XAVIER AUBRYET
hommes excellents, laissez-les faire en paix leur estimable métier.
Quant au maître-diseur, « c'est un serpent qu'on réchauffe en son sein. » (Latour Saint-Ybars.) Devriezvous partir, il vous retient; eussiez-vous dû rester, il vous appelle. Que de fois avons-nous oublié « l'heure du berger » (Arsène Houssaye), en compagnie de Bernerette et de Mimi Pinson ! Des moralistes appellent cela, je crois : lâcher la proie pour l'ombre.
On trouve, dans les jugements de cet écrivain, autre chose encore que de l'esprit, et, s'il m'arrivait d'affronter « les rigueurs du parterre » (Viennet), l'opinion de M. Aubryet ne me serait pas indifférente. Il est cependant sujet à des bizarreries extraordinaires. Un jour M. d'Ennery est son Dieu, il le présente au lecteur ébahi comme un écrivain de mé rite; — le paradoxe est brillant, — une cause aban donnée de tous est la bonne fortune de l'avocat hardi; — mais faire de ce notable commerçant un homme de lettres digne de ce nom ! c'est un peu fort. N'avonsnous point trop de preuves du contraire, des preuves par écrit, hélas !
M. Aubryet aime à ne parler que lorsqu'il a quelque chose à dire; il tient à se singulariser. Je connais peu de pages aussi chaleureuses que celles qu'il consacre à l'apologie de la critique, dans son livre les Juge-