B. J OU VIN
au danger auquel il s'expose, «si ses forces trahissent son courage, » s'il se noie... M. Jouvin ne manque pas de proclamer d'un ton doctoral qu'il eût été plus sage de chercher un gué. Il sait, — que ne sait-il pasl — que le soleil de théâtre n'est qu'une lanterne fumeuse ; aussi le fixe-t-il avec orgueil. On n'est pas un aigle pour si peu. Cet homme ne respecte rien : il ne croit point aux serments d'Almaviva , il doute de la vertu de Rosine. Rien n'est sacré pour lui : on le voit hausser les épaules quand son voisin de gauche applaudit, et sourire de pitié lorsque le voisin de droite pleure.
C'est un saint homme, sans conteste, quoiqu'il défende le pouvoir temporel du pape et l'inviolahilité des prêtres dans le slyle qui lui sert à rendre compte de?, Deux Aveugles et de Troriib-al-Kasai' ; il apprécie en mêmes termes, mais non pas avec le même succès, le mandement de quelque évêque exalté et le dernier mélodrame goûté des titis.
M. Jouvin ne se sépare guère plus de sa lorgnette de spectacle que de son Eucologe ; de la place qu'il occupe dans la nef, il songe à son feuilleton du lendemain; l'acteur en faveur et le prédicateur à la mode se partagent ses suffrages. Un peu distrait par nature, souvent il s'étonne de ce qu'on ne lui offre pas d'eau bénite au contrôle.