‹ Une volée de merlesChapitre 2 sur 53 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

« Eh quoi! pousser si loin l'esprit chevaleresque, quand Texcès contraire a tant de charmes ! Gardez-vous de voir à chaque coin de rue une infortune qui attend le secours de votre bras. » C'était une -imprudence. Que nous lui devons de lâchetés !

Quand la langue est venimeuse, mordre, à quoi bon ? On nous montre de faux pauvres sous les guenilles, et nous désapprenons toutes les charités.

La pudibonde critique ne leur fait pas fête, à ces hommes de haute stature; indignée à froid, elle met en circulation quelque- phrase perfide qui fait brillamment son chemin, et va grossir le nombre des lieux communs adoptés ; ceux-ci entre autres :

Il n'y a que des braves en notre belle pairie.

Opinion personnelle : Ce n'est pas le premier venu, celui qui redoute plus le plat de l'épée que la pointe.

Les petits-fils de Lovelace continuent son oeuvre de perdition.

Remarque : Quand vient jusqu'à nous la nou-

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velle d'une faiblesse féminine, c'est le plus souvent un goujat le héros de l'aventure ; est-ce là ton cygne, Léda?

Pas de rêves, soit ! Admirons la passion raisonnable et le lyrisme tempéré. Regardons défiler sans clairons ni fanfares ces paisibles versiculets qui vont deux à deux en bon ordre, respectables citadins de quelque milice bourgeoise tout pimpants dans leur costume d'ordonnance. Battons des mains en nous efforçant de ne pas songer à la virile désinvolture des vers de Victor Hugo, des héros en sabots, ceux-là, — un excessif, celui-ci !

Mieux que personne, nous connaissons la valeur de nos adversaires. Veut-on savoir s'ils ont le coup d'œil juste, qu'on s'adresse à nous-mêmes : c'est sur nous qu'ils tirent.

Quant à moi, je ne serai jamais un polémiste ; je m'interdis le croc-en-jambe. Penser du bien de soi, cela prépare admirablement à dire du mal des autres.

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