S A M. LE VERRIER
vôcs, on s'étonne de n'avoir pas besoin de l'échelle de soie en usage. Notre fauteuil est moelleux, les lumières sont tamisées, l'air est aromatisé, le contrôleur est aimable, les ouvreuses sont discrètes; en partant, le cœur gros, on se dit : à demain !
Au théâtre, c'est la canaille qui règne; à elle tous les privilèges. Près du cintre, l'air est imprégné de miasmes délétères, sans doute, au grand ennui des délicates vilaines; mais le musc et le benjoin n'entétent-ils point les belles dames au balcon?
L'ouvrier arrive au théâtre, brisé par le rude labeur d'une semaine bien remplie ; il retourne en son taudis, joyeux et reposé. La plus brillante place de la salle, l'avant-scène, il la dédaigne. Il n'y a pas de prestige possible ni d'acteur passable pour qui n'est pas à trente pieds de la rampe; et, de l'avant-scène, ce qui frappe d'abord les regards du spectateur sacrifié, c'est le souffleur qui grimace — et le pompier qui veille I
Pour la canaille, il n'y a pas de décors plus ou moins bien brossés : l'eau coule, et le feu brûle. Pour elle, le jeune premier n'a jamais de rides; les traits masculins de l'héroïne lui semblent majestueux, et les sons éclatants de l'orchestre — heureux effet de l'éloignement — arrivent à son oreille doux ei linrmniiipux.