être bestial qu'un sermon sur l'intempérance. A la brute pressée de jouir, on parle de la vie éternelle ! Pour faire lâcher une proie à nos contemporains, suffit-il d'une ombre lointaine?

Le cri de Cervantes a eu du retentissement :

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