‹ Une volée de merlesChapitre 18 sur 53 · B. J OU VIN · texte numérisé non relu

B. J OU VIN

C'es^ l'homme du holà ! et du fi donc ! des hoquets d'indignation et des soulèvements de cœur. Il prend en pitié les généreux élans, et, de son majestueux dédain, soufflette les niais qui aspirent à la libre éclosion; puis il appose d'un air triomphant au bas de ses puériles redondances la fleur de lis qui lui sert de cachet. Ici l'homme se révèle : ce sont les chétifs qui sont voués au blanc.

Il est haineux, ce chrétien-là.

A ses heures, M. Jouvin aiguise le trait gaulois, mais sans réussite franche : l'argent d'avare sent le renfermé. C'est à l'histoire naturelle (règne animal) qu'il doit ses plus heureuses intentions comiques; j'emprunte à un bénédictin du café Riche quelques exemples curieux.

C'est de l'exécution de Don Giovanni qu'il s'agit.

« Carrion, dans le rondeau célèbre d'// mio tesoro, a la sensibilité et la voix plaintive d'un jeune mouton qu'égorge le boucher. Si son chant a fait rêver quelqu'un dans la salle, ce ne peut être qu'à de bonnes côtelettes cuites à point. »

Que dites- vous de ce léger aperçu?

Et d'abord du jeune mouton qu'égorge le boucher? N'est-ce point bien fait pour impressionner ' vivement les âmes sensibles? Afin d'atténuer l'horreur produite par ce sanglant sacrifice, l'habile homme

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